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Coronavirus

Michael de Cock, patron du KVS, ouvre les portes du théâtre ce lundi : "Je crois que le politique se rend compte qu’on ne se sent pas assez écouté"

23 avr. 2021 à 06:55Temps de lecture2 min
Par Marie-Laure Mathot

Un rebelle de la culture, Michael De Cock ? Le patron du Théâtre royal flamand de Bruxelles, le KVS a en tout cas décidé d’ouvrir ses portes lundi. Il commencera par un public de 50 personnes pour augmenter petit à petit, avec ou sans autorisation mais en toute sécurité sanitaire, promet-il.

"Une désobéissance ? Pour nous l’enjeu, n’est pas là, explique l’invité de Matin Première. Pour nous l’enjeu, c’est d’agir avec tout le monde, que ce soit avec la crisiscel en Flandre, la Feas (ndlr : La Fédération des employeurs des arts de la scène) côté francophone. Ils ont discuté pendant des mois avec les virologues, discuté des protocoles. Ces protocoles existent depuis octobre quand chaque théâtre pouvait demander des dérogations. On était donc prêt pour ouvrir en toute sécurité. Après, on nous a oubliés pendant sept mois."

Je crois que le politique se rend compte qu’on ne se sent pas assez écouté

Aujourd’hui, néanmoins, le directeur du KVS a l’impression que le politique se tourne vers le secteur pour l’entendre. "J’attends beaucoup (de ce comité de concertation)", a-t-il déclaré. "Je crois que le politique se rend compte qu’on ne se sent pas assez écouté. Il se rend compte du fait que le secteur a besoin de rouvrir et que le public et la société ont besoin que tout le monde soit dans le même combat contre le virus, oui mais en ouvrant ce que l’on peut ouvrir."

Concrètement, l’ouverture du KVS ce lundi devrait être considérée comme un projet pilote. C’est en tout cas la volonté de la Ville de Bruxelles. "On n’est pas contre mais on attend la confirmation du côté du ministre-président et du ministre de la Culture flamand, explique Michael De Cock. Ce qu’on aimerait bien faire, ce n’est pas tester ce qui est déjà testé mille fois à l’étranger. Ce qu’on aimerait tester, c’est commencer par 50 personnes dans la salle. Puis, on augmente le public de soir en soir et la jauge devient plus grande. On verra si la qualité de l’air reste la même."

L’humanité de notre société en jeu

Comme le répète le secteur culturel depuis des semaines devant la Monnaie, au théâtre National, comme les répètent d’autres théâtres qui ont également décidé d’ouvrir bientôt, la culture, ce n’est pas juste un besoin de s’exprimer, c’est vital à notre société. "Au début de la pandémie, j’ai constaté que, mondialement, la culture était partout. Je regardais Francis Cabrel qui jouait chaque soir une chanson sur Facebook en live. La culture était partout. Les poèmes, les streamings, les films, les livres… on partageait tout ça. Je me suis dit : 'Maintenant, tout le monde va se rendre compte à quel point la culture est partout dans la société. A quel point, on en a besoin."


►►► Lire aussi : Déconfinement culturel : six événements tests vont avoir lieu en Fédération Wallonie-Bruxelles


La suite a malheureusement mis la culture au dernier plan. Pour le directeur du KVS, c’est l’humanité de notre société qui est en jeu. "Ce n’est pas un bras de fer entre les secteurs. C’est davantage une question de 'there are many alternatives' (ndlr : il y a plusieurs alternatives) au lieu de 'there are no alternative' (ndlr : il n’y a pas d’alternatives). Après une année de pandémie, après 15 mois, se poser la question de ce qu’on peut faire en toute sécurité en ne perdant pas notre humanité. En gardant la culture. En ne sortant pas simplement de chez soi pour aller travailler, rentrer à 18 heures, courir faire le dîner. On ne peut pas continuer comme cela."

Comme des robots ? C’est en tout cas le personnage principal de la pièce de ce lundi. "C’est à propos de Jonathan. On parle d’un robot. On parle d’intelligence artificielle dans les soins palliatifs." En espérant que ce ne soit pas ceux de tout un secteur, de "l’humanité" de notre société.

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