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L'atelier des muses

Maria Szymanowska, l’une des premières pianistes virtuoses professionnelles du XIXe siècle

Portrait de Maria Szymanowska (1789-1831)
24 janv. 2022 à 07:302 min
Par Hélène Michel

Être compositrice et influencer Frederic Chopin, ce n’est pas rien. Ce sera pourtant le destin de la musicienne polonaise Maria Szymanowska qui deviendra l’une des premières pianistes virtuoses professionnelles du XIXe siècle.

"Le plus fou des talents"

Maria est née l’année de la révolution française, en 1789, à Varsovie dans une fratrie de dix enfants. Une famille aisée, cultivée, qui aimait recevoir des artistes à la maison, dont le compositeur Józef Elsner qui sera le professeur de Chopin, ou Franz Xaver, le fils de Mozart. La petite Maria va recevoir une éducation poussée, elle apprend dès l’âge de 8 ans le polonais, le français, la géographie, le maintien, l’étiquette, comme toute jeune fille de bonne famille. Et comme elle improvisait facilement toute seule sur une modeste épinette, elle apprend aussi le piano un instrument qui va la passionner. Elle va très vite démontrer une précocité musicale extraordinaire. Elle possède des dons qui vont faire d’elle, selon un mot de Goethe, "le plus fou des talents".

A l’âge de 21 ans, la jeune Maria se marie et devient une pianiste virtuose. Elle part pour Paris, où elle joue devant Cherubini, qui lui dédicace sa Fantaisie en do majeur, et qui l’encourage à composer, tout comme John Field, Antonio Salieri et Johann Nepomuk Hummel.

Elle se produit à Dresde, Vienne, Londres, Saint-Pétersbourg, Berlin, et charme son audience dans toute l’Europe.

Le piano comme confident

A partir de 1920, elle décide de s’installer définitivement à Saint-Pétersbourg, et devient pianiste de la cour de Russie. Sa carrière suscite des tensions dans son mariage, mais la musique passe avant tout, elle décide de prendre son indépendance et quitte son mari, mais garde avec elle ses 3 enfants. Elle multiplie les concerts en Russie, présente des conférences sur la technique pianistique et donne des cours pour subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Les témoignages sur ses interprétations sont élogieux. On évoque son style gracieux et noble, sa grande précision, son charme romantique, des caractéristiques qui feront forte impression sur le jeune Chopin, pour qui le piano de Maria Szymanowska est "universel, capable d’imiter le violon de Paganini ou le chant de Giuditta Pasta".

Ses compositions pour piano, ses mélodies, sa musique de chambre préfigurent le style polonais brillant de Chopin. Notamment ses études qui recèlent des éléments de la technique d’écriture développée par Chopin. Et comme pour Chopin, le piano n’est plus seulement un instrument mais devient un véritable confident. Szymanowska organise aussi chez elle, à Saint-Pétersbourg de nombreuses soirées musicales, des salons auxquelles assistaient des musiciens, des poètes, des artistes et des amis, parmi lesquels poète Adam Mickiewicz, qui finira par épouser sa fille cadette. Michaël Glinka, Alexandre Pouchkine fréquentent également régulièrement ces soirées privées.

Malheureusement en 1830, une épidémie de Choléra éclate et Maria Szymanowska est atteinte. Elle meurt prématurément à l’âge de 42 ans.

Malgré sa courte vie, Szymanowska a cependant pu accomplir beaucoup en tant que musicienne et contribuer au développement du piano et de la musique vocale. Elle nous a laissé une centaine de pièces pour piano, une trentaine d’œuvres vocales et quelques partitions de musique de chambre, dont certaines ont été éditées de son vivant.

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Maria Szymanowska

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