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Belgique

M. Uyttendaele: la reine Fabiola, "complice involontaire de la N-VA"

Marc Uyttendaele était l'invité de Matin première, ce vendredi
11 janv. 2013 à 08:25Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoumi

Il y a un problème, et ce malgré le fait que la reine Fabiola ait précisé que sa dotation ne servirait pas à alimenter la fondation créée par ses soins, il y a deux mois. "C’est une critique qui est dirigée (…) contre la reine Fabiola, en ce que elle fait appel à un mécanisme légal, mais qui permet d’éviter le paiement des droits de succession auxquels sont soumis tous les Belges", estime Marc Uyttendaele. Et les montants sont très élevés : "On a entendu que son avocat disait que ça permettait de payer cinq secrétaires… Mais il reste une marge de manœuvre assez large après avoir payé cinq secrétaires!". L’avocat estime que la reine Fabiola a raté l’occasion "de mettre très clairement des chiffres sur la table, et de démontrer à quoi ça a servi concrètement, cette dotation".

Le montant de la dotation: une erreur

Mais ce n’est pas tout. L’avocat estime que la dotation octroyée à la reine est "excessive", et cette dernière aurait pu renoncer à tout ou partie des montants versés : "Dès le moment qu’une erreur a été commise il y a plus de dix ans par des responsables politiques, et qu’elle en est consciente il lui était loisible de faire un geste, et ce geste n’est pas fait".

L’erreur, c’est "d’avoir sous le coup d’une émotion terrible qui était la mort du Roi Baudouin de fixer une dotation à un niveau qui est absurde, qui est exorbitant, et qui ne se justifie par rien". Même s’il est normal qu’une "reconnaissance nationale s’exprime" à son égard, ajoute l’avocat.

Recevoir une dotation si élevée, et échapper à l’impôt dû par tous les Belges, de surcroît en cette période économique difficile, "ça reste problématique". Et corriger cet état de fait est urgent. Marc Uyttendaele va plus loin. Il appelle de ses vœux un changement radical dans l’attitude des partis politiques, changement qui a déjà commencé à s’affirmer.

La reine Fabiola, complice involontaire de la N-VA

"Ce sujet a été tabou depuis longtemps. Il y a des textes mais on n’avance pas, parce que les partis (…) qui ’incarnent’ la Belgique (…) considèrent que, chaque fois que l’on touche à la monarchie, on fragilise l’Etat et le devenir de l’Etat". Et on alimente les thèses de la N-VA. Or, dit Marc Uyttendaele, c’est tout le contraire. "Depuis deux jours on se rend compte qu’à l’inverse il faut peut-être toucher à ça pour ne pas fragiliser l’Etat", avant d’ajouter: "La reine Fabiola était la complice  involontaire (...) du bourgmestre d’Anvers !"

En résumé, il y a urgence, dit l’avocat. Deux chantiers sont à prendre en main rapidement : légiférer pour empêcher que les récipiendaires de dotations ne puissent plus éluder l’impôt ; et, "à défaut de la supprimer", ramener la dotation de la reine Fabiola à des montants plus raisonnables. "Il faudra que le Parlement en ait le courage politique", conclut Marc Uyttendaele.

W. Fayoumi

Marc Uyttendaele dans Matin Première - B.Henne

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