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Emission Jeudi en prime

Magnette: "Dégoûté par ceux qui instrumentalisent le débat sur l'asile"

Magnette: "Dégoûté par ceux qui instrumentalisent le débat sur l'asile"
17 sept. 2015 à 20:402 min
Par Karim Fadoul

Un Paul Magnette (PS) offensif ce jeudi soir sur La Une lors de Jeudi en Prime. Le ministre-président wallon était invité à donner son avis sur les grands thèmes de l'actualité politique du moment. Et certains en ont pris pour leur grade, à commencer par Jan Jambon (N-VA) et Théo Francken (N-VA), respectivement ministre fédéral de l'Intérieur et secrétaire d'Etat à l'Asile. "Je suis dégoûté par celles et ceux qui instrumentalisent ce débat" a déclaré le socialiste, face à François De Brigode et Johanne Montay. "Ceux qui pensent que les campements sont des hôtels quatre étoiles, il faut qu'ils aillent voir sur place!"

Et le Premier wallon, dégoûté aussi par les mandataires socialistes qui ont dérapé sur les migrants? "Quand il y a dérapage, on convoque, on suspend et on exclut s'il y a des propos racistes", a indiqué Paul Magnette tout en faisant une distinction entre les propos xénophobes et "la bêtise" de ceux qui partagent des statuts sur les réseaux sociaux. Pour eux, Paul Magnette estime qu'il y a une "dernière chance" après convocation auprès des instances du parti. Une forme de clémence?

Soit. Toujours sur les migrants, une fois installés chez nous, il faut pouvoir leur proposer un parcours d'intégration, martèle Paul Magnette qui chiffre la mise en place du dispositif à quelque 10 millions d'euros. L'enveloppe serait reversée aux ASBL actives notamment dans l'enseignement du français aux primo-arrivants. Quant à la répartition des réfugiés entre la Wallonie et la Flandre, pas question cette fois de polémiquer: "Les situations sont trop tragiques pour que l'on prenne les personnes concernées en otage."

L'asile, un dossier fédéral. Mais ce n'est pas le seul. Il y a également la réforme fiscale, le fameux tax-shift voulu le gouvernement Michel. Paul Magnette se demande, sur ce dossier, pourquoi les entités fédérées devraient y participer. Le coût de la facture pour la Wallonie serait important: 300 millions selon les premiers chiffres avancés. "Vous voulez une réforme fiscale? Payez là vous-mêmes", lance le ministre-président au Fédéral, craignant un appauvrissement des Wallons. On le constate: les relations sont pour le moins tendues avec le gouvernement Michel. Et "il n'y a pas d'envie de collaborer" aux discussions, ajoute Paul Magnette.

Reste aussi le développement économique de la Wallonie qui "progresse plus vite que les autres Régions. On a un retard historique. Mais on rattrape le peloton. Il n'y a pas de solution miracle. Mais il faut que les banques s'impliquent davantage."

Enfin, Paul Magnette s'est prononcé jeudi soir pour une régionalisation à terme de l'enseignement et un plus grand rapprochement entre le monde de l'enseignement et celui de l'entreprise. Même s'il s'est empressé de préciser que ce n'était pas la priorité du moment.

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