Coupe du Monde 2022

Martinez énervé, De Bruyne frustré, la peur du groupe : les vérités du sélectionneur après la victoire des Diables

Martinez énervé, De Bruyne frustré, la peur du groupe : les vérités du sélectionneur après le succès sur le Canada

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Moins de 24 heures après la laborieuse victoire des Diables Rouges face au Canada (1-0) dans leur premier match à la Coupe du monde 2022, le sélectionneur Roberto Martinez a accordé à la RTBF un entretien exclusif à tête reposée.

Morceaux choisis.

La victoire contre le Canada

"Cette victoire est primordiale. Sans une longue préparation, vous devez trouver le moyen de remporter votre premier match. On peut maintenant analyser les choses, améliorer certains aspects afin d'atteindre le niveau qu'on souhaite durant la suite du tournoi. On n'a pas bien joué, mais on est parvenu à s'en sortir et à trouver une manière de remporter la rencontre. Thibaut Courtois a montré, dans un moment chaud, pourquoi il est le meilleur gardien du monde. On a fait des choses correctement, c'est pour cela qu'on a remporté cette partie. On doit construire sur base de ce match."

La confiance et la peur au sein du groupe

"Le groupe a besoin de gagner en confiance, mais c'est normal d'en manquer lorsque vous prenez part au premier match d'une compétition majeure. Il y a l'aspect émotionnel qui s'ajoute à la situation également. Vous débutez avec certains doutes quand vous avez le ballon. Le processus est normal, il faut un peu de temps pour s'adapter à un tournoi. Le noyau est malgré tout arrivé ici avec de la confiance, avec une bonne compréhension des équipiers. Vous ressentez parfois de la peur dans une Coupe du monde. C'est le plus gros évènement sportif du monde. Vous ressentez de la responsabilité sur vos épaules. Ils ne veulent pas simplement venir et jouer au foot... ils sont là pour gagner des matches. Un autre aspect, c'est la prise de risques du Canada. Ils pressaient très haut. On avait du mal à passer les lignes adverses. On a retrouvé du contrôle dans la deuxième période heureusement."

Eden Hazard et Kevin De Bruyne

Diables Rouges : Eden Hazard

"J'étais heureux du match d'Eden Hazard. Il était en confiance quand il recevait le ballon. Il avait de l'assurance dans sa conduite et sa protection de balle. Son intensité physique était bonne aussi selon moi. Sa contribution était à la hauteur de ce qu'elle doit être dans cette équipe. On sait qu'il y a un être humain derrière le joueur de foot. L'humain a rencontré des moments compliqués depuis deux ans. Son corps lui faisait mal, il a eu des blessures, il a vécu de longues périodes sans jouer. C'était inhabituel durant sa carrière. Il s'est battu. Pour lui, pour l'équipe nationale, pour les supporters. Il y a de la fierté autour de sa prestation. Ce groupe vit ensemble depuis longtemps, il y a une couche d'émotion derrière ce genre de moments. Quand vous êtes un playmaker de la trempe de Kevin De Bruyne, vous voulez avoir le contrôle du ballon. Si vous ne l'avez pas, vous pouvez ressentir de la frustration. C'est normal. Elle vit car vous voulez gagner, vous voulez aider l'équipe. C'est une frustration saine. En équipe, on est tout de même parvenu à passer au-dessus de l'obstacle. Avec Toby Alderweireld, c'était simplement un incident. Ca peut se produire sur un terrain. Ils se connaissent depuis longtemps, il entretiennent une amitié. Il n'y a pas de problème entre eux."

Son énervement à la mi-temps

"La pause d'un match, c'est un moment pour essayer de se relâcher et de retrouver notre véritable identité. Dans ce genre de situations, il faut du courage. Pour demander le ballon, pour essayer des choses. On partait dans la mauvaise direction face à un adversaire qui n'avait rien à perdre. On a fait preuve d'honnêteté les uns envers les autres, on a corrigé ce qui devait l'être. On a aussi utilisé notre expérience des grands tournois, c'était vital. Avant que les choses ne s'emballent, vous avez la possibilité de les changer. On a fait entrer deux joueurs. Ils savaient quoi faire, ils ont affiché la bonne mentalité. Tout le groupe a contribué à cette victoire."

Les remplacements de Tielemans et Carrasco

"Il ne s'agissait pas d'une décision individuelle. Yannick Carrasco avait déjà une carte jaune. Quand vous défendez, vous vous retrouvés parfois à la limite. Ca vous coûte un carton, ça peut arriver. Mais vous ne défendez probablement plus de la même manière ensuite. Youri Tielemans, c'est un playmaker génial. Amadou Onana a apporté un impact physique. Ca a affecté les contre-attaques des Canadiens. On a eu l'occasion de récupérer plus souvent le cuir. Avec trois remplacements, un réserviste avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal. Avec cinq changements, c'est différent. Un match de foot, ça a changé. Cinq changements, c'est la moitié d'une équipe. Je pense qu'on doit faire évoluer les choses dans ce domaine.

Le prochain adversaire, le Maroc

"La disposition tactique entre le Canada et le Maroc est différente, mais les Marocains vont sans doute aussi prendre le risque de presser haut. Si leur pressing ne fonctionne pas, on risque de se retrouver avec de larges espaces. C'était pareil face à l'Italie à l'Euro, mais je peux vous citer de nombreuses rencontres dans lesquelles on est parvenu à briser les lignes de pressing afin d'empocher une victoire confortable. L'exécution de la tactique est plus importante que la tactique elle-même. La priorité pour notre équipe, c'est de continuer de grandir."

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