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Journal du classique

L’Opéra national de Kiev a rouvert ses portes

L’Opéra national de Kiev a rouvert ses portes

Ce samedi, l’Opéra national de Kiev a rouvert ses portes pour la première fois depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie il y a près de quatre mois.

L’opéra se réveille sur une note brillante avec Le Barbier de Séville de Rossini, ovationné pendant dix minutes. Un drapeau ukrainien est apporté sur scène par la Prima donna Ohla Fomichova, qui décrit l’intensité de ce moment : "Lorsque vous apportez un drapeau ukrainien sur la scène pour le rappel et que vous êtes accueilli par une ovation de 10 minutes, je n’ai pas de mots pour décrire ce sentiment".

Pour fêter cette soirée symbolique, les 300 spectateurs portaient leurs plus belles robes et leurs plus beaux costumes, qui dormaient au fond de leurs armoires depuis le début de la guerre.

Une grande émotion accompagne cette élégance festive : "Je ne peux pas dire que l’opéra soit mon divertissement habituel, mais c’est une sensation incroyable que d’entendre cette musique et d’être dans un autre monde pendant un petit moment, avant de revenir à notre réalité", livre un soldat au Guardian. Cet îlot hors du temps, havre de paix et de beauté, est une respiration pour des Ukrainiens venus de tout horizon.

Les artistes aussi sont profondément touchés par cette reprise. La soprano Olha Fomichova, les larmes aux yeux, confie à ce même journal : "J’ai l’impression que c''est la première fois que je monte sur cette scène, que je connais pourtant si bien. "

Olha Fomichova dans "Natalka Poltavka", un opéra du compositeur ukrainien Mykola Lysenko.
Olha Fomichova dans "Natalka Poltavka", un opéra du compositeur ukrainien Mykola Lysenko. – AFP – DOGUKAN KESKINKILIC

Cependant, cette réouverture est soumise à certaines conditionsLes représentations ont lieu uniquement le week-end dans l’après-midi. La jauge étant réduite afin de pouvoir plus facilement évacuer en cas d’alerte, 300 tickets sont en vente au lieu de 1000. Une partie du public est aussi composée de militaires en uniforme. Une dure réalité qui s’invite à la fête, mais n’altère pas la valeur symbolique de cette réouverture : "un symbole que Kiev, qui était encerclé – et entouré de champs de bataille meurtriers – a rouvert ses institutions culturelles", recueille le New-York Time auprès d’un lieutenant qui assiste à l’opéra.

Les représentations sont aussi fastidieuses à organiser car beaucoup de membres de l’opéra sont en ce moment à l’étranger, et d’autres, au front, comme le danseur principal du corps de Ballet Oleksii Potiomkin.

Le lendemain de cette réouverture rossinienne, c’est un opéra ukrainien qui est au programme : Natalka Poltavka de Mykola Lysenko. Le week-end prochain, ce sera Rigoletto de Verdi et La Serva padrona de Pergolèse. Une programmation éclectique et ambitieuse pour marquer cette reprise. Mais en réponse à la guerre, le répertoire russe ne sera pas joué à l’opéra de Kiev, et le ministère ukrainien de la culture fait actuellement pression sur les opéras du monde entier pour qu’ils retirent les œuvres russes de leur programmation.

L’important débat sur la musique russe a déjà eu un impact mondial sur les orchestres et les ballets, et dans certains cas, les artistes eux-mêmes ont été interdits de se produire sur scène ou lors de concours.

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