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Mali : l’Afrique de l’Ouest menace de sanctions les opposants à son plan de sortie de crise

Ibrahim Boubacar Keïta
27 juil. 2020 à 16:51Temps de lecture2 min
Par AFP

La Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a menacé ce lundi de sanctions ceux qui s’opposeront à son plan de sortie de crise au Mali, qui prévoit le maintien au pouvoir du président Keïta, mais prône la constitution rapide d’un gouvernement d’union nationale et des élections législatives partielles.

Vers un processus de normalisation forcé ?

Les 15 chefs d’Etat de la Cédéao, à l’issue d’un sommet virtuel, ont prévu un régime de sanctions "contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation", à mettre en œuvre avant ce vendredi, a déclaré en conclusion des travaux le président en exercice de l’organisation régionale, le chef de l’Etat nigérien Mahamadou Issoufou.

Le sommet a appuyé les recommandations de la médiation menée par la Cédéao sous l’égide de l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, qui n’ont jusqu’ici pas obtenu l’aval du mouvement du 5-juin (M5-RFP), qui réclame depuis le mois de juin la démission du chef de l’Etat malien Ibrahim Boubacar Keïta, a-t-il expliqué.

Pour sortir de la crise dont l’élément déclencheur est une décision controversée de la Cour constitutionnelle, qui a révisé partiellement les résultats des législatives de mars-avril, ces demandes incluent la "démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée, y compris le président du Parlement", Moussa Timbiné, a indiqué le président de la Cédéao.

Ouvrir la voie aux élections

La majorité du président Keïta devra "tout mettre en œuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles". En attendant, le parlement "pourra fonctionner avec les 116 députés restants", a dit Mahamadou Issoufou.


►►► Lire aussi : Mali : des dizaines de milliers de manifestants réclament le départ du président Keïta


Le sommet préconise également une "recomposition rapide de la Cour constitutionnelle", dont les trois membres choisis par le parlement seront désignés après la démission des 31 députés contestés. En cas de blocage, le président Keïta pourra nommer les 9 membres de la Cour, a-t-il dit.

Conformément au plan déjà présenté, les chefs d’Etat ont également demandé ce lundi la "mise en place rapide d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile".

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