Athlétisme

Mo Farah, l'homme de championnats, vise son premier record du monde au Mémorial Van Damme

Mo Farah, l'homme de championnats qui vise son premier record du monde

© DANIEL LEAL-OLIVAS - AFP

18 août 2020 à 17:30Temps de lecture3 min
Par Martin Weynants

Mo Farah sera l’une des attractions du Mémorial Van Damme. Dans cette année particulière, le Britannique va s’aligner sur une épreuve inhabituelle. Il va s’attaquer au record de l’heure, propriété d’un certain Haile Gebreselassie depuis 2007.

A moins de trois semaines du Jour J, le double champion olympique du 10.000m s’est confié sur ses ambitions. Lui, l’homme de championnats rêve d’accrocher un premier record du monde à son palmarès. "Avec le report des Jeux, j’ai la possibilité de m’entraîner pour une course plutôt que pour un championnat. J’ai envie d’être dans la meilleure forme possible et me donner toutes les chances de battre les records du monde et d’Europe."

Il peaufine sa forme à Font Romeu dans les Pyrénées. En altitude et dans conditions idéales, il est focalisé sur l’entraînement. "Ça a été un long été avec tout ce qu’il se passe. Je suis juste content de pouvoir prendre part à une course".

Une faim de compèt compréhensible. Le Britannique n’a plus épinglé un dossard depuis le marathon de Chicago en octobre 2019. Sa dernière apparition sur le tartan remonte a août 2017.

Pour la première fois de sa carrière, c’est le chrono qui va dicter la durée de sa course et non la distance. "Quand mon agent m’a dit que je pouvais disputer cette épreuve, j’ai tout de suite été conquis par l’idée. Les gens disent 'tu vas tourner en rond pendant une heure, vraiment ?' Mais pour moi, c’est normal. Ce n’est pas un problème. Ce sera un peu différent. Mais pour moi ce ne sera pas un choc. J’ai fait beaucoup de séances longues sur la piste. J’ai déjà couru 8 miles (12,8 km), 10 miles (16,09 km) voire même 12 miles (19,3 km) au tempo sur la piste. Certains aiment aller sur des chemins pour ce genre d’entraînement. Moi, je fais la majorité de mes séances sur la piste ou sur un tapis".

Des lumières comme repère ?

Pour tenir le rythme effréné de 2'49" au kilo et de 67 secondes au tour, les organisateurs évaluent la possibilité d’installer des lumières qui indiqueront le rythme à suivre. "Ce serait certainement un avantage. J’ai l’habitude de suivre Gary (Lough, son coach) en vélo. Avoir un repère visuel pour garder le bon rythme serait utile. Les lièvres varient souvent l’allure, accélèrent ou ralentissent. Le but sera de courir le plus régulièrement possible. Et j’espère que je pourrais voir les lumières avec mes lunettes de soleil", plaisante Mo.

L’absence de public sera compensée par un DJ set et des bruits de foule qui devront porter Farah and co vers une grosse perf'. "On aurait évidemment aimé courir devant un stade plein surtout à Bruxelles où la foule pousse vraiment derrière toi. Mais en même temps, il faut faire avec. Il faudra tourner le bouton et se mettre dans "in the zone".

Mo Farah sera accompagné dans sa tentative par notre compatriote Bashir Abdi. "C’est un ami et un bon partenaire d’entraînement. On travaille ensemble mais le jour de la course, on laisse la course de côté et on fait ce que l’on a à faire". Chacun courra donc sa course au Stade Roi Baudouin. "Il poursuivra son propre objectif. Il veut évidemment bien faire. Au fil des années, il a montré de quoi il était capable. Je suis content pour lui qu’il ait couru 2h04 et qu’il ait fini 2e dans un grand marathon. On va travailler ensemble pendant le 10-15 premiers kilomètres et puis qui sait ce qui arrivera."

Le fond mondial se porte bien. Les chronos sur marathon explosent, Joshua Cheptegei vient de battre le record du monde du 5000 m (12'35''36). "Cela montre que tout est possible. Je me suis toujours plus vu comme un coureur de championnat qui courrait derrière les médailles, plutôt que comme un chasseur de records. Je n’ai jamais vraiment fait cela. Une fois, peut-être sur 10.000 à Ostrava. Cheptegei a montré grand potentiel ces dernières années. Il nous a inspirés, il m’a inspiré".

En spikes "traditionnelles"

Farah a aussi perdu son record d’Europe du 1500 m lors de la folle soirée monégasque. "Perdre ce record en faveur d’Ingebrigtsen, n’est pas une mauvaise chose parce que le gamin a du talent. C’est quelqu’un d’intelligent. C’est bien de voir des Européens croire qu’ils peuvent battre les Africains et ne pas se mettre de barrière. Pendant des années, on a été nombreux à penser qu’on ne pouvait pas lutter avec les athlètes d’Afrique de l’Est".

Le matériel, les chaussures en particulier, a beaucoup fait parler ces derniers mois. "En tant qu’athlète, on cherche toujours le moyen de s’améliorer, d’exploiter tout son potentiel. Je pense que les marques font la même chose. Elles essaient de créer les meilleures chaussures, les meilleurs vêtements. Je suis un peu old school. Ça ne me dérange pas de porter des spikes. Je porterai probablement des spikes."

Un choix judicieux puisque dans le cas contraire sa performance au Van Damme ne sera pas validée par la fédération internationale. Et le Mémorial pourrait se voir priver d’un 14e record du Monde.

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous