Maggie De Block sur les tests pour le coronavirus: "Il faut se fier au médecin"

Maggie De Block, la ministre de la Santé, le 1er mars 2020

© NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

02 mars 2020 à 08:18 - mise à jour 02 mars 2020 à 08:18Temps de lecture4 min
Par Kevin Dero

Pour la ministre de la Santé (Open VLD), invitée de Matin Première, cette semaine sera "cruciale".

La ministre rappelle à Thomas Gadisseux les procédures à respecter, notamment pour les enfants, en ce jour de retour à l’école après les vacances de carnaval. "Les procédures sont bien connues dans les crèches, dans les écoles. Les enfants malades doivent rester à la maison." Pour les enfants qui pourraient tomber malades, un spécialiste doit être contacté. Doit-on élargir les critères ? Olivier Maingain, le bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert (Défi) a ainsi annoncé hier qu’il interdisait crèches et écoles aux enfants de sa commune qui reviennent d’une zone à risque. Pour Maggie De Block : "Ce sont des mesures disproportionnées. Ce ne sont des mesures qui ne doivent être prises qu’en phase 3 aiguë. Nous ne sommes qu'’au début de la phase 2. Ça signifie que le virus se trouve chez nous, et on doit tout faire pour qu’il ne se propage pas trop". Les mesures comme celles prises à Woluwe "ne servent à rien", selon elle.

Et en ce qui concerne l’annulation par certains établissements scolaires de différents voyages ou autres classes de neige ? La ministre parle de mesures préventives. Pour elle, il est assez logique que les parents n’acceptent pas d’envoyer leurs enfants dans une zone à risque. Maggie De Block rappelle cependant que concernant les enfants âgés de moins de 14, il y a peu de cas connus.

Communication, transparence mais pas de panique

Les autorités belges maîtrisent-elles la situation ? "Oui. Cela pose beaucoup de soucis chez les gens car c’est un virus inconnu. Je le comprends…" et Maggie De Block de répéter sa volonté d’être transparente dans la communication. Et d’insister sur un site web créé pour l’occasion : info-coronavirus.be (mis à jour tous les jours, avec des FAQ,…).

En ce début de semaine, ou les premiers cas d’infection se font connaître dans le pays, doit-on ouvrir les critères de dépistage ? Pour la ministre de la Santé, "il est nécessaire d’avoir des critères quand on fait un dépistage. Ces critères sont : la personne est malade, tousse, a des problèmes respiratoires et un lien existe avec une zone à risque. Ou bien le patient s’est rendu dans une zone à risque. C’est très important que lorsqu’il y a un doute, on fasse un test. Mais ça ne sert à rien de faire des tests inutiles. Ce serait du gaspillage. Faisons confiance aux médecins." Et l’invitée de Matin Première de préciser que "quand on s’est rendu dans une zone à risque, on ne doit pas obligatoirement se faire dépister. On ne doit le faire que si on est malade".

On ne prend pas de mesures plic-ploc

Et ouvrir le screening (action de passer un test de dépistage) à toute personne qui présenterait un syndrome grippal – comme le propose le professeur de l’Université d’Anvers Herman Goossens le propose ? Pour Maggie De Block, c’est "non. On a des critères. Il faut se fier au médecin. Mais si celui-ci pense que c’est nécessaire, alors oui".

Et la ministre de se vouloir rassurante sur l’action du gouvernement : "On ne prend pas des mesures plic-ploc. Un comité scientifique est là pour aviser de la situation. On suit les recommandations de l’Europe, de l’OMS… (qui, selon elle, devrait bientôt parler de "pandémie", au vu de la présence mondiale de la maladie, nldr). Les niveaux de pouvoirs sont, pour elle, bien coordonnés. La ministre assure qu’elle tient des conférences interministérielles, avec les ministres compétents. "J’ai prévenu les ministres que la semaine à venir va être cruciale. Avec le retour des vacances…" Les ministres travailleraient très bien ensemble. "Il est très important de coopérer parce que les citoyens le demandent", dit-elle, après avoir rappelé qu’un comité de concertation, piloté par la première ministre Sophie Wilmès se tient ce matin. Les différents niveaux de pouvoir sont donc coordonnés, et on serait donc loin d’une certaine "cacophonie" comme lors de l’épisode du "lockdown", à Bruxelles, en 2015.

Vers une phase 3 ?

"La phase trois c’est quand le virus est partout. Pas simplement chez quelques patients", rappelle l’ex-médecin. La ministre s’étonne que durant 4 semaines, aucun cas n’a été relevé dans le pays. Il y a beaucoup d’échanges entre la France et la Belgique, et à présent les patients que l’on a on été infectés en France ou en Italie. Elle s’attend à voir des cas de coronavirus chez nous sous peu : "Nous n’avons eu que deux patients déclarés ce week-end. D’autres le seront encore dans la journée (des tests ont eu lieu cette nuit)". Des centaines de tests ont été réalisées, et selon elle, "il serait étonnant qu’il n’y ait pas plus de cas positifs".

Mais doit-on dans l’immédiat, comme en France, penser à annuler salons, manifestations et grands rassemblements ? "Il ne faut pas nous comparer avec des pays comme la France, Italie, la Grèce… Nous nous sommes au début de phase 2, les Français sont à la fin de cette phase".

Ne pas mettre de masque si on n’a rien

 

Et la ministre libérale de rassurer aussi sur le risque de ruée dans les hôpitaux. "La grippe hivernale a été moins aiguë cette année. Les hôpitaux ne seront pas débordés. Les hôpitaux ont des plans." Et Maggie de Block de préciser que les médecins généralistes sont en première ligne. A la question de savoir comment vont-ils pouvoir "se démultiplier" pour aller chez tous les patients qui le demandent (car les gens infectés ne peuvent pas être dans le même endroit que les non-infectés), Maggie De Block se rappelle qu’elle officiait comme médecin généraliste lors de l’épisode de la grippe mexicaine : "c’est vrai que c’est dur", précise-t-elle.

Y aura-t-il assez de masques de protection ? La ministre plaide pour un usage "rationnel" des masques. "Ne pas en mettre si on n’a rien" est important. Car pour le moment, tous les masques ont été achetés, notamment en Chine (le principal pays producteur). Une grande commande a été passée avec les pays européens, assure Maggie De Block.

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