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Belgique

"Mise au point": vers un front anti-N-VA?

Les enjeux fédéraux au centre de "Mise au point"
18 mai 2014 à 13:01 - mise à jour 18 mai 2014 à 13:114 min
Par RTBF

Quelques ténors politiques étaient en ce dimanche pour débattre de ces enjeux. Comment préserver notre sécurité sociale ? La qualité de nos soins de santé ? Doit-on revoir la politique d’emploi? Les mesures concernant les chômeurs ? Doit-on faire des coupes dans les budgets ? Où mettre plus judicieusement les moyens de ces budgets ? Le pays doit-il s’attendre à une nouvelle interminable crise politique comme celle de 2010 ? Ces élections seront-elles un tournant pour la Belgique ?

A toutes ces questions, les invités ont apporté les réponses de leurs formations politiques respectives. C’est donc, sans surprise, à un exercice de catalogues comparés que l’on a assisté, des listes de recettes et de promesses implicites, défendues parfois au prix de quelques éclats de voix…

Les invités ont également répondu à nombre de questions qui n’avaient pas été posées, mais qu’ils auraient bien voulu entendre, un autre type d’exercice auquel ces élèves appliqués du "media training" sont rompus. Au risque de lasser les citoyens qui tâchent d’entendre les réponses aux questions qui les concernent parmi le brouillard communicationnel de circonstances…

Survol de Bruxelles, rallumage d’un brûlot communautaire ?

"Non" selon Catherine Fonck, candidate cdH, qui assure que le cdH veut "une solution globale pour tous les Bruxellois, y compris pour les néerlandophones de la périphérie, pour que la qualité du sommeil de tous soit assurée". Mais Laurette Onkelinx, candidate PS, ne nie pas que les négociateurs vont se trouver avec l’équivalent d’un "BHV aérien" sur les bras : "Pas question d’un accord de gouvernement sans solution pour le survol. La solution c’est un moratoire : en revenir à la situation d’avant la dernière phase du plan de survol, élargir les nuits et diminuer le nombre de mouvement dans l’espace aérien."

Une des pistes fréquemment avancées est de délocaliser le fret vers un aéroport régional. Celui de de Liège, par exemple. Olivier Chastel, candidat MR, n’est pas contre : "On peut en discuter. Vers Liège ou vers Charleroi, pourquoi pas. Mais les Bruxellois ne peuvent continuer à supporter seuls toutes les nuisances." "Délocaliser, c’est communautariser le dossier", avertit Luc Demullier, candidat N-VA, "et on ne sait pas où ça va s’arrêter." "Melchior Wathelet a réussi une chose, c’est à mettre tous les Bruxellois d’accord contre son plan", ironise Olivier Maingain, candidat FDF, qui ajoute qu’"il est temps d’avoir un plan à l’échelle du pays". Pour Zakia Khattabi, candidate Écolo, "il serait temps d’avoir un plan qui réduise les nuisances au lieu d’un plan qui s’attache à les répartir sous prétexte d’équité." "La régionalisation des problèmes montre ses limites ", renchérit Bruno De Lille, candidat Groen!, "C’est un problème que nous devons attaquer tous ensemble et non le faire glisser d’un côté à l’autre. Comment penser le développement de la Belgique dans sa totalité et non tout concentrer en un lieu, y compris les nuisances."

Nouvel effort budgétaire : qui va payer ?

Le budget : le gouvernent va devoir économiser 13 milliards supplémentaires après en avoir économisé déjà une vingtaine… c’est gigantesque, mais chacun a sa solution.

Olivier Chastel, qui plaide pour un "électrochoc fiscal" explique comment atteindre cet objectif d’économie tout en baissant les impôts de 6 milliards : "Le retour à l’équilibre va diminuer la charge de la dette, ensuite on peut encore améliorer l’efficience de la machine de l’État, diminuer les dépenses, et augmenter les rentrées en allant plus loin dans la lutte contre la fraude sociale."

Plus carré, le programme de la N-VA annonce des mesures "qui font mal" : saut d’index, augmentation de la TVA… "Mais avec des mesures de compensation pour les bas revenus", nuance Luc Demullier qui parle de limitation de la durée des indemnités de chômage, avec augmentation des montants de l’indemnisation.

PS et cdH ont en poche chacun de leur côté un plan de réforme fiscale qui ferait en sorte que chaque travailleur ait 120 € (ou 100 €, pour le cdH) de plus en salaire net, grâce à une taxation supplémentaire des hauts revenus et des plus-values. Même principe au niveau de PME, dont l’amélioration de la situation serait due à des prélèvements ailleurs, notamment du côté des intérêts notionnels. Ces mesures sont supposées réveiller la croissance et le pouvoir d’achat.

"Revenons en arrière", proposent les Verts : "Taxons comme autrefois les revenus de manière globale car les revenus du travail sont aujourd’hui plus taxés que ceux du capital. C’est la seule manière de faire contribuer les gros revenus à l’effort", assure Zakia Khattabi.

Mischaël Modrikamen, candidat PP, appelle lui à un "big bang" fiscal : "Toutes les autres mesures ne sont que des emplâtres sur une jambe de bois. Il faut repartir d’un page blanche."

Et les pensions ?

"Pour payer les pensions, il faut que les gens cotisent, et pour cela qu’ils aient un emploi." Telle est la formule recommandée par Zakia Khattabi, qui mentionne à titre d’exemple les mesures prises à la COCOF : le plan Tandem qui permet à un travailleur âgé de 55 ans de passer à mi-temps pour permettre l’engagement d’un jeune à former. Elle cite aussi les Alliances Emploi-Environnement permettant d’exploiter le vivier d’emplois décelés dans le secteur de l’environnement.

Le FDF est d’avis de ne pas toucher aux droits acquis, mais de réformer le régime des retraites pour ceux qui commencent leur carrière. Ce système, inspiré du modèle néerlandais garantit 1200 € de base à tous et impose aux employeurs un régime d’assurance-groupe contrôlé par l’État, pour que chacun arrive à 1600 € net par mois. "Et il faut avoir la franchise de dire aux gens que, oui, ils devront travailler plus longtemps…", assène Olivier Maingain.

"Pas d’accord" dit Olivier Castel, qui argumente qu’il faut "d’abord augmenter le taux d’emploi des 55-65 ans, qui non seulement vont ainsi continuer à cotiser mais aussi apporter leur expérience dans les entreprises."

Le front des francophones va-t-il se reformer ?

C'était la question finale de l'entretien. "Oui", à entendre tous les intervenants présents, et même bien plus : tous semblent souscrire à l’idée qu’il existera un front des partis francophones et néerlandophones qui s’opposent à la N-VA. "Mais laissons d’abord l’électeur s’exprimer", rappelle Olivier Chastel qui aura ainsi le mot de la fin. Du moins pour aujourd’hui.

Patrick Bartholomé

Baudouin Remy et Rachel Crivellaro avaient invité :

Laurette Onkelinx, candidate PS

Catherine Fonck, candidate CDH

Zakia Khattabi, candidate Ecolo

Olivier Maingain, candidat FDF

Olivier Chastel, candidat MR

Mischaël Modrikamen, candidat PP

Luc Demullier, candidat N-VA

Bruno De Lille, candidat Groen!

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