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Mexicana : tome 1

Mexicana : tome 1
27 sept. 2013 à 13:062 min
Par Jacques Schraûwen

Emmet Gardner est flic. Son boulot : la chasse aux immigrés clandestins, la chasse aux passeurs de drogue, à tous ces petits poissons qui passent la frontière pour vivre le rêve américain ou, plus prosaïquement, pour servir les intérêts de ceux qui, puissants et puissamment protégés, dirigent leurs trafics de haut et de loin. Kyle Gardner, son fils, a abandonné ses études par amour pour Marisa, une jolie Mexicaine qui ne fait que le manipuler pour en faire un passeur de plus.

Mexicana : tome 1
Mexicana : tome 1 © Tous droits réservés

Disons-le tout de suite : le scénario de cet album, premier volume d’une trilogie, ne brille ni par son originalité, ni par sa richesse littéraire. A partir des codes élémentaires d’un genre précis, celui du roman noir, les scénaristes Mars et Matz ont choisi l’efficacité, avant tout. Une efficacité qui passe au travers des dialogues, taillés au couteau dans le quotidien du langage, au travers des situations qui ne laissent aucune place, à aucun moment, au sentiment ni à la sensiblerie. Et pour que cette histoire soit efficace, pour que ce récit dans lequel la désespérance inéluctable est le fil conducteur, il fallait un dessin tout aussi efficace, tout aussi respectueux des règles en la matière. Mezzomo est de ces dessinateurs capables de s’immerger dans une histoire qui leur plaît, et il est, d’une certaine manière, le premier lecteur de sa propre bd. Son dessin, dans Mexicana, incisif, expressif parfois jusqu’à la démesure dans les traits des visages, n’est pas sans rappeler Fahrer, à certains moments. Ce qui est frappant chez lui, c’est le plaisir incontestable, visible, qui est le sien à dessiner des personnages humains, qui n’ont rien de parfait. Marisa, par exemple, cette jeune Mexicaine dangereuse, est jolie, certes, mais elle n’est nullement idéalisée.

La grande qualité de la bande dessinée, c’est qu’on peut y vivre des tas de plaisirs différents. Et cet album, Mexicana, classique dans sa forme, moins classique dans son fond, se lit facilement. Sa narration et son graphisme, linéaires, accrochent l’attention et le regard. Ce tome 1 présente les personnages, entame les actions qui vont, on le devine, les ballotter aux rives de l’horreur et de la déchéance. Et, ma foi, ne boudons pas notre plaisir : puisse la suite nous faire entrer de plain-pied dans un univers glauque bien décrit, bien raconté.

 

Jacques Schraûwen

 

Mexicana : tome un (scénaristes : Mars et Matz – dessinateur : Mezzomo – éditeur : Glénat)

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