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Michel Konen, emblématique ex-rédacteur en chef du Journal télévisé de la RTBF, est décédé (vidéos)

Forte personnalité médiatique, Michel Konen est décédé à l’âge de 70 ans
18 janv. 2022 à 14:47 - mise à jour 18 janv. 2022 à 18:424 min
Par Lavinia Rotili et Kevin Dero
Michel Konen, ancien rédacteur en chef du journal parlé des radios de la RTBF puis rédacteur en chef du Journal télévisé, est décédé dans la soirée du lundi 17 janvier. Il s’agissait d’une personnalité bien connue des médias francophones.
 
Le charismatique journaliste, à la stature imposante et à la voix de stentor, en a animé, des conférences de rédaction. Passionné, fort en gueule mais aussi profondément humaniste et épris de liberté, il a marqué le service public mais aussi la presse papier (La Libre Belgique, La Nouvelle Gazette) ou encore le cdH. Un homme au grain de voix grave, au caractère obstiné, parfois tempétueux et à l’exigence journalistique inébranlable, à qui beaucoup rendent hommage en ce jour.

Journalisme chevillé au corps

Après avoir œuvré à la Gazette de Liège, Michel Konen a mené une longue carrière au sein de la RTBF : il y pratique notamment du journalisme de terrain ou en plateau. Avec un petit air de Philippe Noiret dans les années 80 ou en maître de cérémonie d’une soirée électorale en 94, voici quelques images d’époque :

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Rédacteur en chef

Se dévouant corps et âme à l’information durant toute sa carrière, il ira jusqu’à occuper des fonctions de supérieur hiérarchique tel que rédacteur en chef du Journal Parlé des radios de la RTBF ou rédacteur en chef du Journal télévisé.

Avec son caractère entier, son tempérament et son humour, il aura notamment contribué à rapprocher les médias radiophoniques et télévisuels, donné un souffle à l’information, la rapprocher du public aussi… Il aura aussi été confronté à des événements historiques, comme les attentats du 11 septembre 2001.

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Les années "La Libre"

En octobre 2003, il avait pris un congé sabbatique, qui a duré six ans. Pendant ce temps, il a travaillé au sein du groupe IPM en tant que directeur de rédaction de La Libre BelgiqueLes années Konen à La Libre ont été marquées par plusieurs évolutions du journal, comme la politique des "Une" avec un sujet fort, la mise en place du cahier "La Libre 2" et l’évolution du format du quotidien.

Archive JT : Michel Konen présente la nouvelle version de "La Libre" en 2009 (Sonuma)

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Petit crochet politique

Ensuite, il était brièvement retourné travailler au sein du service public, entre autres à la confection de sujets pour le JT. Au tout début de 2010, il entame un tout nouveau chapitre de sa carrière, en tant que directeur de la communication du cdH.
Il y restera deux ans. En 2012, il se lance dans une nouvelle aventure, de nouveau du côté du journalisme, celle de l’édition belge de Marianne, dont il a été l’un des premiers sympathisants.
Il était également entré au conseil d’administration de la RCF Liège, la radio chrétienne francophone. "Ces dernières années, il était particulièrement investi et convaincu par l’avenir de l’audio et des podcasts. Son soutien au déploiement du pôle de la communication digitale de RCF Liège en était le reflet", écrit-on du côté des ondes liégeoises.

Michel Konen lors de la campagne du parti humaniste en 2010 :

Archive JT : préparation de campagne au cdH, en mai 2010 (Sonuma)

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"La RTBF lui doit beaucoup"

Michel Konen en mars 2005, alors qu'il était à la tête de la rédaction de la Libre
A l’annonce du décès de Michel Konen, le directeur de l’information de la RTBF Jean-Pierre Jacqmin, se dit "sincèrement affecté" par la perte de ce journaliste qui avait une "vision très claire de l’actualité". Michel Konen se caractérisait par une "rudesse bienveillante", il avait beaucoup d’idées et il exigeait qu’on les remplisse toutes. En même temps, il a prodigué de nombreux conseils à tous les journalistes qu’il a côtoyés et il a été un moteur dans la carrière de nombreuses personnalités de la RTBF. "La RTBF lui doit beaucoup", conclut Jean-Pierre Jacqmin.

