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Fenêtre sur doc

L’odyssée de la sandale en plastique ou l’histoire d’un objet pas si banal qu’il n'y paraît !

L'odyssée de la sandale en plastique
06 sept. 2021 à 07:304 min
Par Anne Schiffmann

Pour le premier rendez-vous de la saison, Fenêtre sur doc propose un film qui raconte l’histoire insoupçonnée d’une chaussure, à priori très commune, liée à nos souvenirs de vacances. Cela donne un film savoureux, ludique et instructif à la fois, sur le fabuleux destin de la sandale en plastique, née par hasard en France et qui a fait le tour du monde pour devenir le symbole de tout un peuple en Afrique.

" L’odyssée de la sandale en plastique ", un documentaire de Florian Vallée à ne pas manquer le samedi 11/09 à 22h45 sur La Trois et à revoir sur Auvio

L'odyssée de la sandale en plastique

Extrait

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Avec ce documentaire, le cinéaste Florian Vallée s'intéresse à la trajectoire sociale de la sandale en plastique : depuis son invention dans l'atelier d'un coutelier auvergnat, jusqu'en Érythrée où, 50 ans plus tard, elle devient un symbole national. De la France jusqu’en Afrique, son film nous fait voyager dans l’espace et dans le temps et nous raconte une histoire passionnante et qui est bien plus qu’une simple histoire de sandale.

Production : Kwassa Films et O2B Films en coproduction avec la RTBF / VOO et BeTV / France Télévision et WIP Wallonie Image Production

Rencontre avec le réalisateur Florian Vallée

Florian Vallée
Florian Vallée © Tous droits réservés

Comment est née l’idée, très originale, de faire ce film ?

Le point de départ c’est un traumatisme d’enfance. Je détestais cette sandale qu’on était obligé de porter pendant les vacances pour aller à la plage. Alors que je la pensais disparue, je suis retombée dessus tout à coup, lors d’un voyage pour un autre projet en Afrique de l’est où elle était portée par toute une population. Je me suis demandé pourquoi cette sandale était si populaire là-bas. Cela a attisé d’autant plus ma curiosité quand je suis tombé nez à nez sur l’image d’une statue géante faite en l’honneur de cette sandale en plastique. Là je me suis dit qu’il y avait probablement une histoire à raconter et un film à faire pour comprendre comment cet objet à priori si ringard, disparu chez nous, était devenu aussi important sur le continent voisin. 

Cette histoire n’avait jamais été racontée ?

Non, cet objet à priori banal, ne figure évidemment pas dans les livres d’histoire. Il ne fait pas partie de l’Histoire avec un grand H et donc il a fallu reconstituer tout son itinéraire et son histoire. Cela a été un long travail de recherche pour coller les différentes pièces du puzzle.

Cet objet tout à fait banal, pour ne pas dire simplet traverse en fait les grands  grands évènements de l’histoire.

Cela raconte bien plus que l’histoire d’une chaussure ?

Oui un peu comme dans le film Forest Gump. On suit un personnage tout à fait banal, pour ne pas dire simplet et qui en fait, traverse les grands  grands évènements de l’histoire. L’histoire de la sandale commence avec la colonisation, puis les indépendances et l’émergence de la société de consommation … et donc toute la toile de fond de ce récit est vraiment constituée de l’Histoire avec un grand H même si on suit la petite histoire de la sandale en elle-même.  

 

Elle est même devenue très symbolique en Afrique ?

Oui et c’était très insoupçonné. Un film sur l’histoire de cette sandale en Europe n’aurait duré que quelques minutes puisqu’ici elle n’a jamais été autre chose qu’un objet pour les vacances. Alors qu’en Afrique, elle a connu une histoire très mouvementée qui s’étale sur 30 à 40 ans, elle y a obtenu une reconnaissance, un statut. Elle a eu une place dans la société qui n’a cessé d’évoluer. Elle a été une chaussure d’aristocrate, puis des classes moyennes et finalement des quartiers populaires. On la porte aussi bien pour aller en classe, qu’à l’église ou partir en guerre. Vu d’ici, c’est complètement incroyable. 

Cela raconte aussi l’histoire de la société de consommation naissante après-guerre en Europe aussi bien qu’en Afrique

Sur le plan formel, avec l’animation qui émaille le film, vous vouliez y ajouter un côté ludique ?

Oui il y a un aspect ludique qui me tient à cœur dans tous mes projets. Les animations y participent mais c’était aussi une nécessité qui s’est très vite imposée. J’ai beaucoup travaillé sur base de documents et de photos. Dans les archives vidéo, les chaussures sont des détails qui apparaissent peu parce que l’on filme rarement les pieds. A force chercher dans des centaines d’heures d’archives, j’en ai quand même trouvé mais la base de ma recherche a été les photos et les publicités. Et je voulais les faire vivre dans le film. Et puis en toile de fond, ce sujet raconte aussi l’histoire de la société de consommation naissante après-guerre en Europe aussi bien qu’en Afrique. Et donc ce côté presque publicitaire avec lequel on joue au travers de ces animations était aussi une façon de raconter cette société de consommation naissante.

 

Qu’est-ce qui vous aura le plus marqué dans tout ça ?

Ce qui m’a le plus marqué est que cet objet n’a jamais eu une place figée dans la société. Le côté rocambolesque et pleine de rebondissements de son histoire, n’a cessé de me surprendre. Au départ, c’est un objet que je regardais avec dédain et finalement en découvrant son histoire et en rencontrant toutes ces personnes qui l’avait l’ont porté, je l’ai considéré différemment, avec respect. Mon regard s’est transformé à jamais.  Je pense qu’au fond c’est la raison pour laquelle on se raconte des histoires. 

 

Production : Kwassa Films et O2B Films en coproduction avec la RTBF / VOO et BeTV / France Télévision et WIP Wallonie Image Production

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