Moins de cancers du col de l’utérus grâce au vaccin contre le papillomavirus

Le vaccin contre le papillomavirus, une étude encourageante
05 nov. 2021 à 08:57Temps de lecture3 min
Par Isabelle Huysen

C’est une étude parue dans le journal scientifique britannique The Lancet qui arrive à cette conclusion : le vaccin contre le papillomavirus humain, le HPV, protège bien contre le cancer du col de l’utérus. C’est une bonne nouvelle. Jusqu’à présent, on savait que le vaccin se révélait efficace contre l’infection elle-même et l’apparition de lésions pré-cancéreuses. Cette fois, l’étude scientifique permet de conclure à la diminution des cancers du col de l’utérus grâce à ce vaccin.

Soulignons cependant deux choses :

- l’étude porte sur des femmes ayant reçu le vaccin Cervarix. Ce vaccin avait deux HPV, les plus fréquents. Chez nous, depuis plusieurs années, c’est le Gardasil 9 qui est administré. Il comprend les sept HPV les plus fréquents et il protège aussi contre les verrues génitales, ce que ne fait pas le Cervarix.

- l’étude a été réalisée sur des femmes ayant reçu le vaccin fin des années 2000. Elles se trouvent donc dans une tranche d’âge où le nombre de cancers du col de l’utérus est relativement peu élevé.

Malgré cela, le professeur Jean-Luc Squifflet, gynécologue aux cliniques universitaires Saint-Luc, salue ce résultat. Il y voit là la preuve qui manquait pour conclure à l’efficacité du vaccin, quel qu'il soit. Ce gynécologue voit dans son cabinet des femmes, même jeunes, atteintes d'un cancer du col de l'utérus : " Et cela hypothèque leur fertilité. A une époque où on a des enfants de plus en plus tard, il est important de préserver la fertilité", explique-t-il.

Un vaccin largement plus administré du côté flamand

Chez nous, le Conseil Supérieur de la Santé avait, dans un premier temps, recommandé l’administration de ce vaccin uniquement aux jeunes filles, avant le début de leur vie sexuelle. C'est en 2011 qu'il est alors disponible. Mais les choses ont changé. Et depuis septembre 2019, ce vaccin est également recommandé et remboursé pour les jeunes garçons de 13-14 ans.

En Flandre, le taux de vaccination est particulièrement élevé puisqu’en 2016, on estimait qu’il atteignait les 90%. Du côté francophone par contre, on est très loin de tels chiffres : en 2017, quelque 36% de jeunes filles avaient reçu ce vaccin. Cependant, les chiffres évoluent. Selon un rapport de l'ONE, pendant l'année scolaire 2019-2020, la moitié des enfants de deuxième secondaire, aussi bien garçon que fille, aurait reçu le vaccin. Il semblerait même que les garçons seraient plus nombreux que les filles à se faire vacciner.


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Quoi qu'il en soit, le chiffre de vaccination reste faible. Comment l'expliquer ? Le professeur Squifflet voit, notamment, une influence de la France où la couverture vaccinale y est encore moins élevée que chez nous. Pour Brigitte Swennen, membre du Conseil Supérieur de la Santé et experte de cette question, il y a eu aussi, au point de départ, de grandes différences entre les centres de Promotion de la Santé à l'Ecole, les PSE : "Tous les centres n'ont pas directement adhéré à cette vaccination. On arrivait à 60% dans les centres qui adhéraient bien. Il y avait aussi une certaine réticence de la part des parents. Et il a aussi fallu travailler du côté des médecins traitants".

Ajoutons à cela que que les jeunes sont très peu informés sur cette question : en 2018, une enquête a montré que 50% d’entre eux n’ont jamais entendu parler des infections au papillomavirus. La question semble d'autant moins les concerner qu'entre une infection et l'apparition d'un cancer, il y a entre dix et quinze ans. 

Et pourtant, plus de mille cancers, chaque année, sont liés au papillomavirus. Il s’agit essentiellement de cancers du col de l’utérus. Mais il peut aussi s’agir de cancers du vagin, de la vulve, du pénis, de l’anus et de la gorge. Un quart de ces cancers concernent des hommes, d'où la vaccination chez les jeunes garçons aussi.

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