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Manifestation contre les mesures sanitaires à Bruxelles : "Nous reprenons notre liberté", affirme l'une des organisatrices

Plusieurs personnes ont été arrêtées.

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09 janv. 2022 à 12:09 - mise à jour 09 janv. 2022 à 16:56Temps de lecture4 min
Par Lavinia Rotili , Estelle De Houck, Laurent Henrard, Jérôme Durant avec agences

Une nouvelle manifestation contre les mesures sanitaires a débuté ce dimanche. Le rassemblement a démarré aux alentours de 13 heures au départ de la Gare du Nord. Peu avant 16 heures, les manifestants ont rejoint le parc du Cinquantenaire.  

L’objectif des participants : dénoncer les restrictions sanitaires mises en place par les autorités depuis le début de la pandémie.

Selon la police, il y avait 5000 participants. Les organisateurs, en revanche, ont avancé un chiffre de 20.000 à 25.000 personnes. Les journalistes sur place estimaient qu’il y avait 10.000 personnes.

En fin d'après-midi, selon la police, il y a eu une trentaine d'arrestations administratives et "quelques arrestations judiciaires". Les forces de l'ordre précisent également avoir procédé l’arrestation administrative de 11 personnes avant le début de la manifestation : "Ils étaient en possession de moyens pyrotechniques ainsi que de matériel inflammable", a-t-elle détaillé. 

Un petit groupe a cherché la confrontation avec la police 

Peu avant 16 heures, un groupe a cherché la confrontation avec la police dans le quartier européen. Des projectiles avaient été lancés et le feu avait été bouté à des sapins de Noël. 

Nos équipes sur place avaient en effet constaté qu'un groupe se rassemblait face aux forces de l'ordre, qui ont réagi en bloquant en rangs serrés les accès et la sortie.

La police a alors procédé au refoulement de ce petit groupe. Le calme est ensuite revenu. Selon les équipes RTBF présentes sur les lieux, les opérations se sont terminés peu après.

"Nous reprenons notre liberté"

"Nous avons gentiment tendu la main et demandé qu'on nous rende notre liberté. Aujourd'hui, en ce début d'année, nous la reprenons nous-mêmes", a affirmé Sarah Melis, l'une des organisatrices de la manifestation contre les mesures sanitaires qui a eu lieu ce dimanche à Bruxelles.

"On aurait pu penser que les politiciens auraient pris acte d'une manifestation de cette ampleur, mais on a juste craché sur nous. Bien que de plus en plus de scientifiques disent que la société peut s'ouvrir à nouveau, on opte pour plus de répression et de restrictions de libertés", a-t-elle ajouté.

Cette dernière a rappelé les demandes des manifestants: "Premièrement, des investissements structurels dans les soins de santé. Jamais plus un pays ne devrait restreindre les libertés de sa population parce que des économies ont été réalisées dans le secteur de la santé. Deuxièmement, le démantèlement du groupe d'experts qui se sont trompés d'innombrables fois dans leur approche et qui ne sont guère plus que des chiens de compagnie de l'industrie pharmaceutique. À la place, embauchez des scientifiques honnêtes", a-t-elle indiqué en appelant à un remplacement complet des membres du Gems.

Enfin, "arrêtons la stigmatisation et la polarisation constante entre jeunes et vieux, entre vaccinés et non vaccinés. Monsieur De Croo, présentez vos excuses à la population pour la mauvaise gestion et pour votre gouvernement tyrannique", a conclu Sarah Melis.

Il s’agissait de la quatrième manifestation "pour la liberté". Les manifestants se réunissaient notamment contre l’obligation vaccinale du personnel soignant et contre le Covid Safe Ticket (CST) suite à l'appel  du mouvement "Ensemble pour la liberté", rassemblant plusieurs associations.


►►► À lire aussi : Qui sont les organisateurs de la Marche pour la liberté de ce dimanche ?


 

Chez certains participants, les motivations varient. C’est le cas de Joachim, un père de famille tout droit venu du Brabant wallon pour se joindre au rassemblement. "Je manifeste en tant que père de famille car je suis contre le masque pour les enfants", explique-t-il.

"Je ne comprends pas ces mesures des autorités qui n’ont aucun sens", témoigne un peu plus loin une manifestante présente à chaque manifestation.

"Liberté bafouée", "Non au pass sanitaire", "Le gouvernement nous mène à l’abattoir", est-il notamment écrit sur les pancartes des manifestants. Des slogans comme "Touche pas à nos enfants" étaient tout aussi présents, en référence à la décision des autorités belges d'autoriser la vaccination des 5-11 ans.

Encadrement de la manifestation

Dans un communiqué, les organisateurs avaient insisté sur le caractère "pacifique" du rassemblement. Il faut dire que les marches précédentes ont été épinglées par des affrontements avec les forces de l’ordre.

Lors de la dernière manifestation, un petit groupe de casseurs s’en est pris à la police, lui lançant des pétards, des branches, des pavés et des bouteilles en verre. Les forces de l’ordre disaient avoir procédé à 55 interpellations.


►►► À lire aussi : Manifestation à Bruxelles contre les mesures sanitaires : 55 interpellations après des débordements entre des casseurs et la police


Pour éviter tout débordement, un dispositif de police encadrait le cortège.

Réaction d’Alexander De Croo

"Ce n’est pas interdit", a souligné le Premier ministre Alexander De Croo sur le plateau de VTM, en évoquant cette manifestation. "Mais il y a une très grande majorité silencieuse qui fait ce qu’il faut", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a mis en garde les manifestants contre tout dérapage. "Celui qui se comporte mal sera arrêté." Le chef du gouvernement a par ailleurs défendu la légalité du passe sanitaire, à travers le certificat vaccinal. Il s’est également étonné de la remise en cause de son caractère scientifique. "C’est totalement insensé", a-t-il souligné.

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