Economie

Marc Goblet: "Le modèle belge de la concertation est en danger"

Marc Goblet réclame au gouvernement l'ouverture d'une "véritable concertation"

© THIERRY ROGE - BELGA

29 avr. 2015 à 14:34 - mise à jour 29 avr. 2015 à 15:45Temps de lecture2 min
Par Belga News

Après avoir vu son parcours retracé avec un certain humour par la ministre fédérale de l'Environnement Marie-Christine Marghem (MR), le "patron" francophone du syndicat socialiste a pris la parole pour souligner les dangers auxquels fait face le modèle belge de concertation. Parmi la soixantaine de membres du prestigieux business club présents figurait notamment le ministre d'Etat Mark Eyskens.

Le dirigeant syndical a débuté son discours en revenant sur les différents événements survenus depuis sa prise de fonction à la tête de la FGTB en septembre dernier. Il estime que le programme du gouvernement Michel, et ses mesures en matière d'index, de pensions ou encore de chômage, "obligeait" les organisations syndicales "à la riposte".

Marc Goblet a ensuite dénoncé la manière dont l'exécutif envisageait le dialogue social. "Le gouvernement se dit favorable à la concertation, mais il décide seul. Après l'action du 15 décembre, un accord unanime est intervenu au Groupe des 10, mais le gouvernement a modifié ou ajouté des éléments et n'a pas appliqué l'accord malgré des promesses de Charles Michel et Kris Peeters. C'est incompréhensible. On ne fait pas grève pour faire grève, mais nous n'avons pas d'autre arme lorsque l'on constate qu'il n'y a pas d'ouverture. La concertation, c'est appliquer l'ensemble d'un accord, pas 90 ou 95%."

Marc Goblet a répété son opposition notamment au saut d'index, que la FGTB a décidé, comme ses homologues chrétien et libéral, de combattre devant la Cour constitutionnelle, ainsi qu'aux mesures liées aux fins de carrières.

"Nous avons fait beaucoup de concessions", explique-t-il, confiant que "la FGTB a même proposé 0% d'augmentation en 2015 et 2016 pour peu qu'on ne touche pas à l'indexation.

"Ce sont des représentants (du patronat, ndlr) qui ne veulent pas tenir compte de la réalité sociale et économique, c'est ça le message que j'ai voulu leur faire passer", a-t-il confié à nos journalistes. 

Conscient qu'il s'exprimait face à un auditoire loin d'être acquis à sa cause, il a également insisté sur le fait qu'il n'était "le bras armé de personne, et certainement pas du PS". Le secrétaire général estime par ailleurs qu'on lui "donne beaucoup d'importance" en ce qui concerne l'opposition syndicale au gouvernement, mais il rappelle que les plans d'actions ont été adoptés en front commun.

En ce qui concerne le vote intervenu mardi, par lequel les affiliés du syndicat socialiste ont écarté l'éventualité d'une grève le 12 mai, Marc Goblet assure que celui-ci ne change rien à la détermination de ses troupes. "Nous avons tourné une page, on ouvre maintenant un nouveau livre. Que le gouvernement accepte une vraie concertation. Si l'on ne parvient pas à un résultat, je l'accepterai, mais pour une véritable concertation, il faut d'abord être deux, puis trois. Nous n'avons plus eu de contacts depuis des semaines, il faut sortir de cette impasse."

RTBF avec Belga

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