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Maltraitances à l'école d'équitation de Gesves: discipline de fer ou brimades inutiles?

17 nov. 2017 à 11:21 - mise à jour 17 nov. 2017 à 19:252 min
Par François Louis

Suite aux accusations de brimades et de harcèlement à l'Ecole provinciale d'équitation et d'élevage de Gesves, plusieurs anciens élèves montent au créneau, les uns pour défendre leur école et leurs professeurs, les autres plutôt pour corroborer les allégations de maltraitance.

Une jeune femme de 24 ans, qui travaille actuellement dans un manège en France, raconte : "Je me souviens d'un prof de garde le week-end qui s'amusait à frapper les étudiants avec une chambrière (sorte de longue cravache ndlr). Il trouvait ça marrant. A l'époque, cela ne nous choquait pas. On trouvait ça normal. Mais maintenant avec le recul, je ne trouve pas ça drôle du tout. Un coup de cravache, même pour rigoler, je peux vous dire que ça fait mal."

Du harcèlement sexuel ? "Ni plus ni moins qu'ailleurs, estime ce témoin. Simplement, les jolies filles étaient l'objet de plus d'attention que les autres". Des expressions déplacées dans le chef des professeurs, du type "Imagine que tu fais l'amour à ta selle" ? "Oui, j'ai déjà entendu ce type de choses. Encore une fois, cela ne nous choquait pas. Mais avec du recul, sachant que nous étions des adolescentes, ce n'est pas normal."

On n'est jamais très loin de la discipline militaire

D'autres anciens élèves, au contraire, se disent choqués par ces accusations portées contre leurs professeurs. Les témoignages de soutien se sont accumulés sur les réseaux sociaux avec le hashtag #jesoutiensmesprofs. Laura Chauveheid, élève de 2006 à 2011, explique qu'elle "n'a jamais assisté à des comportements violents ou dégradants de la part des professeurs de l'école. L'EPEEG est une école qui pratique une discipline stricte, mais absolument nécessaire quand on prétend travailler dans le milieu équestre."

"L'équitation, c'est un milieu très particulier, explique une ancienne responsable de l'école. On n'est jamais très loin de la discipline militaire. Il y a une rugosité, une dureté qui passent peut-être moins bien qu'avant auprès de certains élèves ou de certains parents."

Quoi qu'il en soit, les quatre professeurs de pratique équestre ont été provisoirement écartés de leur fonction. Le Collège provincial a annoncé ce jeudi qu'il allait pourvoir à leur remplacement pour permettre à l'école de poursuivre ses activités. Le Parquet a ouvert une enquête. Entre discipline rigoureuse et brimades inutiles, c'est maintenant à la justice de faire la part des choses.

Reportage dans notre JT 13h

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