Regions Bruxelles

Moins de soutien au photovoltaïque à Bruxelles en 2020 ?

Moins de soutien au photovoltaïque à Bruxelles en 2020 ?

© AURORE BELOT - BELGA

07 août 2019 à 08:04 - mise à jour 07 août 2019 à 08:04Temps de lecture2 min
Par Marie-Laure Mathot

Le photovoltaïque est avantageux à Bruxelles… trop avantageux. A tel point que la Région pourrait revoir son système de soutien à la baisse à partir de 2020. C’est en tout cas l’avis de Brugel, le régulateur de l’énergie à Bruxelles. Il sera définitif en septembre. Ensuite, le nouveau ministre de l’environnement, Alain Maron, décidera de le suivre… ou non.

Concrètement, cela diminuerait un peu l’aide octroyée par la Région en 2020 mais resterait toujours avantageux pour celui qui installe des panneaux photovoltaïques sur son toit.

Comment ça marche?

Aujourd’hui, un particulier reçoit des certificats verts chaque année pendant dix ans par la Région. En somme, il reçoit de l’argent car il produit de l’électricité verte. Ce bénéfice, il le gagne au moment où il vend ses certificats à des fournisseurs d’énergie. Exemple : aujourd’hui, un particulier qui a une installation produisant 3000 kWh reçoit 9 certificats verts par an. Le prix du certificat est d’environ 95 euros. Il gagne donc 855 euros par an. A partir de l’année prochaine, il pourrait ne recevoir que 7,2 certificats et gagnerait donc 684 euros. Une différence de 171 euros.

La mesure ne touche que les nouvelles installations mais si ce nouveau calcul est appliqué en 2020, le système restera encore avantageux. D’abord parce que le consommateur continue d’avoir une partie de son électricité gratuitement et que le prix de l’électricité a augmenté. Ensuite car le coût d’installation a baissé. Le propriétaire paye donc moins au début. Bref, c’est le prix du certificat vert qui est surévalué à Bruxelles aujourd’hui. Surtout si la Région veut s’en tenir à son objectif de retour sur investissement de 7 ans. "Avec un système trop avantageux, on pourrait voir une explosion des installations sur les toits et donc, une multiplication des certificats verts, explique Adeline Moerenhout, porte-parole de Brugel. Au final, les personnes n’arriveraient plus à vendre leurs certificats verts car il y en aurait trop sur le marché." Leur valeur diminuerait. C’est ce qu’on appelle la fameuse "bulle des certificats verts".

De plus en plus de panneaux photovoltaïques à Bruxelles

Le photovoltaïque a eu du mal à démarrer mais depuis 2015, le nombre d’installations augmente tant sur les toits des entreprises que sur ceux des particuliers. "D’abord, le prix des installations a diminué, intervient Adeline Moerenhout. Le photovoltaïque devient donc plus accessible. Il y a bien sûr l’aide à l’installation grâce aux certificats verts. Et puis, depuis un an ou deux, les tiers investisseurs s’intéressent au marché. Ils vont chercher le particulier en leur proposant de payer l’installation et puis, ils se rémunèrent avec la vente des certificats verts."

Un retour sur investissement qui pourrait donc quelque peu diminuer en 2020… D’abord, parce que les certificats verts pourraient être moins nombreux sur les nouvelles installations comme expliqué ci-dessus. Mais aussi parce que ceux qui produisent de l’électricité verte devront payer l’utilisation du réseau, ce qui n’était pas le cas jusqu’ici. Et cette mesure-là entrera d’office en vigueur et touche aussi les installations déjà en place.
 

Articles recommandés pour vous