RTBFPasser au contenu
Rechercher

Santé & Bien-être

L’ONE dénonce les abus d’opérations de langue des bébés, la frénectomie

L’ONE dénonce les abus d’opérations de langue des bébés, la frénectomie. Photo d'illustration.
08 avr. 2022 à 11:37Temps de lecture2 min
Par Anouk Pernet

C’est un petit défaut buccal qui affecte 2 bébés sur 1000 : le frein de leur langue est trop épais ou trop court et il empêche de s’alimenter normalement. Il faut alors sectionner cette membrane, une opération relativement bénigne qui s’intitule la frénectomie. De plus en plus de parents optent toutefois pour cette opération sans raison médicale suffisante.

Un frein trop court peut perturber l’alimentation des bébés

C’est une opération de plus en plus pratiquée sur les enfants de moins de 2 ans. La frénectomie consiste à couper le frein de la langue, cette petite membrane que nous avons tous dans la bouche, sous la langue.

Chez 10% des nourrissons, ce frein est qualifié de "restrictif " : il est plus épais ou plus court que la normale. Mais ce n’est pas forcément un problème. L’opération n’est indiquée que dans des cas très précis. “Certains enfants ont un frein restrictif, ce qui provoque des difficultés d’alimentation ", explique le pédiatre Philippe Lannoo. " Dans ces cas-là, il faut libérer ce frein. ” Cette petite opération concerne environ deux bébés sur 1000.

Deux fois plus d’opérations, parfois injustifiées

Pourtant, de plus en plus de parents optent pour cette opération sans raison impérieuse. En 2020, les frénectomies sur les nourrissons ont doublé par rapport à l’année précédente, selon les chiffres de l’INAMI.

La faute parfois à internet. Face à un enfant qui tête mal ou qui ne dort pas, des parents inquiets se tournent vers leur moteur de recherche. Sur certains sites, la frénectomie est parfois vendue comme une solution miracle.

Pour les parents qui sautent le pas, les conséquences sont souvent lourdes. "Après la frénectomie, il faut faire des exercices sur la langue. C’est très douloureux pour le bébé", regrette Marie-Caroline Willième, ostéopathe spécialisée en pédiatrie. "Certains sont traumatisés et refusent d’ouvrir la bouche.” Jusqu’à parfois devoir être sondés car ils ne s’alimentent plus.

Besoin urgent de recommandations

L’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) appelle à mieux informer les parents. Sans oublier les spécialistes, qui sont parfois dans le flou au moment du diagnostic. L’ONE appelle donc le fédéral à émettre d’urgence des recommandations scientifiques.

Philippe Lannoo souhaite également que des consultations multidisciplinaires soient mises en place. Pédiatres, ostéopathes ou encore consultants en lactation croiseraient leurs regards pour un diagnostic plus précis.

Sur le même sujet

Inciser la langue des bébés, une opération trop à la mode

Santé physique

Une brève anesthésie générale subie pendant l'enfance ne perturberait pas le développement

Psychologie

Articles recommandés pour vous