"Dans les tripes"

Lily Portugaels, ancienne directrice de la Gazette de Liège, se souvient publiquement sur sa page Facebook : "Sa disparition me touche comme celle d’un fils. Il était le premier journaliste que j’ai engagé dans ma carrière de directeur de journal […] Il avait le journalisme dans les tripes […] Partout il a laissé le souvenir d’une honnêteté à toute épreuve qui se traduisait dans un langage sans détour et toujours fidèle à ses principes […]".

Il avait le journalisme dans les tripes

Un caractère bien trempé

Les réactions ne se sont pas fait attendre. De nombreux journalistes, qui ont eu son soutien au début de leurs carrières respectives. 
"Il était pour moi fondamentalement important. J’entends encore sa voix, son rire. Je me souviens de ses coups de gueule, de sa compréhension aussi […]", se souvient Baudouin Remy, engagé lui aussi par Michel Konen à la RTBF.
"Stakhanoviste, c’était aussi un vrai homme de parole. Il pouvait être rude, mais était toujours attentif à la situation personnelle de l’un ou de l’autre. Il m’a par exemple beaucoup aidé lorsque ma maman était au plus mal", explique celui que Michel Konen a appelé pour mener l’émission Projet X, avec Christophe Deborsu.

Exubérance

Fonceur, tonitruant et de nature pas très procédurière, celui qui était comparé parfois à un char d’assaut "en imposait" pour de nombreuses personnes qui l’ont côtoyé. Cette personnalité, experte notamment de la politique belge, "avait une vision de l'information". Faite d'exigence -parfois d'intransigeance aussi-, il pouvait défendre bec et ongle ses journalistes face aux pressions extérieures. Une nature forte, pugnace - et à la sonnerie de téléphone parfois déroutante-, qui n’hésitait pas à bousculer et à faire réfléchir. "C'était un homme attachant. Humain, et dans le métier, il voyait juste, vite et clair", résume Baudouin Remy. 

Il ne mettait pas le pied dans la porte, il enlevait la porte

"Toute une époque, une histoire. Cette nuit je pleure un ami, une vie", écrit André Urbain (ancienne figure de la RTBF). "A la fois sanguin et tendre", "Toujours honnête, et à la recherche de solutions", peut-on lire aussi sur la toile.

Toujours honnête, et à la recherche de solutions

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"Il connaissait, il maîtrisait l’écrit, la radio et la Tv. Déjà la multi disciplinarité mêlée à un sens aigu de l’information et à l’exigence de la précision. Sous sa carapace de journaliste, il y avait aussi un bon vivant, festif et amusant […]" a posté quant à elle la journaliste Dominique Demoulin (RTL-TVI).

Un épicurisme mis en exergue par beaucoup. Originaire de Malmedy, on le voyait régulièrement au carnaval, le Cwarmé. Très proche de sa famille, de ses filles et de ses petits-enfants, Michel Konen, c’était un tempérament jovial. Gastronome et voyageur, il marqua son environnement partout où il passait.

Réécoutons la voix belle et grave de Michel Konen dans ce sujet JT :

Archive JT/Sonuma : sujet de Michel Konen sur la non-entrée de Camus au Panthéon

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Ce grand professionnel va sans aucun doute rejoindre d’autres grands noms de la rédaction comme Frédéric François, René Thierry ou encore Jean-Pierre Gallet, décédé l’an dernier. Michel Konen était marié, il avait deux filles et était plusieurs fois grand-père.

Archive JT/Sonuma : Michel Konen salue la mémoire de René Thierry (13 septembre 2012)

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