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Médecin accusé d'assasinat à Huy: quelle différence entre sédation palliative et euthanasie?

Médecin accusé d'assasinat à Huy: quelle différence entre sédation palliative et euthanasie?
23 sept. 2019 à 14:39 - mise à jour 23 sept. 2019 à 14:393 min
Par Julie Calleeuw

Un médecin du centre hospitalier régional hutois est accusé d’un quadruple assassinat : quatre de ses patients sont morts, en un week-end, après avoir reçu des sédatifs. Le docteur a été licencié sur le champ pour non-respect des procédures internes, et un dossier d’instruction a été ouvert par le procureur du roi. Le médecin a été inculpé pour assassinats. Lui se défend de toute intention de donner la mort et affirme avoir voulu soulager la souffrance des patients dans le cadre de soins palliatifs.

Que s'est-il réellement passé ? Les faits doivent encore être éclaircis dans le cas précis de ce médecin.

L'occasion de décrypter deux interventions différentes pouvant avoir lieu en fin de vie: une euthanasie et une sédation palliative – appelée aussi sédation profonde et continue ou sédation terminale.

Qu’est-ce que la sédation palliative ?

"La sédation palliative est définie comme l’utilisation de médicament(s) sédatif(s) visant à diminuer de façon volontaire le niveau de conscience d’un patient en fin de vie, l’objectif étant de contrôler un ou des symptôme(s) réfractaire(s) – c’est-à-dire un symptôme qui ne peut pas être soulagé, NDLR - et jugé(s) insupportable(s) par le patient", selon la définition donnée par le site palliaguide.be. "Le médecin ne cherche pas à interrompre la vie".

"Le but recherché est le confort du patient, explique Jacqueline Herremans, présidente de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité. D’un point de vue technique, on donne des doses importantes de sédatifs, le patient est inconscient. Mais comme on n’est pas assurés qu’il ne souffre pas, on contrôle les symptômes de la douleur, avec de la morphine par exemple".

 "Une sédation profonde et continue ne peut être entreprise que chez des patients dont le pronostic vital est engagé à très court terme, c’est-à-dire dans les heures ou jours à venir (au maximum 2 semaines)", précise encore le site.

"Il est certain que quand une décision de sédation palliative est prise, l’issue c’est la mort", précise Jacqueline Herremans, qui précise que la sédation est très souvent couplée à l’arrêt de l’alimentation et de la boisson.

Quid de la volonté du patient ? "Le consentement doit être recherché systématiquement et anticipé dans la mesure du possible. (…) A défaut d’informations suffisantes, l’équipe jugera elle-même de la nécessité d’entreprendre une sédation, cela dans un cadre collégial et dans l’intérêt du patient", précise le site Palliaguide.be.

Qu’est-ce que l’euthanasie ?

L’euthanasie est définie dans la loi de 2002 comme un "acte (médical), pratiqué par un tiers (médecin), qui met intentionnellement fin à la vie d'une personne à la demande de celle-ci". Lors de l’euthanasie, le produit donné provoque la mort rapidement.

L’euthanasie doit être demandée par le patient, doit répondre à des conditions légales et le médecin est libre d’accepter ou de refuser de la pratiquer, comme l’explique le site du SPF santé publique.

Le patient doit donc demander l’euthanasie et au moment de sa demande, être capable d’exprimer sa volonté et être conscient, se trouver dans une situation médicale sans issue, faire état de souffrance physique et/ou psychique constante, insupportable et inapaisable.

Cette demande doit être faite de manière volontaire, réfléchie, répétée et sans pression extérieure.

Il est aussi possible de faire une déclaration anticipée, dans le cas où le patient se trouverait plus tard dans un état végétatif par exemple, et donc incapable d'exprimer sa demande.

En outre, le médecin à qui l’euthanasie a été demandée doit consulter un deuxième médecin, qui vérifiera que toutes les conditions sont bien remplies. 

Enfin, une fois l'euthanasie effectuée, le médecin devra enregistrer l'acte, sous quatre jours, à la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie.

 

 

Journal télévisé 13H

Sédatifs palliatifs : un médecin de l'hôpital de Huy inculpé

JT 13h

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