Elections en Italie

L’Italie à la croisée des chemins, avec une victoire attendue des partis de la droite radicale et extrême

Vote en Italie

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25 sept. 2022 à 05:00 - mise à jour 25 sept. 2022 à 12:17Temps de lecture3 min
Par Africa Gordillo & Agences

Environ 51,5 millions d’Italiens sont appelés aux urnes ce dimanche pour élire les 400 députés et 200 sénateurs qui composent le Parlement. 

La dernière crise politique – qui a vu le Mouvement 5 Étoiles refuser sa confiance au gouvernement Draghi en juillet dernier – s’est soldée par l’organisation du scrutin anticipé organisé ce 25 septembre et la montée en puissance de la droite post-fasciste.

Les Italiens se rendaient en nombre aux urnes dimanche pour élire leur parlement, où sauf surprise l'extrême droite devrait entrer en force et proposer le Premier ministre qui succédera à Mario Draghi.

Si les sondages disent vrai, la flamme tricolore de Fratelli d’Italia risque de brûler sur la péninsule, alimentée par son alliance avec la formation raciste de la Ligue et les conservateurs de Forza Italia. Dans ce scénario, Giorgia Meloni deviendrait Première ministre. L’Union européenne, elle, est aux aguets.

Les sondages

Les sondages sont interdits pendant les deux semaines précédant le scrutin mais l’ascension de Fratelli d’Italia (FdI) laisse peu de doute. Les dernières enquêtes créditaient FdI de 24 à 25% des intentions de vote, devant le Parti Démocrate entre 21 et 22%. Le Mouvement 5 Etoiles arrivait ensuite avec un résultat entre 13 à 15%, ensuite la Ligue à 12%, et enfin Forza Italia à 8%.

La cheffe de file de Fratelli d’Italia s’est donnée jusqu’au bout pour convaincre les électrices et les électeurs italiens. C’est à Naples que Giorgia Meloni a lancé une dernière fois "Je suis une patriote" avant la fin officielle de la campagne électorale, vendredi soir.

Avec la Ligue de Matteo Salvini, Forza Italia de Silvio Berlusconi et deux autres formations politiques, Fratelli d’Italia constituent la coalition de "centre droit", une alliance qui déborde largement du centre… vers la droite, voire la droite extrême. Pendant ce temps, Enrico Letta donnait le dernier meeting de campagne du Parti démocrate à Rome, devant des milliers de partisans.

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L’Italie, l’UE et la Russie

Force est de constater que les leaders de la droite radicale ont été omniprésents dans les médias italiens, comme en témoignent encore les nombreux articles ou interventions portant sur la dernière salve de Matteo Salvini à l’encontre de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dont il exige des excuses. Il lui reproche d’avoir brandi à New York la menace de sanctions envers l’Italie si celle-ci portait atteinte aux principes démocratiques de l’Union européenne.

L’UE suivra avec beaucoup d’attention ces élections générales en raison des relations que les partis de la droite radicale ou conservatrice entretiennent avec l’UE mais aussi… avec Moscou. Si la Russie avait déjà joué les trouble-fêtes lors des élections américaines – certes pour d’autres raisons –, elle a été omniprésente jusqu’au bout dans la campagne électorale alors que des thématiques essentielles comme le climat y ont été réduites à peau de chagrin.

Giorgia Meloni a beau se déclarer atlantiste, l’Union n’est pas rassurée. Et quand, de son côté, Matteo Savini plaide pour un allègement des sanctions vis-à-vis de Moscou et que Silvio Berlusconi déclare que Vladimir Poutine a été "poussé" par sa population à envahir l’Ukraine, elle l’est encore moins.

L’abstention, un élément clé

Les électeurs seront-ils nombreux à aller voter dans ce contexte ? C’est l’une des inconnues du scrutin dans ce pays où l’abstention pourrait dépasser 30%, selon certains instituts de sondage. Cette abstention pourrait être dopée par la brièveté de la campagne électorale et la défiance grandissante envers les institutions, alors que les crises politiques se succèdent les unes après les autres en Italie.

Les bureaux de vote sont ouverts depuis 7 heures ce dimanche. Les électeurs pourront voter jusqu’à 23 heures et les premiers sondages à la sortie des urnes donneront alors un aperçu des résultats mais il faudra attendre lundi matin pour connaître les résultats officiels.

Italie : l extrême droite aux portes du pouvoir

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