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Lutte contre l'échec scolaire: la pédagogie active, ça marche à Liège (2)

Lutte contre l'échec scolaire: la pédagogie active, ça marche à Liège

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La pédagogie active, un outil efficace pour cette école à discrimination positive

L'entrée unique de l'Institut Saint Sépulcre
Le hall d'entrée moderne de l'institut

Autre endroit, tout autre décor. L’Institut Saint Sépulcre est excentré de Liège. Cette école du réseau libre confessionnel est située non loin d’Ans. De la rue, elle se confond avec les autres maisons du quartier. Seuls les panneaux permettent de signaler cet établissement scolaire.

Pour y rentrer, une porte unique et un parlophone. La personne qui nous ouvre nous fait patienter dans un hall tout à fait moderne, décoré avec goût, tout semble nouveau.

Marc Belleflamme, son directeur, arrive quelques minutes plus tard. C’est avec lui que nous passons la porte sécurisée donnant accès aux couloirs de l’école et par lesquels on accède à la cour. C’est avec surprise que l’on y découvre de vastes bâtiments, plus anciens, donnant, au-delà de la cour, sur un jardin suspendu.

Lutte contre l'échec scolaire: la pédagogie active, ça marche à Liège

Cette école dite à discrimination positive bénéficie d’un soutien particulier de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ici, 40% des élèves (sur un total d’environ 600), ne parlent pas le français à la maison. C’est un des facteurs de l’échec scolaire.

Pour y remédier, ces élèves bénéficient d’un soutien en petits groupes, par des enseignants chargés de leur donner cours de "français-langue étrangères". Des cours particuliers composés de deux ou trois élèves maximum.

Ils sont donnés pendant les heures de cours ou pendant les heures de pause. Une prise en charge qui correspond à deux heures par semaine par élève pour un minimum de six semaines.

Ismahène Rahal-Gharbi, professeur de français, est une des quatre enseignants chargés de ce cours dans l’école où elle enseigne depuis 4 ans. Ce jeudi, elle s'occupe de deux apprenantes du niveau avancé. Reine, 17 ans, et Sakshi, 18 ans, sont toutes les deux en 5ème technique.

Pour le professeur, le tâche consiste à retravailler leurs cours pour avoir des phrases bien construites. Une étape essentielle pour Ismahène Rahal-Gharbi :

Le soutien à la scolarité

Le directeur de l'établissement Marc Belleflamme

Parallèlement, un dispositif commun à l’ensemble de l’école a été instauré pour aider les élèves en difficulté. Cette remédiation se met en place aux alentours des vacances de Pâques. Les élèves et les matières sont ciblés. Ceux qui n'en font pas partie peuvent, s'ils le souhaitent, faire une demande. Le conseil de classe organise ensuite une à cinq demi-journée "durant lesquelles l’élève fait une démarche auprès des enseignants pour obtenir un soutien dans certaines disciplines", explique le directeur de l'établissement Marc Belleflamme.

Bien que l'école soit à moitié vide ce jeudi (activités extra-scolaires et visite médicale), Chantal Quarre, professeur de mathématiques s’occupe d'élèves de 2ème général en remédiation. Pour elle, "c’est un choix positif" :

Comme à l'Athénée Léonie de Waha, les élèves apprécient cette aide. Laura, Zamarifarin et Bélise témoignent :

Dispositif Interne d’Accrochage

Outre le problème de langue et les difficultés qu’un élève peut rencontrer au cours de sa scolarité, le directeur pointe du doigt le problème de l’absentéisme.

Pour y remédier, un dispositif interne d’accrochage a été mis en place (D.I.A.). Il s’adresse aux élèves momentanément exclus d’un cours parce qu’ils le perturbent gravement; les élèves interdits de fréquenter les (des) cours en raison de leur comportement; les élèves qui intègrent l’école en cours d’année ou qui reviennent d’une longue période d’absence.

Giuseppe Casà, 19 ans, en a bénéficié. Elève de rhéto, il a changé d’école en cours d’année. Il est arrivé à l’Institut Saint Sépulcre au mois d’octobre de l’année 2013. Pour lui, pas de regret, grâce à cet accueil spécifique, il se sent aujourd'hui "à l'aise" et a de bons résultats.

L’étude accompagnée

L'étude accompagnée est un autre dispositif dont s'est doté l'école. A ne pas confondre avec l'étude surveillée, insiste le directeur, "L’étude accompagnée ne se limite pas à surveiller les élèves en train de faire leurs devoirs". Ici, deux ou trois professeurs encadrent les élèves pour les aider à faire leurs devoirs et à comprendre leurs leçons. "L'inscription se fait à l'année", précise Marc Belleflamme.

Une pédagogie pour quel résultat ?

Difficiles d'obtenir des documents avec des chiffres précis sur une longue période. Que ce soit à l’Athénée Léonie de Waha ou à l’Institut Saint Sépulcre, on affirme que c'est encore un peu tôt pour en tirer des conclusions ou que tous les chiffres n'ont pas fait l'objet d'un recensement méthodique depuis le début de la pédagogie active. Les comparaisons sont donc difficiles.

Christian Mans, le préfet des études de l’Athénée Léonie de Waha affirme, pour se part, que le redoublement dans son école est en train de diminuer depuis 2 ans. Toutes années confondues, il est passé de 15% à 11% entre juin 2012 et juin 2013. Pour l'année 2012-2013, le redoublement en 3ème année du secondaire (année la plus critique) reste toutefois de 25%. Le taux passe à 20% en 4ème, à 15% en 5ème et à 8% en 6ème.

A l’Institut Saint Sépulcre, le directeur Marc Belleflamme parle d'un taux moyen (toutes années confondues) de redoublement qui oscille entre 14% et 17% depuis 2010. Ce qui reste en-dessous de la moyenne des 22% à 24% qu'ils avaient avant la mise en place de cette pédagogie active. Toujours pour cette année 2012-2013, l'école enregistre un taux de redoublement de 21% pour la 3ème, de près de 18% pour la 4ème, quasiment 27% pour la 5ème et de 9% pour la 6ème.

Quant à savoir si on peut rendre l'enseignement plus efficace sans moyen supplémentaire, les avis des professionnels que nous avons rencontrés sont partagés.

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