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Mali: des soldats français et maliens sont entrés dans Diabali

Des chars français le 20 janvier 2013 stationnés près de Bamako en partance pour Sevare dans le nord du Mali

© Eric Feferberg - AFP

19 janv. 2013 à 05:15 - mise à jour 21 janv. 2013 à 10:42Temps de lecture4 min
Par AFP

Une colonne d'une trentaine de véhicules blindés dans laquelle se trouvaient quelque 200 soldats maliens et français est entrée dans la ville vers 09H00 (10h00 heure belge) sans rencontrer de résistance, selon le journaliste de l'AFP qui accompagnait les militaires.

Toutefois, les responsables des deux armées craignaient qu'en ayant quitté la ville les combattants islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), aient posé des mines.

L'entrée de la colonne avait été précédée par des vols de reconnaissance d'hélicoptères légers Gazelle de l'armée française.

La colonne avait quitté à l'aube la ville de Niono, à 350 km au nord-est de Bamako. Niono est elle-même située à 60 km au sud de Diabali où des missions de reconnaissance ont été effectuées ces derniers jours par l'armée malienne.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait indiqué dimanche que Diabali n'avait "pas encore" été reprise par les forces maliennes. "Tout laisse à penser que l'évolution de Diabali va être positive dans les heures qui viennent", avait-il cependant ajouté.

Des témoignages d'habitants avaient affirmé que les islamistes avaient abandonné la ville après des frappes aériennes françaises, le 17 janvier.

L'armée malienne avait patrouillé samedi en périphérie de Diabali, où la situation "n'était pas très claire", avait indiqué un officier français à Niono. Il avait cependant ajouté que, "a priori, les combattants rebelles ont quitté la ville", tout en soulignant leur "détermination à se battre et leur mobilité".

Un colonel de l'armée malienne avait de son côté affirmé: une "frange de la population de Diabali a adhéré aux thèses jihadistes et nous devons être prudents pour les prochaines heures".

Les jihadistes promettent plus d'"opérations"

Le groupe jihadiste qui a organisé l'attaque suivie d'une prise d'otages massive contre un site gazier du centre-est algérien a de son côté promis dimanche "plus d’opérations pour tous les pays ayant pris part à la croisade" au Mali, dans un communiqué publié par un site d'information mauritanien.

"Nous rappelons à nos frères musulmans la nécessité de se tenir à l’écart des sites des sociétés étrangères, notamment françaises, pour protéger leur vie", ont ajouté les Signataires par le sang, la katiba (unité combattante) de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, un ancien haut responsable d'Aqmi.

En France, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a affirmé dimanche que "l'objectif, c'est la reconquête totale du Mali. On ne va pas laisser des poches" de résistance, tout en espérant que la force régionale africaine en cours de déploiement prenne rapidement le "relais" de l'intervention française.

Il a aussi assuré sur la chaîne de télévision France 5 que les sept otages français au Sahel étaient "vivants", peu après une rencontre de leurs familles avec le président français François Hollande.

Promesses d'aide

De nouveaux pays ont répondu dimanche aux demandes d'aide logistique et financière de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour le déploiement de la Misma (Mission internationale de soutien au Mali).

Berlin, qui a déjà annoncé l'envoi de deux avions de transport, a promis une aide financière supplémentaire aux pays africains pour la réunion des donateurs prévue le 29 janvier à Addis Abeba.

Moscou a proposé à la France d'acheminer des troupes ou matériels français tandis que le Canada prendrait en charge une partie du transport de la force africaine au Mali.

Les Etats membres de la Cédéao ont quant à eux été appelés à fournir "sans plus tarder" les troupes promises à la force qui a reçu mandat de l'ONU pour aider le Mali à reprendre le contrôle de sa partie nord occupée depuis plus de neuf mois par des groupes armés islamistes qui y ont multiplié les exactions.

Le président de la Commission de la Cédéao, Désiré Kadré Ouédraogo, a appelé la communité internationale à "se mobiliser" pour boucler le financement de la Misma. Selon lui, un "première évaluation" situe les besoins à "environ 500 millions de dollars" (quelque 375 millions d'euros).

"Mais ce chiffre peut varier en fonction des nécessités" sur le terrain, a-t-il précisé à la télévision publique ivoirienne RTI.

Les besoins pour les opérations de la Misma étaient évalués jusque-là entre 150 et 200 millions d'euros. L'Union européenne a décidé de participer au financement à hauteur de 50 millions d'euros.

La force africaine bientôt déployée

Quelque 2000 membres de la Misma doivent être déployés d'ici au 26 janvier. Plus de 150 soldats sont déjà arrivés à Bamako, dont une cinquantaine de Sénégalais sur les 500 promis par Dakar.

Le président tchadien Idriss Deby Itno a visité dimanche le premier contingent de 200 soldats tchadiens, sur 2000 promis, stationnés sur une base militaire à Niamey (Niger) avant qu'ils n'aillent au Mali.

Les Tchadiens, aguerris et rompus au combat dans le désert, devraient apporter une forte plus-value à la Misma.

Au Nigeria, le groupe islamiste Ansaru a revendiqué dimanche une attaque ayant tué la veille deux soldats nigérians, affirmant avoir agi en représailles à l'engagement du Nigeria à fournir 1200 hommes pour l'intervention au Mali.

Deux mille soldats français y sont déjà déployés et leur nombre va atteindre 2500, peut-être davantage, selon Paris.

Le groupe islamiste armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) a affirmé dimanche avoir tué 60 soldats maliens et abattu deux hélicoptères français depuis le 10 janvier, reconnaissant la perte de huit "moujahidine". Les autorités maliennes avaient fait état de la mort de onze soldats dans des combats autour de Konna, tandis que Paris avait annoncé la mort d'un pilote d'hélicoptère.


AFP

L'intervention occidentale se poursuit au Mali

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