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Meurtre de Louise: des dysfonctionnements en série à la police liégeoise ?

Meurtre de Louise: des dysfonctionnements en série à la police liégeoise ?

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17 oct. 2017 à 17:37Temps de lecture2 min
Par Barbara Schaal

La police de Liège a-t-elle suffisamment écouté la jeune Louise ? Cette étudiante vétérinaire, tuée la semaine dernière à Liège, s’était rendue dans un commissariat en 2015. Elle voulait signaler le comportement suspect de celui qui deviendra son meurtrier. Ce voisin venait de se présenter nu devant chez elle et de lui remettre un mot obscène. Problème : aucun procès-verbal n’a été dressé.

Le policier qui l’a entendu à l’époque été écarté de ses fonctions. Mais plusieurs sources anonymes dénoncent en fait une série de dysfonctionnements.

Une note interne plutôt qu'un procès verbal

Tout commence effectivement avec la prise en charge de la jeune femme dans ce commissariat liégeois. L’agent qui accueille Louise doit en théorie dresser un procès-verbal, mais il rédige une simple fiche d’information, une sorte de note diffusée en interne, au sein de la police.

Pourtant, une source policière anonyme l’assure: en faisant quelques recherches rapides, l’agent pouvait savoir à quel genre d’homme il avait affaire, un homme déjà condamné pour viol. Il aurait même pu demander l’arrestation de l’agresseur de Louise, car celui-ci était toujours sous surveillance judiciaire.

Fabrice Discry, du syndicat policier SNPS à Liège se montre lui bien moins sévère, à l’égard de cet agent. "On ne sait rien de ce qui s’est réellement passé dans ce commissariat", assure-t-il.

Il n’exclut pas que la jeune femme ait elle-même fait le choix de simplement signaler les faits à la police sans déposer de plainte formelle. Cette décision d’écarter l’agent de police de ses fonctions ? Le représentant syndical la juge précipitée. " Les faits remontent à plus de deux ans, s’étonne-t-il. J’espère que cette décision n’a pas été guidée par l’émotion populaire. Une telle décision devrait être guidée par un dossier administratif complet, à charge et à décharge."

Une responsabilité plus largement partagée ?

Cet agent a-t-il été un simple fusible, quelqu’un que l’on aurait écarté pour limiter la casse ? Des policiers, qui témoignent sous couvert de l’anonymat, en sont convaincus.

Ils rappellent que tous les policiers liégeois avaient accès à cette note, rédigée par l’agent qui a accueilli Louise. Les supérieurs hiérarchiques de celui-ci auraient dû la consulter et réagir en conséquence. Mais il n’y a pas eu de suite.

Selon ces sources anonymes, les torts seraient donc partagés.

Soumis au secret de l'instruction, le chef de corps de la police liégeoise ne peut pour l'instant pas répondre à ces critiques.

 

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