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Monde Asie

Malgré la crise économique, le Sri Lanka augmente encore le prix des carburants

Un ouvrier décharge des bouteilles de gaz de pétrole liquéfié d'un camion, à Nawagamuwa près de Colombo, au Sri Lanka, le 18 juin 2022.

Les prix des carburants ont connu dimanche une nouvelle hausse au Sri Lanka, ajoutant aux difficultés pour la population, alors qu'une délégation américaine est arrivée pour discuter des moyens d'endiguer la crise économique.

Ceylon Petroleum Corporation (CPC) a annoncé une hausse du prix du diesel, utilisé dans les transports publics, de 15% à 460 roupies (1,21 euro) le litre et de l'essence de 22% à 550 roupies (1,44 euro).

La veille, le ministre de l'Energie Kanchana Wijesekera avait annoncé un retard à durée indéterminée des nouvelles livraisons de pétrole.

Manque de ressources ?

Kanchana Wijesekera a expliqué que le pétrole attendu la semaine dernière n'était pas arrivé et que les cargaisons prévues pour la semaine prochaine n'arriveraient pas non plus pour des raisons "bancaires".

Des sources officielles assurent que les ressources actuelles de l'île peuvent couvrir les besoins pour deux jours, mais que les autorités les réservent aux services essentiels.

Le Sri Lanka traverse sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948, avec des pénuries de nourriture et de carburant.

Une délégation américaine

Une délégation du Trésor américain et du département d'Etat est arrivée dans le pays pour "explorer les moyens les plus efficaces pour que les Etats-Unis aident les Srilankais dans le besoin", a expliqué l'ambassade américaine à Colombo.

Celle-ci dit avoir engagé 158,75 millions de dollars de nouveaux financements ces deux dernières semaines pour aider les Srilankais.

L'ONU a déjà appelé à lever un fonds d'urgence de 47 millions de dollars pour les plus vulnérables des 22 millions d'habitants.

Près de 1,7 million de personnes ont besoin d'une "assistance vitale", selon l'ONU, quatre personnes sur cinq réduisant leur consommation alimentaire en raison de graves pénuries et de la flambée des prix.

La semaine dernière, la crise énergétique a poussé le gouvernement à fermer les administrations non essentielles et les écoles pour deux semaines afin de réduire les déplacements. 

Plusieurs hôpitaux ont signalé un fort absentéisme de leur personnel médical en raison de la pénurie de carburant.

Nous sommes maintenant confrontés à une situation bien plus grave que les simples pénuries de carburant, de gaz, d'électricité et de nourriture

Et les difficultés ne sont pas finies, a prévenu le Premier ministre mercredi.

"Notre économie a fait face à un effondrement complet", a déclaré Ranil Wickremesinghe. "Nous sommes maintenant confrontés à une situation bien plus grave que les simples pénuries de carburant, de gaz, d'électricité et de nourriture".

Incapable de rembourser sa dette extérieure de 51 milliards de dollars, le gouvernement s'est déclaré en défaut de paiement en avril et négocie actuellement avec le Fonds monétaire international en vue d'un éventuel renflouement.

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