Michelle Martin: la presse francophone évoque le rôle des politiques

La presse à Malonne

© NICOLAS LAMBERT (belga)

29 août 2012 à 02:47 - mise à jour 29 août 2012 à 05:48Temps de lecture3 min
Par Belga News

L'Avenir s'intéresse plus particulièrement aux passes d'armes entre MR et PS, en marge de la libération de Michelle Martin. "Les mots utilisés par le président du MR ont été percutants, utiliser le terme "écoeuré" pour qualifier une décision de justice n'est pas neutre", relève Thierry Dupiéreux.

"Tout cela n'est pas sain. La population est déjà clairement ébranlée dans sa perception de la justice. Fallait-il vraiment en rajouter une couche au niveau politique?", s'interroge le rédacteur en chef, constatant que le MR trouve là "une façon tonitruante et grossière de se positionner sur un point sensible de l'actualité à quelques encablures du scrutin du 14 octobre."

Le Soir aussi s'interroge sur les sorties politiques qui ont émaillé le dossier depuis la décision du tribunal de l'application des peines le 31 juillet dernier. Après avoir rappelé "en guise de préliminaire" que la séparation des pouvoirs est l'un des piliers de notre démocratie, Véronique Lamquin affirme que "les hommes et femmes politiques seraient inspirés de ne pas amplifier la 'vox populi' qui se déchaîne".

Elle rappelle que les mêmes partis qui brocardent aujourd'hui les lois étaient déjà au pouvoir quand elles ont été prises. "Alors, bien sûr, les formations politiques peuvent évoluer et estimer que les règles qu'elles ont approuvées sont perfectibles. Mais ces débats ne peuvent se mener dans l'urgence, sous le coup de l'émotion." Véronique Lamquin rappelle enfin que l'accord de gouvernement ne prévoit pas de peines incompressibles, mais bien un durcissement des conditions des libérations conditionnelles. "Oser le dire grandirait les représentants des partis", estime-t-elle.

La Libre Belgique, elle, estime que "même si la loi ne plaît pas, elle doit s'appliquer". "Il faut donc appliquer la loi... jusqu'à ce qu'on la change", souligne Francis Van de Woestyne. "Car il s'avère utile de modifier certaines règles, d'offrir une place plus importante à la victime et de durcir les périodes de sûreté pour les condamnations des crimes les plus graves, notamment contre des enfants." Mais il faut éviter la précipitation et rechercher la sérénité. "Dans l'affaire Breivik, la Norvège a rendu une justice rapide et exemplaire. Puisse la Belgique s'inspirer de cet exemple dans sa réforme de la justice", conclut l'éditorialiste.

Demetrio Scagliola, pour Sudpresse, note plutôt la "terrible division" qui menace à nouveau la société belge. "Cette fois, ce ne sont plus les Flamands et les francophones qui s'opposent sur l'avenir du pays. Non, la rupture semble bien plus profonde et plus dangereuse car cette affaire a creusé un fossé énorme au sein de la société belge."

Deux camps s'affrontent: "d'un côté, la grande majorité de l'opinion publique, blessée par la faveur faite à l'ex-épouse de Marc Dutroux; de l'autre une certaine élite intellectuelle, ou prétendue telle, qui a fait du respect du droit une sorte de règle parfaite et donc indiscutable". "Une nouvelle fois, il appartient au monde politique, composé d'élites mais élu par le peuple, de réduire cette fracture", conclut-il.

Enfin, Christian Carpentier, pour la Dernière Heure, constate que la Cour de cassation a rendu "un arrêt redouté", mais dont le "contenu est on ne peut plus logique". "La Cour est chargée de dire le droit. Pas de l'écrire. Ca, c'est la mission du législateur", souligne-t-il. "Serait-ce trop demander aux partis qui, déjà, se déchirent là-dessus, d'arrêter de faire mine de redécouvrir la réalité et de stopper ce bal des hypocrites qui ne fait que nourrir les cris haineux frisant çà et là les terrifiants appels au meurtre?" L'éditorialiste appelle à réfléchir au système carcéral que l'on souhaite vraiment et aux moyens à consacrer au système, "au lieu de perdre son temps en polémiques stériles qui font tout sauf réconcilier le citoyen avec ses institutions".

Belga

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