Mariage homosexuel: "Mgr De Kesel a toujours fait preuve d'une grande ouverture d'esprit"

Mariage homosexuel: "Mgr De Kesel a toujours fait preuve d’une grande ouverture d’esprit"

© KURT DESPLENTER - BELGA

06 mai 2018 à 12:53 - mise à jour 06 mai 2018 à 12:53Temps de lecture2 min
Par Patrick Michalle

C’est à l’occasion d’une rencontre avec une délégation de chrétiens homosexuels à Malines que le cardinal De Kesel, primat de l’Eglise de Belgique, a précisé l’attitude qu’il préconisait pour rencontrer leur demande de doubler par un "symbole chrétien" leur union.

Pour Christian Laporte, journaliste à La Libre Belgique et observateur de l’Eglise catholique, la prise de position de Mgr De Kezsel, sans aller jusqu’à la reconnaissance du mariage homosexuel, tranche radicalement avec celle de son prédécesseur Mgr André-Joseph Léonard

"On est dans un contexte relativement favorable depuis l’arrivée du pape François au Vatican, analyse Christian Laporte. (…) Mgr De Kesel a toujours fait preuve d’une grande ouverture d’esprit. Quand il a été nommé archevêque, dans ses premières déclarations, il a directement fait allusion à cette nécessité de s’ouvrir à certaines différences et ne pas toujours stigmatiser. Il prenait là le contrepoint de Mgr Léonard. C’est cela qui fait qu’aujourd’hui il peut aller un peu plus loin. Et il n’est pas seul. Il y a d’autres évêques qui osent prendre la parole un peu plus haut, notamment Mgr Bony, l’évêque d’Anvers."

La proximité avec le chanoine Pierre de Locht

Et Christian Laporte de rappeler les contacts étroits entretenus par le passé entre Jozef De Kesel et le chanoine De Locht, connu pour ses positions avant-gardistes en matière de mœurs et d’éthique : "A son décès en mars 2007, aucun prélat n’était présent à ses funérailles à l’exception de Jozef De Kesel qui était à l’époque évêque de Bruxelles."

Cette prise de position à titre personnel de Jozef De Kesel n’est pas révolutionnaire en soi mais elle témoigne d’un changement de cap par rapport à la vision conservatrice de certains pans de l’Eglise. Pour Christian Laporte, ce qui se passe n’est pas sans rappeler le Concile Vatican II : "Sur le plan du dialogue inter-religieux, l’Eglise a quand même, selon l’expression de l’époque, ouvert toutes grandes ses fenêtres au monde et ne s’est plus considérée comme la seule et unique vérité ".

Un retour de flammes toujours possible

Mais au sein de l’Eglise catholique des courants très conservateurs subsistent, très traditionnels qui eux sont tout-à-fait opposés et qui attendent les réformistes au tournant. Pour Christian Laporte, le pape François avance à tout petits pas depuis cinq ans : "On n’en est plus à l’époque des Borgia où on assassinait les papes, mais on reste quand même à une période où le changement reste quelque chose de très difficile à effectuer dans cette Institution."

Sur le plan des principes et des textes, la reconnaissance du mariage homosexuel par l’Eglise catholique n’est pas pour demain.

Ecoutez l'analyse de Christian Laporte, journaliste à La Libre Belgique

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