Menace terroriste: pourquoi les commissariats étaient-ils restés au niveau 2?

Menace terroriste: pourquoi les commissariats étaient-ils restés au niveau 2?

© NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

29 déc. 2015 à 09:39 - mise à jour 29 déc. 2015 à 12:28Temps de lecture3 min
Par C. Biourge et P. Michalle

Le niveau d'alerte pour les commissariats de police de la région de Bruxelles-capitale a été relevé de 2 à 3. C'est également le cas pour tous les policiers et militaires qui patrouillent en Région bruxelloise. 

C'est la conséquence des perquisitions qui ont eu lieu ces dimanche et lundi dans plusieurs régions du pays dont Bruxelles, et à la suite desquelles six personnes ont été interpellées. Deux ont été placées sous mandat d'arrêt et inculpées de participation à un groupe terroriste et de menace d’attentat.

Selon nos informations, le groupe visé aurait voulu commettre des attentats en Belgique ciblant plusieurs lieux emblématiques de Bruxelles, ainsi que la police, pendant les fêtes de fin d'année. Ce qui explique pourquoi le niveau d'alerte pour les commissariats de police de Bruxelles vient d'être relevé.

Pourquoi les commissariats de police étaient-ils restés au niveau 2 ? 

Depuis le 26 novembre dernier, le niveau de la menace en région bruxelloise est pourtant au niveau 3. Comment se fait-il dès lors que les commissariats n'aient pas élevé plus tôt leur niveau ? 

"Il y a une différence entre le niveau national et le niveau institutionnel", a expliqué à VTM Nieuws Peter Mertens du Centre de crise. Selon lui, la menace après les attentats de Paris visait des endroits où il y avait beaucoup de monde et pas les commissariats. Donc, il n'y avait pas de raison de passer au niveau 3.   

"Maintenant, il y a une menace pour les commissariats de police à Bruxelles, et donc actuellement, le niveau 3 est applicable. Tous les autres bureaux de police sont actuellement encore au niveau 2. Après l'intervention à Verviers, le niveau de la police a en effet été également porté à 3 mais cela n'a pas duré longtemps", a-t-il encore précisé. 

Impossible de mettre des militaires et des policiers partout

En d'autres mots, c’est l’OCAM (l'organe de coordination pour l'analyse de la menace) qui évalue les endroits où des efforts doivent être portés en matière de sécurité. Et donc dans certains lieux, on reste pratiquement dans la même configuration qu'au niveau 2. Pas de renforcement de la sécurité car il faut faire des choix. C'est impossible de mettre des militaires et des policiers partout.

N'oublions pas que ces personnes doivent aussi prendre leurs congés et récupérer leurs heures supplémentaires. Jusqu’à présent les priorités ont été mises sur les endroits à forte concentration de personnes (quelques lieux sensibles, des écoles confessionnelles et des lieux de prière notamment). 

L’élément neuf aujourd’hui c’est que l’OCAM évoque un risque accru de menaces pour les militaires en uniforme et pour les policiers qui sont en service dans l’agglomération bruxelloise. D'où le renforcement du dispositif vers le niveau 3. 

Des heures d'ouverture adaptées, des auxiliaires accompagnés

Concrètement on en revient à la situation prévalant après l'opération anti-terroriste de Verviers. Cela a des conséquences concrètes aussi bien pour les policiers sur le terrain que pour les citoyens. Les tâches non urgentes seront reportées et la sécurité du personnel est renforcée, comme l'explique le chef de la zone de police de Bruxelles-Ouest (Molenbeek, Jette, Koekelberg, Ganshoren et Berchem Sainte-Agathe), Johan De Becker : "Il y aura une présence armée devant les commissariats et les heures d'ouverture seront adaptées. Les policiers de quartier seront à deux dans leur quartier et on prévoit une équipe de renfort pour les patrouilles d'intervention".

Autrement dit, les auxiliaires de police non armés ne peuvent plus sortir qu’accompagnés d’un autre policier armé. Quant aux policiers de quartier ils effectueront par deux uniquement les missions jugées indispensables.

Les accès aux bureaux de police vont, eux, être renforcés : "Une série de conseils nous ont été transmis par le Centre de crise, que nous allons suivre scrupuleusement. Et donc cela signifie effectivement que les services restent opérationnels ; que le plaignant (la population) peut se présenter au commissariat mais va être confronté à une porte fermée, il faudra donc sonner et il va être confronté à une présence policière armée devant les commissariats", précise Johan De Becker.

Des dispositions qui resteront d’application jusqu’au 4 janvier.

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