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Belgique

Marie-Kristine Vanbockestal (Forem) : "Je souhaite que l’enseignement s’approprie la liste des métiers en pénurie."

L'invité de Matin Première: Marie-Kristine VANBOCKESTAL, patronne du FOREM

Les métiers en pénurie

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22 juin 2022 à 07:012 min
Par Aubry Touriel sur la base d'une une interview de Thomas Gadisseux

Le Forem vient de publier la nouvelle liste des métiers en tension de recrutement en Wallonie cette année : 141 fonctions, soit 15 de plus par rapport à la liste de 2021. Construction, Horeca et transport constituent le top 3 des secteurs de métier en pénurie en Wallonie, explique la secrétaire générale du Forem, Marie-Kristine Vanbockestal.

"La situation se dégrade si on voit le nombre de métiers en tension. Il y a 5.500 offres d’emploi dans la construction. Ce n’est pas complètement nul, mais il faut s’inquiéter et trouver des solutions", avertit Marie-Kristine Vanbockestal, l’invitée sur la Matinale de la Première.

Selon la secrétaire générale du Forem, les métiers évoluent et sont traversés par deux grandes transitions : le verdissement et la digitalisation de l’économie : "Les parents des jeunes ont une image assez éculée et très stéréotypée de ces métiers, regrette-t-elle, Le Forem a plus de 343 formations dans ces domaines. Mais il faut des candidats. Ces métiers sont parfois moins pénibles, plus sexy. Un travail de conviction et de sensibilisation est absolument nécessaire."

 

Les primes commencent à fonctionner

Comment attirer les candidats pour ces métiers en pénurie ? Il faut se serrer les coudes, explique Marie-Kristine Vanbockestal : "Tous les acteurs du marché de l’emploi doivent se mobiliser tous ensemble. Ce phénomène est multicausal."

Tout d’abord, elle tend la main au secteur de l’enseignement : "Je souhaite que l’enseignement s’approprie la liste de métiers en pénurie afin de configurer les programmes scolaires."

Des incitants commencent à fonctionner, estime-t-elle : "On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. La méthode de prime commence à fonctionner. Vous recevez par exemple 2000 euros si vous terminez avec succès une formation en construction en Wallonie."

À partir du 1er septembre, un chômeur qui prend un emploi en pénurie continuera de recevoir une allocation de chômage majorée pendant trois mois. "Notre taux d’insertion dans ces métiers varie entre 60 et 95%, mais il y a toujours un risque que ça ne corresponde pas", ajoute l’invitée.

Le chagrin de la Wallonie

Alors qu’on vient de passer sous la barre des 200.000 chômeurs en Wallonie, il y a le plein-emploi en Flandre. "C’est un peu le chagrin des Wallons, commente Marie-Kristine Vanbockestal, 43% des chômeurs wallons ont un niveau d’employabilité très faible : chômeur de longue durée ou déqualifié. Il faut mobiliser cette réserve de main-d’œuvre en les accompagnant."

Comment inciter les Wallons à aller travailler en Flandre ? Les deux agences d’emploi ont des programmes de collaboration, assure la secrétaire générale du Forem. "Il y a à peu près 20.000 travailleurs wallons qui se rendent tous les jours en Flandre. On y travaille. Mais il y a aussi un problème culturel : une perception du travailleur wallon sur la Flandre qui ne l’incite pas à y aller. Il faudrait peut-être travailler sur les mentalités. Le barrage de la langue reste également un frein."

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