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Belgique

Mise au point: quels tarifs pour l'énergie au 1er janvier?

Mise au point: quels tarifs pour l'énergie au 1er janvier?
02 déc. 2012 à 11:20 - mise à jour 02 déc. 2012 à 13:214 min
Par RTBF

Info ou intox ? Nos factures d'énergie vont-elles grever le budget du ménage de plus de 150 euros supplémentaires ? On aurait aimé entendre la réponse des fournisseurs d'énergie, mais seul Bruno Venanzi, administrateur délégué de Lampiris, avait accepté d'être présent sur le plateau de "Mise au point". Electrabel et Luminus avaient par contre décliné.

Pour Melchior Wathelet (CDH), secrétaire d'Etat à l'Energie, "les 10 à 15% d'augmentation dont on a parlé sont exagérés. Il est vrai qu'en 8 mois de gel des prix, la molécule de gaz et de l'électron ont augmenté, mais l'augmentation, si elle a lieu, sera légère. Il n'est pas question que les 200 millions € épargnés par les consommateurs soit rattrapés par les fournisseurs. Les modes de calcul qui ont été établi y veilleront." Il insiste fortement sur un conseil "Comparez les prix et changez de fournisseur !"

En tout cas la réponse de Lampiris est claire : "Pas d'augmentation pour l'électricité. Pour le gaz, cela dépendra des facteurs climatiques."

Marc Van den Bosch, directeur général FEBEG confirme que les prix du gaz ont quelque peu évolué sur les marchés internationaux et en profite pour rappeler que le "produit" ne représente que 40% (électricité) à 60 % (gaz) du montant de la facture - le reste étant lié aux coûts de distribution et transport, et diverses taxes et surtaxes. Il assure par ailleurs que ses membre "ne savent pas encore ce qu'ils vont faire" en ce qui concerne les tarifs.

Jean-Philippe Ducart, porte-parole de Test-Achats, lui, assure qu'il le sait très bien : le rapport de la CREG (l'organe fédéral de régulation des prix de l'énergie) sur les paramètres du mois de novembre permet d'anticiper 5 à 10% d'augmentation sur contrats standard des fournisseurs. "Soit 130 à 150 euros par ménage", précise Jean-Philippe Ducart.

La concurrence, ça fonctionne (enfin) ?

Lors de ses interventions, Melchior Wathelet insiste sur les lois du marché qui vont obliger les fournisseurs, pour la première fois, à se positionner tout en même temps en décembre sur leurs nouveaux tarifs. Et il compte bien sur une baisse des prix. "Et si ce n'est pas le cas, nous aurons d'autres moyens de limiter les prix", menace-t-il. Bien pour des raisons différentes, Muriel Gerkens, cheffe de groupe Ecolo à la Chambre et Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB, ne partagent pas son optimisme. Pour Muriel Gerkens, "il y a des fournisseurs qui jouent le jeu, mais il faut s'attaquer à ceux qui jouent avec la liaison des prix de l'énergie à ceux du pétrole, mécanisme finalement autorisé par le gouvernement pour une période transitoire." Les moutons noirs qu'elle désigne ainsi sont les opérateurs historiques GDF et Electrabel. Et d'insister sur la nécessité de plafonner les prix pour protéger les clients captifs, ceux qui (comme Olivier Maroy de son propre aveu) n'ont pas encore choisi de fournisseurs.

Récemment les actions de groupement d'achat organisées par Greenpeace, La Ligue des Familles ou Test-Achats ont conscientisé les fournisseurs. "Les gros opérateurs historiques doivent se sentir menacés. La pression n'a jamais été aussi forte. Enfin nous sommes entendus", martèle Jean-Philippe Ducart. Et en effet l'action a engendré 30.000 changements de fournisseurs. "Les nouvelles règles d'indexation des prix vont dans le bon sens, mais elles vont encore profiter aux opérateurs historiques pendant des années", nuance Muriel Gerkens. Quant à Raoul Hedebouw, il demande pourquoi ne pas tout simplement continuer le gel des prix.

Pourquoi la distribution est-elle si chère ?

"Parce que les distributeurs belges, contrairement à ceux des autres pays, ont des obligations de service public : l'éclairage public, le relevé des compteurs, l'encaissement de surtaxes diverses pour le renouvelable", explique Fernand Grifnée, administrateur délégué d'ORES. Plus crûment, Jean-Philippe Ducart résume la situation du consommateur : "C'est paie et ferme ta gueule : il n'y a aucun débat en Belgique sur les tarifs et l'organisation de la distribution, pas très transparente, pas très rationnelle, avec une multiplication des intercommunales de distribution (28 en Belgique - 225 administrateurs). "Les formules tarifaires sont trop complexes" renchérit Bruno Venanzi. Selon Jean-Philippe Ducart, certains pays vont imposer des formules simplifiées en deux groupes.

Raoul Hedebouw rappelle, lui, qu'une TVA 21% sur un produit de première nécessité est injustifiable, à quoi Melchior Wathelet rétorque que l'Europe interdit d'y toucher et que le gouvernement a pu intervenir en abaissant la cotisation fédérale de 25% et la taxation fédérale de l'offshore également d'un quart.

Com-pa-rez !

Les invités d'Olivier Maroy ne se sont quelque peu accordés que sur seul mot : "Comparer". Les outils indépendants de calcul mis à la disposition de la CREG (fédéral), de la CWaPE (Wallonie), de la VREG (Bruxelles) notamment, mais aussi de Test-Achats, permettent à chacun, pourvu qu'il dispose d'un accès internet, de savoir en fonction de sa situation personnelle de consommation et de son domicile, quel est le fournisseur et le tarif les plus intéressants.

Ces outils sont mis à jour régulièrement en fonction des formules tarifaires des fournisseurs.

Patrick Bartholomé

 

 

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