RTBFPasser au contenu

Belgique

Migrants soudanais : le fonctionnaire qui surveillait les entretiens ne parlait pas toujours la langue

Témoignage d'un soudanais : interrogatoire sans contrôle ?

JT 19h30

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

01 févr. 2018 à 17:18 - mise à jour 01 févr. 2018 à 17:181 min
Par Fabrice Grosfilley et David Brichard

C'est une polémique dans la polémique. Lorsqu'en octobre 2017 une délégation soudanaise est venu identifier des migrants interceptés en Belgique , les entretiens entre ces membres des services de sécurité et les migrants  ont été réalisés sous la responsabilité de l'office des étrangers. Quand les entretiens étaient organisés, à l'intérieur des centres fermés, un fonctionnaire belge devait donc être présent.

Nous avons pu retrouver un témoin qui affirme que ce n'était pas toujours le cas. "Dans la salle il n'y avait que des soudanais, des membres des services de sécurité et un représentant de l'ambassade" indique un migrant qui a failli être expulsé et que la RTBF a pu retrouver (nous ne donnerons pas son nom, il préfère garder l'anonymat). Notre témoin explique que la délégation soudanaise était particulièrement insistante et qu'elle s'est montrée irritée lorsqu'il refusait de répondre. Pour lui, on a cherché à l'impressionner lors de cette entrevue.

"Ne maîtrise pas toujours la langue arabe"

Contacté pour commenter cette affirmation, Freddy Roosemont, directeur général de l'Office des étrangers formule la réponse suivante : "Je vous confirme que, lors des entretiens dans les centres fermés, un fonctionnaire de l'Office des étrangers était présent lors de chacun de ceux-ci " mais il précise également  que "le fonctionnaire présent ne maîtrisait pas toujours la langue arabe mais je pars du principe que si une personne avait été menacée, le fonctionnaire présent l'aurait constaté et aurait demandé des explications dans ce cadre." 

En d'autres termes le fonctionnaire belge, qui devait s'assurer que la délégation soudanaise ne sortait pas de son rôle et ne menaçait pas les personnes interrogées, n'était pas toujours en mesure de comprendre ce qui se disait dans la pièce.

Pour le directeur général de l'office, puisque les fonctionnaires présents n'ont pas fait remonter d'information faisant état d'une pression sur les migrants, "une telle situation ne s'est pas présentée. Donc, j'en conclus que la délégation soudanaise n'a menacé personne et a uniquement fait son travail d'identification des ressortissants soudanais."

 

Articles recommandés pour vous