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Cinéma - Interviews

L’interview du "Northman", Alexander Skarsgård dans le rôle d’Amleth

Alexander Skarsgard
23 avr. 2022 à 09:283 min
Par Cathy Immelen

Dans le film de Robert Eggers, Alexander Skarsgård est Hamlet, ou plutôt Amleth, le prince de Jutland dont la légende a inspiré la pièce de Shakespeare. Une histoire nordique datant du 12e siècle, remontant sans doute encore plus loin dans le Nord, et dans le temps, mais qui revient sans cesse au succès au théâtre, ou cinéma, comme dans "The Lion King" de Disney ou maintenant "The Northman".

L’interview intégrale en version originale

L'interview d'Alexander Skarsgård pour "The Northman"

l'interview de Cathy Immelen

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Je ne connais pas bien la culture suédoise, mais dans les pays nordiques, est-ce que les gens grandissent avec ce genre de légendes ? Et est-ce que la culture Viking est toujours vivante de nos jours ?

Alexander Skarsgård : J’ai grandi en Suède, et je me souviens d’avoir été entouré – littéralement entouré par des pierres runiques. Notre maison de famille est située sur Öland qui est une des îles suédoises de la mer Baltique, nous l’avons depuis des générations, et l’un de mes premiers souvenirs est sur Öland avec mon grand-père : il y a environ 160 grosses pierres runiques sur l’île et je les trouvais fascinantes, avec les inscriptions runiques, le fait que les Vikings sont descendus jusqu’à Constantinople, et toutes les aventures incroyables que mon grand-père m’a racontées. J’ai eu cette fascination depuis mon plus jeune âge, mais je dois dire aussi qu’en grandissant et en allant à l’école en Suède, et le fait que j’ai déménagé aux Etats-unis, il y a 20 ans, je me suis rendu compte que les gens aux Etats-unis étaient moins fascinés par les Vikings et leur culture, que ceux avec lesquels j’avais grandi en Suède. Là, on est entouré par cette culture, c’est dans notre ADN, c’est moins exotique d’une certaine manière, et nous étudions un peu la mythologie nordique à l’école, mais on ne s’y intéresse plus trop aux dieux nordiques ou à la culture viking.

Les gens ne savent pas que Shakespeare s’est inspiré d’une histoire nordique pour écrire sa pièce "Hamlet". Quelle est la raison pour laquelle on joue encore cette tragédie sur scène, on a également "The Lion King" et maintenant "The Northman" sur le même thème, quels sont les ingrédients de ce succès qui n’en finit pas ?

L’histoire est basée sur le prince Amleth du Jutland, qui est une histoire du 12e siècle, écrite par Saxo Grammaticus, et est certainement précédée par une saga islandaise du 10e siècle. C’est une légende très ancienne : l’essence de cette histoire est très clairement une histoire de vengeance, d’un jeune garçon qui assiste au meurtre de son père par son oncle, qui enlève également sa mère. L’histoire en quelque sorte, c’est venger son père, sauver sa mère et tuer son oncle. C’est clair et il semblait normal de l’avoir au cœur de notre film, parce qu’à partir de ce fil très simple, on pouvait creuser plus profondément dans la mythologie nordique qui l’entoure. L’histoire présente clairement le bon et les méchants, mais ça devient plus complexe – sans trop dévoiler – quand mon personnage Amleth se retrouve face à sa mère qu’il n’a plus vue depuis 20 ans, elle lui raconte des choses qu’il n’a pas envie d’entendre sur ce qui s’est réellement passé, et ça fait exploser sa vision du monde.

Il y a d’une part l’histoire, mais il y a également la réalisation de ce film : j’ai été littéralement hypnotisée par le film, j’étais complètement dedans ! quel impact vouliez-vous avoir sur les spectateurs ?

Il m’est difficile de répondre et d’expliquer ce que je voulais faire ressentir au public, pour une meilleure immersion dans un univers, le moins vous en savez, le mieux c’est ! Surtout si vous n’avez pas la petite voix agaçante du réalisateur ou de l’acteur qui vous rappelle ce que vous devez voir ou comprendre… Je suis heureux d’avoir travaillé sur un film qui est je l’espère divertissant, un grand spectacle qu’il faut expérimenter sur un grand écran, c’est un privilège d’avoir travaillé sur ce film avec l’un des plus grands réalisateurs de notre temps, Robert Eggers, c’est un vrai réalisateur pour le grand écran. Ça devient rare de nos jours, vous avez soit un grand écran avec les pop-corns, soit un plus petit écran artistique à la maison, et quand on combine les deux, ça peut devenir magique.

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