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Marie-Martine Schyns renvoie au Parlement la décision de retarder d'un an l'EPC

Marie-Martine Schyns renvoie au Parlement la décision de retarder d'un an l'EPC
29 juin 2017 à 10:563 min
Par RTBF avec Agences

C'est au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de décider s'il faut reporter d'un an l'organisation, dans tout le secondaire officiel, du cours d'éducation à la philosophie et à la citoyenneté (EPC), a estimé jeudi la ministre de l'Education, Marie-Martine Schyns (cdH). Elle répondait à un collectif d'enseignants de morale et de religions qui s'inquiète de l'introduction de cette mesure dès la rentrée de septembre.

Auditionnés jeudi matin en commission du Parlement, les représentants de ce collectif -le Corme- ont dénoncé "l'empressement" du politique à vouloir étendre la réforme au secondaire, alors que son introduction dans le primaire l'an dernier a généré d'énormes problèmes d'organisation et humains.

"Vous jouez un jeu dangereux dont les conséquences sur nos vies sont gravissimes!", ont averti les représentants du Corme devant les députés.

Enseignants contraints de travailler jusque dans douze écoles différentes, problèmes organisationnels liés à la formation complémentaire imposée aux enseignants, discrimination par rapport à l'enseignement libre, règles d'incompatibilité très rigides, menaces de pertes d'emploi, etcc. Autant de raisons qui, selon eux, imposent de reporter le projet d'une année.

Assouplissements

Directement interpellée, la ministre Schyns a dit entendre ces doléances. L'avant-projet de décret devant organiser l'EPC dans le secondaire doit passer jeudi midi en gouvernement (électronique), a-t-elle annoncé. La ministre s'est toutefois dite prête à étudier des assouplissements.

Vu la chute de la majorité PS-cdH en Fédération, Marie-Martine Schyns a toutefois renvoyé la question d'un éventuel report de la réforme à la décision du Parlement. Les projets de textes légaux seront en effet soumis dès la semaine prochaine en commission, avant une adoption attendue le 19 juillet, soit juste avant le début des vacances parlementaires.

"C'est à ce moment-là que les questions (d'un report, ndlr) se poseront", a confié après la commission Marie-Martine Schyns à la presse. "On doit travailler à un plus large consensus des groupes parlementaires. L'idéal serait de voter (les textes) à la plus large majorité possible".

Mais "il faut analyser les conséquences de ces propositions avant de se lancer dans une décision trop précipitée", a-t-elle ajouté.

C'est donc un Parlement à la majorité inexistante depuis lundi dernier qui sera amené à se prononcer sur le report ou non d'une réforme qui fait figure d'un des principaux "acquis" du PS sous cette législature avortée.

Ecolo "craint un effet contre-productif"

Au nom d'Ecolo, Christos Doulkeridis, tout en disant soutenir pleinement l'EPC, s'est clairement prononcé jeudi pour son report vu le malaise des enseignants concernés et la précipitation avec laquelle les écoles vont devoir appliquer des textes adoptés en pleines vacances scolaires.

"Je crains un effet contre-productif", a dit l'écologiste pour qui une introduction à la hussarde aura finalement un effet dissuasif auprès des parents.

Dans les rangs socialistes, on se montrait toutefois opposé à tout report.

"Si l'on fait cela, cela veut dire le maintien du 'cours de rien' (l'EPA) une année de plus dans le secondaire. Cela veut donc dire pas de réel contenu pour les élèves qui ne veulent pas de cours de religion ou morale, et pas de système de protection pour les profs de religion et morale qui perdraient des heures", avertit la députée Christie Morreale. "Les horaires (d'EPC) sont déjà prêts dans certaines écoles. (Un report) risquerait peut-être de compliquer encore plus les choses".

Interrogée après l'audition, Isabelle Moinnet (cdH) s'est dite, elle aussi, opposée à un report de la réforme.

Au MR, les députés étaient divisés sur l'opportunité d'un délai. Une position officielle du groupe était, dit-on, attendue sous peu.

 

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