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Opinions

Médecine : pour un concours d'accès couplé à une juste estimation des besoins

19 févr. 2022 à 05:30Temps de lecture3 min
Par Collège des doyens des facultés de médecine

La médecine et la médecine dentaire sont des métiers contingentés en Belgique comme dans de nombreux autres pays. Ce contingentement veille à répondre aux besoins en soins de santé de la population tout en assurant la qualité de la formation. Le quota national de numéros INAMI pour une année est fixé par le gouvernement fédéral sur base d’un avis de la commission de planification.

En plus d’un cadastre précis de la force de travail active, des personnes en formation et des demandes de soins, cette commission prend également en compte l’évolution attendue des besoins futurs et une progressive diminution du temps de travail au bénéfice de la qualité de vie des professionnels de santé.

Ce quota fédéral est ensuite réparti au niveau des deux communautés, qui sont en charge de faire respecter le contingentement et d’établir des sous-quotas par spécialité grâce aux travaux de leurs commissions de planification respectives. Une régulation à l’entrée des études est dès lors souhaitable pour assurer que tous les étudiant·es obtenant le diplôme de médecin ou de dentiste puissent accéder à la suite de la formation et à la pratique clinique.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, cette régulation est actuellement assurée depuis 2017 par un examen d’entrée. Le nombre d’étudiant·es ayant pu débuter les études suite à la réussite de cet examen a été systématiquement plus élevé que le quota permis à la sortie, même si l’on tient compte de la déperdition en cours de parcours.

Le ministre Vandenbroucke veut que la FWB régularise cela grâce à un concours. Si la FWB ne s’engage pas à remplacer très prochainement l’examen d’entrée par un concours, les dispositions prévues par le ministre fédéral de la santé prévoient la mise en place d’une attestation de contingentement en fin de première année de bachelier. En l’absence de concours, que ce soit à l’entrée des études ou en fin de première année, la mise en place du contingentement par le Fédéral aboutira à délivrer des numéros INAMI sur des bases non équitables pour nos étudiant.e.s. et ne répondant pas forcément aux besoins en médecins et dentistes. De plus, aucune négociation ne sera possible par rapport aux quotas. Les étudiant·es actuellement dans le cursus ne sont pas non plus assuré·es de recevoir un numéro INAMI après l’obtention de leur diplôme de base.

Ce dossier provoque depuis plus de 20 ans un stress majeur chez les étudiant.e.s francophones, vu l’incertitude d’accès à la pratique clinique au terme d’études longues et difficiles. Suite aux récentes évolutions, les doyens des facultés de médecine et médecine dentaire estiment qu’un concours constitue la mesure la plus adéquate pour plusieurs raisons, à condition de veiller à une évaluation correcte des besoins.

Ce concours permettra :

  • Une transparence plus grande et une nette atténuation de la pression inacceptable sur les étudiant.e.s et leurs familles.
  • D’assurer un numéro INAMI à tous les étudiant.e.s en cours de formation.
  • De tenir compte des quotas établis par la commission de planification pour répondre aux besoins réels de la Fédération et de la déperdition étudiante au cours des études. Vu l’augmentation programmée de ces quotas dans les années futures, nous estimons que les quotas à l’entrée correspondraient à un nombre d’étudiants assez proche de ce que l’examen d’entrée permet actuellement.
  • D’éviter une pénurie en adaptant les quotas aux travaux des différentes commissions de planification. Dans ce contexte, il est important de souligner que les problèmes de pénurie dans certaines régions de notre pays ou dans certaines spécialités ne seront pas résolus uniquement en augmentant le nombre de médecins et de dentistes. Il faudra pour cela mettre en œuvre des incitants à rejoindre ces régions ou ces spécialités.

Le concours combiné à une évaluation permettant de répondre au mieux aux besoins sur le terrain en termes de nombre de médecins et dentistes n’entrainera pas de risque de pénurie.

Les doyens et la doyenne demandent donc instamment au gouvernement de la FWB de mettre en place ce concours, seul processus respectueux des étudiantes et étudiants qui débuteront ces études et de celles et ceux déjà en formation, tant au niveau de l’équité que de la transparence.

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