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Agriculture

Marianne Streel au sujet de la pénurie et la hausse des prix des matières premières : "Les agriculteurs demandent à cultiver les jachères européennes"

L'invitée de Matin Première: Marianne Streel, Présidente de la FWA

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Marianne Streel était l’invitée de Matin Première ce mardi 29 mars. La Présidente de la Fédération wallonne de l’Agriculture s’est exprimée au sujet de la crise agroalimentaire due entre autres au conflit russo-ukrainien.

Pour le monde agricole, la guerre a trois impacts majeurs : la hausse des tarifs de l’énergie, la hausse des coûts du bétail et enfin, la hausse des prix des engrais destinés à assurer la production agricole. Les prix pourraient augmenter de 10 à 20% selon les conditions climatiques et la tournure des événements en Ukraine. Car la Russie et l’Ukraine sont de grands exportateurs d’énergie mais également de matières premières. Ainsi, ces deux pays représentent 30% des exportations de produits sur le marché mondial ainsi que 50% de la production d’huile de tournesol dans le monde, affirme la Présidente de la Fédération wallonne de l’Agriculture.

Pour cette raison, Marianne Streel s’attend à voir des pénuries survenir. Pour les contrer, l’agricultrice qu’elle est utiliserait du blanc de bœuf dans ses productions, "mais en tant qu’industriel, je crains que ce soit l’huile de palme avec toutes les répercussions environnementales que cela peut avoir."

Outre les produits de substitution, l’une des solutions ne pourrait-elle pas être de produire plus ? C’est en tout cas ce que demandent les producteurs. "Ce n’est pas tellement pour la production chez nous mais pour l’impact qui se fait déjà ressentir internationalement", affirme la Présidente qui prône pour une "solidarité internationale". "On double aujourd’hui les prix du céréale pour l’Egypte et d’autres pays d’Afrique du Nord qui dépendent des autres produits pour nourrir leurs populations. Ces pays ont souvent peu de moyens financiers. On risque de revivre ce que nous avons connu avec le printemps arabe suite à l’augmentation du prix des céréales en 2008."

Nous irons vers une augmentation de la production de foin pour nourrir le bétail et essayer de diminuer le coût de nos productions alimentaires

Et pour produire plus, la filière envisage de cultiver les jachères européennes : "Pour pallier au 30% de céréales que nous n’aurons pas suite à l’embargo sans doute russe, les problèmes de semis et de récoltes en Urkraine, les agriculteurs demandent de pouvoir produire sur les jachères en Europe. En Wallonie, on n’a que 610 hectares de jachères, c’est très peu. On pourra soit cultiver ces jachères, soit faire pâturer le bétail soit couper l’herbe", affirme la Présidente. "Chez nous, les jachères sont peu cultivables. Donc, nous irons plutôt vers une augmentation de la production de foin pour nourrir le bétail et essayer de diminuer le coût de nos productions alimentaires." En effet, si les bovins wallons se nourrissent principalement d’herbe, les élevages de porcs (peu nombreux) et de volailles, eux, n’ingurgitent que des céréales, précise Marianne Streel.

Et produire plus sur les terres belges déjà réservées à cet effet est également impossible : "On est en plein semis de printemps mais nos assolements, nous les faisons au mois d’août. Notre marge de manœuvre est très limitée. Nous avons des contrats signés et devons respecter à la fois la rotation et les autres acheteurs de nos productions, que ce soit le lin, les petits pois etc."

Limiter les coûts

Comment agir dès lors pour faire baisser le prix de la facture des agriculteurs ? Pour Marianne Streel, l’une des solutions consiste à répercuter les coûts de production sur l’ensemble des maillons du secteur et pas uniquement sur le premier, le maillon de la production. "Il faut aussi que les grandes surfaces soient bien conscientes des difficultés des maillons précédents y compris la transformation et qu’on essaie aussi de limiter l’impact sur le consommateur."

 

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