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Mars-avril 1922 : lorsque le bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max appelle à aider les réfugiés russes en Belgique

Adolphe Max, bourgmestre de la ville de Bruxelles de pendant 30 ans, de 1909 à son décès le 6 novembre 1939.
21 mars 2022 à 07:39 - mise à jour 21 mars 2022 à 12:52Temps de lecture2 min
Par Karim Fadoul

L’élan de solidarité des Bruxellois vis-à-vis les Ukrainiens fuyant la guerre et l’invasion des troupes du président Vladimir Poutine nous renvoie à une autre mobilisation, un siècle auparavant. En mars et avril 1922, les Belges sont invités à aider des réfugiés venus de Russie, alors dirigée par les Bolchéviques.

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles de l’époque, Adolphe Max, va d’ailleurs organiser une collecte le 23 avril de la même année et dénoncer dans un appel à la population, retrouvé dans les archives de la Ville de Bruxelles, les atrocités du pouvoir.

Les horreurs d’une famine

"La Russie désorganisée par le régime soviétique subit les horreurs d’une famine dont l’histoire du monde n’offre point d’exemple…", peut-on lire en introduction du texte du bourgmestre né en 1869 et décédé en 1939.

Dans son appel à la population de 1922, le libéral, veut clairement marquer les esprits. En des termes chocs, il décrit la situation en Russie : "Les cadavres jonchent les routes, les steppes, les bois. Des milliers d’enfants succombent après avoir enduré les affres d’une agonie atroce…"

Mais retour tout de même sur le contexte historique. Cinq ans avant ce texte, la révolution russe d’octobre 1917 a permis aux Bolchéviques de prendre le pouvoir. Lénine et ses proches sont à la tête d’un pays exsangue. La répression s’abat sur les opposants aux Rouges. La population subit sécheresse et famine.

Que reste-t-il de la révolution bolchévique en Russie ?

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En Europe de l’Ouest, et en Belgique notamment, on veut venir en aide à la population locale. Le prince Léopold, futur Léopold III, met sur pied l’œuvre de secours aux enfants russes en Belgique dans le but de les accueillir chez nous.

C’est à la même période qu’Adolphe Max décide de lancer son appel à la générosité auprès de la population bruxelloise afin qu’elle effectue des dons lors de la collecte du 23 avril 1922. "Je prie instamment", écrit le bourgmestre, "tous mes concitoyens de collaborer par leur obole à cette manifestation de charité destinée à sauver la vie de nombreux petits affamés dont les mères, là-bas, se meurent de désespoir et d’épuisement."

Un gouvernement de scélérats

Il ajoute : "Chacun aura à cœur de leur tendre une main secourable."

Adolphe Max pointe aussi du doigt, sans les nommer, les dirigeants de ce qui deviendra quelques semaines plus l’URSS, l’Union des républiques socialistes soviétiques. Lénine et son gouvernement, donc, que le bourgmestre de Bruxelles qualifie de "scélérats" qui ont fait d'"innocentes victimes".

Lénine en 1922, Poutine 100 ans plus tard. Deux leaders russes autoritaires dont les actions violentes ont résonné et résonnent aujourd’hui jusqu’en Belgique.

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