Regions

Louer moins cher, mais sans souci : le pari des immobilières sociales

Priscillia désespérait de trouver un logement

© Laurick Ayoub

11 janv. 2022 à 05:39Temps de lecture2 min
Par Laurick Ayoub, Charlotte Legrand

On les appelle les "AIS". Les agences immobilières sociales servent de trait d’union entre des particuliers/des sociétés et des personnes à faibles revenus. Leur mission ? Faciliter l’accès au logement, en mettant en place une relation "win-win". D’un côté, des propriétaires qui louent un bien sans s’en préoccuper. De l’autre, des locataires qui trouvent un toit malgré leur budget serré.

© Tous droits réservés

Priscillia Dufourny et ses deux enfants habitent cet appartement depuis six ans. Une aubaine pour la jeune femme, confrontée à de grandes difficultés ces dernières années. "Ça m’a sauvé ! Se retrouver à la rue, avec un enfant, ce n’est pas la joie ! Sans eux je ne serais pas où j’en suis maintenant". Elle occupe un appartement de deux chambres, deux salles de bain. Il est moderne, meublé, bien équipé. Le tout pour 430 euros par mois. "Le loyer varie en fonction du type de logement", explique Nicolas Lebrun – Directeur technique de Logicentre. "La plus grande demande, c’est pour des logements à 2 ou 3 chambres. Dans la région, une maison 3 chambres se louera 7-800 euros minimum. A l’AIS, on tourne à 500/550 euros."

L’agence immobilière sociale gère aussi les réparations
L’agence immobilière sociale gère aussi les réparations © Tous droits réservés

Louer à une agence immobilière sociale, lorsqu’on est propriétaire, c’est accepter de gagner "moins" qu’en passant par une autre filière. "Cette maison, nous pouvions la louer 830 euros si nous passions par une agence immobilière classique", résume Isabelle, propriétaire d’un bien à Soignies. "Avec l’AIS on nous en propose 525". La différence est importante. Isabelle et son compagnon Emmanuel ont pourtant accepté. "Nous sommes indépendants tous les deux et nous avons acheté plusieurs biens, pour préparer notre pension. Pour notre dernier investissement, nous ne voulions plus gérer les locations nous-mêmes. C’est quand même beaucoup de travail".

Nicolas Lebrun, Directeur Technique chez Logicentre
Nicolas Lebrun, Directeur Technique chez Logicentre © Tous droits réservés

Depuis l’état des lieux, le couple a confié les clés à l’AIS, et ne doit plus s’occuper de rien. "On n’a pas notre mot à dire sur les locataires, mais cela nous est tout à fait égal ! En plus, autre gros avantage, nous avons la garantie que le bien nous sera remis dans l’état où nous l’avons donné en location. L’agence immobilière assume les éventuels dégâts des locataires". Les propriétaires profitent également d’avantages fiscaux. Ils ne doivent pas payer de précompte immobilier. Les revenus mensuels des locations sont garantis, même si le bien est vide pendant un mois, deux mois, ou plus.

© Tous droits réservés

Pour Isabelle, ce partenariat avec l’AIS était aussi l’occasion de "rendre service à la société", en donnant la possibilité à des personnes démunies de trouver un toit, "alors que nous avons atteint un certain confort, on a suffisamment pour vivre".

Pour occuper un logement géré par une immobilière sociale, il existe néanmoins des conditions. "Il ne faut pas être propriétaire d’un logement habitable, en Belgique, et avoir des revenus précaires ou modestes (catégorie un ou catégorie deux", précise encore Nicolas Lebrun. Ce plancher annuel est revu chaque année. L’accès au logement dépend aussi d’autres paramètres, comme le nombre de personnes composant la famille.

En Wallonie, il existe 33 agences immobilières sociales, actives sur la quasi-totalité du territoire. On en trouve aussi dans la capitale (23 AIS actuellement).

Articles recommandés pour vous