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Histoire des contes

Manneken Pis a t-il sauvé Bruxelles des envahisseurs ?

L’Histoire surprenante des contes de fées

Episode 2 : Mannekenpis

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30 déc. 2021 à 08:00 - mise à jour 30 déc. 2021 à 08:003 min
Par Christian Rousseau

Comme son pays, il est tout petit, mais aussi irrévérencieux, gai, malin et plein d’humour...

De symbole il est devenu fontaine ; de pierre, il est devenu bronze ; et il continue au fil des siècles, imperturbable, sa petite besogne, au grand ébahissement de toutes celles et ceux qui le rencontrent au cœur de Bruxelles. Anobli, décoré, salué, maintes fois volé, emprunté ou copié, il a reçu pas moins d’un millier de vêtements et sa garde-robe ferait pâlir nos créateurs anversois. Mais comment ce Petit Poucet à la belge est-il devenu le plus gai souvenir de notre antique cité, puis de là, une star mondiale ? Et bien, il n'existe pas une mais plusieurs histoires du plus ancien bourgeois bruxellois.

 

L’histoire - ou plutôt les histoires

#1

Il était une fois, un petit garçon qui se promenait avec son papa et sa maman, deux respectables bourgeois. C’était un jour de fête dans la ville de Bruxelles, qu’on appelait d’ailleurs Brossela, du nom des marais qui entouraient la bourgade. Les maisons étaient ornées de tapisseries et les portes de branches de hêtre. Tous les habitants étaient sortis dans la rue pour danser, boire de la bière et écouter les ménestrels jouer de la trompette, du tambourin et de la flûte.

On se bousculait beaucoup mais le petit homme s’amusait énormément, si bien qu’il finit par lâcher la main de sa maman pour mieux voir le spectacle. Affolés, ses parents le cherchèrent partout… mais en vain. Ce n’est qu’après 5 jours de recherches acharnées, que le père, arrivé au coin de la rue de l’Etuve et de la rue du Chêne, vit enfin son petit garçon. Avait-il l’air affolé, perdu, en mauvaise santé ? Et bien non ! Le petit était tout simplement en train de se soulager, sans souci des passants qui souriaient d’aise devant ce spectacle fort naturel…

 

#2

Il était (encore) une fois, un petit garçon qui avait sauvé la ville de Bruxelles contre des envahisseurs en faisant pipi sur une bombe…

 

#3

Il était (encore) une fois, un petit garçon qui se promenait quand il fut pris d’une envie pressante… Sans faire bien attention à l’endroit où il se trouvait, il se mit à faire pipi sur le pas de la porte d’une petite maison, au croisement de la rue du Chêne et de la rue de l’Etuve, ainsi appelée parce qu’à l’époque, il y avait là un bain public ! Mais c’est aussi et malheureusement là que vivait … une terrible sorcière. Elle était très vieille, très laide et très méchante… Quand la sorcière entendit le bruit que faisait le petit garçon en se soulageant sur le pas de sa porte, elle sortit de sa maison, furieuse…

 

 

L’origine de la légende

Ses aventures se perdent dans la nuit des temps... Sauveur d’une cité assiégée, symbole d’une armée victorieuse, revanche d’un enfant sur une sorcière, ou tout simplement petit garçon qui fait pipi dans la rue, nul ne pourra jamais prétendre connaître l’origine de sa légende.

On ne sait pas comment il s’appelait car les légendes qui parlent de lui sont très anciennes, mais les historiens, les conteurs, les poètes, et tous ceux qui ont écrit son histoire, lui ont donné depuis le surnom de Manneken-Pis, le petit homme… qui fait pipi !

Une chose est sure : le surnom de petit Julien qu’on lui attribue parfois, remonte à une vieille erreur. En effet, on a retrouvé dans de vieux textes administratifs datant du début du 13ème siècle, des références à une autre fontaine toute proche : la " fontaine du petit Julien ". On a donc confondu à tort les deux fontaines, pourtant bien distinctes. La fontaine du petit Julien a en réalité disparu il y a bien longtemps.

Pour ce qui est de la statue du Manneken-Pis, les archives font remonter son apparition au début du 13e siècle… A l’origine, elle était en pierre… mais le temps a fait son œuvre, ce qui expliquerait pourquoi on l’a remplacée par une statue de bronze vers 1619. Cette dernière était l’œuvre de Jérôme Dusquenoy l’ancien, un grand sculpteur bruxellois de l’époque.

Mais ce n’est pas cette statue que l’on peut admirer Rue du chêne. Le Manneken-Pis a été plusieurs fois volé, abîmé, partiellement détruit, et finalement, on a décidé de le remplacer par une copie en 1965. L’original n’est pas très loin, il a été mis en lieu sûr, au Musée de la Ville.

Maintenant… avec toutes ces aventures, il est difficile de dire si cette statue censée être " originale " est bien celle qui a été réalisée par Duquesnoy ou s’il s’agit d’une reconstitution…

 

 

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