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Tendances Première

« Maeva, une belle étoile filante » : quand le harcèlement scolaire pousse à l’irréparable

Tendances Première : Le Dossier

Harcèlement scolaire, « Maeva une belle étoile filante » (Ed. Mols)

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Le 13 janvier 2020, Maeva une jeune adolescente de 13 ans se donne la mort, victime de harcèlement scolaire. L’affaire avait fait grand bruit, notamment sur la façon dont la Justice a mené l’enquête. Aujourd’hui, sa maman Maria Isabel Villalobos se livre dans un ouvrage pour partager son ressenti pendant le deuil en tant que maman, épouse, fille et femme. Elle souhaite aussi que chacun prenne conscience et agisse contre le harcèlement dans tous les milieux mais surtout dans le milieu scolaire. Maria Isabel Villalobos et Bruno Humbeeck, docteur en psychologie qui a préfacé et commenté l’ouvrage, sont les invités de Tendances Première pour parler de ce sujet difficile mais si important.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, au moins un jeune sur trois est victime de harcèlement scolaire. Et pourtant, derrière ces chiffres glaçants, il y a des vies, des jeunes qui ont un nom, un prénom, une identité. Elles s’appellent Maeva, Maëlle, et bien d’autres encore.

Il y a dix ans déjà, des mesures étaient mises en place pour lutter contre ce fléau, et pourtant, aujourd’hui, en 2022, il existe toujours. Il s’est même exacerbé avec le développement inquiétant du cyberharcèlement. C’est ce qu’a vécu Maeva.

Dans certaines écoles, on peut encore entendre des pseudo-arguments sidérants : le cyberharcèlement se déroule en dehors des heures de cours, ce n’est donc pas les affaires de l’établissement scolaire. Bruno Humbeeck insiste : "C’est le groupe scolaire qui s’est mis en scène sur les réseaux sociaux. La classe, ce n’est pas la pièce dans laquelle vous allez suivre des cours, c’est le groupe d’élèves que se regroupe autour d’un enseignant pour recevoir des cours. Cette classe peut utiliser les réseaux sociaux, et c’est ce qui se passe dans la totalité des cas de cyberharcèlement. Ce ne sont pas des personnes étrangères les unes aux autres, ce sont des personnes qui appartiennent à la même classe et qui vont utiliser une caisse de résonance terriblement virulente pour créer des dégâts épouvantables".

Maria Isabel Villalobos, elle, n’a pas compris ce que vivait sa fille avant son terrible geste. Car beaucoup de jeunes n’expriment pas leur douleur et leur situation. La maman découvrira les insultes à connotation sexuelles ou raciales, rumeurs infondées après le décès de Maeva.

Elle ne nous disait rien, on croyait que ça allait bien. Elle était très populaire, elle avait beaucoup d’amis de différents groupes. C’est ce qu’elle nous disait, donc on n’imaginait pas du tout qu’elle était harcelée à son école par ce groupe "d’amis".

Les jeunes harcelés ont tendance à cacher leur mal-être à leurs proches, pour éviter les problèmes, les scandales, les difficultés que les parents pourraient éventuellement apporter en plus de la situation déjà compliquée. Il y a une culpabilisation très importante dans le chef de ces victimes, qui les pousse à faire en sorte qu’on ne voit pas le harcèlement qu’elles vivent.

Maria Isabel Villalobos et Bruno Humbeeck évoquent également comment vivre l’après et le futur, l’incapacité de la Justice, les solutions mises en place pour prévenir le cyberharcèlement, dans le dossier de Tendances Première. Ecoutez l’ensemble de leur intervention dans le média ci-dessus.

Maeva, une belle étoile filante est paru aux éditions Mols, et est disponible dans toutes les bonnes librairies.

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