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Mark Van Bommel : cet indispensable roquet au pays du football total

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30 juil. 2022 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Lancelot Meulewaeter

Dans l'imaginaire collectif, l'idée du football néerlandais a toujours résonné avec l'esthétique, la fluidité et l'essence du jeu. Les images des Cruyff, Rensenbrink, Bergkamp ou Gullit ont ancré dans l'inconscient collectif que le ballon était un joyau qu'il fallait caresser. Ce serait oublier que pour voir les meneurs de jeu briller, d'autres hommes de l'ombre devaient opérer les basses besognes au milieu de terrain. C'était le cas de Mark Van Bommel. Le désormais coach de l'Antwerp traîne derrière lui la réputation de récupérateur rugueux doublé d'un arrogant notoire. Mais aussi détestable a-t-il pu être pour ses adversaires, il s'est révélé précieux pour ses entraîneurs. Au point de côtoyer les plus joueurs du XXIe siècle. En passant à un fifrelin d'une victoire en Coupe du monde.

Tacle avec les stars

Tout est résumé un soir de mai 2013. Mark Van Bommel boucle sa carrière au PSV Eindhoven, club qui l'avait fait exploser aux yeux de l'Europe du football. A 36 ans, le gueulard se lance dans un dernier tacle appuyé et se voit brandir le 13e et dernier carton rouge de sa carrière lors de son match d'adieu. Il quitte la pelouse dans un sourire narquois et se félicite d'en avoir fini pour "pouvoir désormais s'occuper de mon jardin."

Réduire Mark Van Bommel à un casseur de jambes serait pourtant malvenu. Pendant des années, il a été la cheville ouvrière de plusieurs formations historiques du foot européen. Il y a d'abord eu le Barça de 2006. Dans cette ère pré-Guardiola, c'est Frank Rijkaard qui dirige les troupes blaugrana. Il voit dans son compatriote un relanceur prometteur, capable de se fondre au coeur d'un jeu déjà régi par Xavi Hernandez et Deco. Cette saison-là, il remporte la Ligue des champions en battant Arsenal. Mais, peu certain de son temps de jeu la saison suivante, il quitte le club pour débarquer au Bayern Munich.

Le Bayern et Milan

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Appelé pour remplacer Michael Ballack, qui a traversé la Manche pour découvrir Chelsea et la Premier League, Van Bommel s'inscrit parfaitement dans le moule bavarois. Dur, travailleur, fonceur, il est indéboulonnable au milieu de terrain. Ses acolytes en pare-choc devant la défense se nomment Zé Roberto ou Bastian Schweinsteiger, et le Batave sert de rampe de lancement à un duo naissant qui va marquer l'histoire du Bayern : "Robbery", le duo formé de Franck Ribéry et Arjen Robben.

Sa moisson bavaroise clôturée sur une défaite en finale de la Ligue des champions 2010, il embarque pour un défi de taille : celui de remporter le Scudetto avec Milan. Là-bas, c'est au côté d'un autre roquet célèbre de son époque qu'il terrorise les offensives adverses. Gennaro Gattuso et lui organisent le Milan de Max Allegri, alors que Zlatan Ibrahimovic enchaînent les buts aux avants-postes. Ensemble, ils remportent le titre 2011, performance restée inégalée jusque 2022.

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Il a pris la main de beau-papa

Avec les Oranje, il dispute un total de 79 matchs répartis en 12 ans. Il côtoie la génération De Boer, Clarence Seedorf, mais aussi un certain Marc Overmars, qu'il retrouve comme directeur technique à l'Antwerp aujourd'hui. Et en 2010, il est le joueur le plus expérimenté de la nation finaliste de la Coupe du monde 2010. Alors âgé de 33 ans, on reproche à celui qui avait mis sa carrière internationale entre parenthèses quelques mois plus tôt d'être revenu en équipe nationale par la grâce du coach Bert Van Marwijk, qui n'était autre que son beau-père. C'est sur le terrain qu'il a prouvé sa valeur, emmenant cette équipe pragmatique à quelques centimètres de soulever la plus belle coupe de l'histoire du football.

Finale : Espagne - Pays-Bas (1-0)

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