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Mauvaises Herbes: une immersion dans l'univers du tag à Bruxelles

L'affiche du film
04 avr. 2014 à 08:39Temps de lecture2 min
Par François Heureux

En s’attaquant au tag et non au graffiti, Catherine Wielant et Caroline Vercruysse n’ont pas choisi la facilité. A l’heure actuelle, en effet, le graffiti et le streetart sont de plus en plus médiatisés. Des artistes comme Banksy, ou Bonom, plus proche de nous, font l’unanimité parmi le grand public. Les tags par contre, ces signatures inscrites à la bombe, font aussi l’unanimité mais contre eux. Pour la plupart des gens, ils salissent la ville et n’apportent rien.

TAG et non streetart

C’est pourtant le sujet choisi par les deux réalisatrices : "ça nous titillait de faire un film sur un truc qui à priori est indéfendable, explique Catherine Wielant. C’est quelque chose de très complexe et qui pose des tas de questions sur la société. Des questions sur la jeunesse, sur la ville, sur ce qui est permis dans l’espace public." Caroline Vercruysse enchaîne: "on a eu envie de montrer les tags, que les gens les regardent ! Parce que la plupart du temps on passe devant sans les voir et là on voulait vraiment poser la caméra sur certains tags et que le spectateur n’ait pas le choix et soit confronté à cette réalité."

Plongée dans la nuit bruxelloise

Pour le film, les deux réalisatrices se sont véritablement plongées dans le petit monde fermé des taggeurs bruxellois. Elles en ont rencontré beaucoup et ont longuement discuté avec eux. Elles les ont même suivis lors de leur virées nocturnes, ce qui donnent des images assez impressionnantes de Bruxelles la nuit. Les actes perpétrés par les taggeurs dans ces scènes sont évidemment illégaux, mais les réalisatrices n’ont pas voulu se focaliser sur cet aspect des choses. "Ce qui nous intéressait était de montrer ce côté artistique, explique Caroline Vercruysse, et les motivations des taggeurs. On se doute que ça peut faire sourire certaines personnes quand on parle d’art pour des tags, mais nous sommes convaincues qu’il y a une recherche artistique chez les taggeurs." "Et puis moi je trouve ça intéressant de se demander quelles sont les frontières de l’art, poursuit Catherine Wielant, qu’est-ce qu’on considère comme artistique et qu’est-ce qu’on considère comme une salissure ? Il y a une frontière très intéressante à explorer."

Au cinéma Aventure

Esthétiquement, le film est très bien réalisé, l’atmosphère qui entoure les virées des taggeurs est très bien rendue par la caméra. Quant au fond, le film atteint ses objectifs. Les réalisatrices n’ont pas l’intention de convaincre les spectateurs des bienfaits du tag. Elles veulent juste les pousser à se poser des questions sur cette réalité urbaine. Et à coup sûr, après avoir vu ce film, plus personne ne regardera les tags en rue de la même manière...

Mauvaises herbes est diffusé en ce moment au cinéma Aventure. Info : www.cinema-aventure.be

Geoffroy Fabre

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