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Cinéma - Interviews

L’interview de Roger Michell et Jim Broadbent pour "The Duke"

L'interview de Roger Michell et Jim Broadbent pour "The Duke"

l'interview d'Hugues Dayez

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20 avr. 2022 à 06:553 min
Par Hugues Dayez

Tout est savoureux dans "The Duke" : le scénario truffé de surprises, les dialogues spirituels en diable, le couple interprété par Jim Broadbent/ Helen Mirren… Sans oublier la réalisation élégante de Roger Michell.

Londres, 1961. Un modeste chauffeur de taxi sexagénaire, Kempton Bunton, réussit un exploit hallucinant : voler nuitamment à la National Gallery un portrait du Duc de Welligton peint par Goya. Dès le lendemain, la police du Royaume est sur les dents… Et reçoit bientôt une étrange proposition : le tableau sera restitué si le gouvernement britannique consent à rendre l’accès à la télévision gratuit pour les personnes âgées. Chez lui, Kempton a beau se présenter comme un Robin des Bois des temps modernes, rien n’y fait : sa femme le prend pour un parfait cinglé…

Comment une histoire aussi incroyable qui a fait les gros titres en Angleterre dans les années 60’s, a-t-elle pu être oubliée ? L’interview intégrale en version originale.

La traduction

Jim, quand vous avez découvert ce personnage assez particulier, ce Monsieur Bunton, quel a été votre sentiment ? Comment pouvez-vous le définir, comme un excentrique ?

Jim Broadbent : J’étais très excité, parce que je lis beaucoup de scénarios, je vois d’où ça vient, je vois pourquoi ils me le proposent, mais ici, d’emblée, c’était un "page-turner", je ne connaissais pas du tout cette histoire quand je l’ai lu, je me suis dit que j’avais beaucoup de chance, c’était génial, j’aurais sauté en l’air si j’en avais encore la possibilité, et je n’aurais pas voulu que quelqu’un d’autre puisse jouer le rôle.

Roger Michell : Qu’est-ce que tu aurais pensé si quelqu’un d’autre avait joué le personnage ? Tu serais venu voir le film ?

Jim Broadbent : Je pense que non…

Quel est le secret de ce personnage ? pour le comprendre et le jouer ?

Jim Broadbent : Il est complexe, difficile à comprendre, contradictoire, et c’est ça qui est excitant parce que le rôle est basé sur une vraie personne. Les personnes réelles sont plus complexes que les personnages créés par la fiction, et c’est ça qui m’a attiré. J’ai déjà joué quelques rôles basés sur des personnages réels, et c’est toujours excitant.

Roger, il y a un très bon équilibre entre la profondeur des sentiments, et quelque chose de beaucoup plus léger et d’ironique, comment avez-vous trouvé cet équilibre ?

Roger Michell : C’est quelque chose dont vous espérez qu’il s’installera tout seul, cet équilibre. C’est un peu comme la vie, mon quotidien est constitué par le même équilibre, entre le pathos et l’humour, et probablement, la vôtre aussi. La vie est une combinaison de ces deux types de sentiments, et je pense que lorsque vous faites un film, il doit ressembler autant que possible à la vraie vie et laisser l’humour émerger aussi naturellement que possible. Et le pathos doit être aussi vrai que possible. Et si vous arrivez à les réaliser correctement, l’équilibre s’installe facilement entre les deux, et vous pouvez passer d’une scène à l’autre, sans que ce soit laborieux. Je crois que ça tient à la manière d’aborder le travail pour un cinéaste.

Jim, est-ce que ça vous a aidé d’avoir à jouer non seulement un personnage, mais également un couple ? Le couple que vous jouez avec Helen Mirren vous a-t-il aidé à construire ce personnage ?

Jim Broadbent : Le scénariste a fait un excellent travail et choisir Helen Mirren était une idée fantastique, toute la famille s’est constituée directement, avec les deux garçons, la petite amie, il y a eu tout de suite un lien organique. Le tournage des scènes a été très rapide, nous n’avions pas besoin de nous asseoir tous ensemble pour répéter sans fin, et nous répéter ce que tout cela voulait dire, nous avons été très vite tous sur la même longueur d’onde, n’est-ce pas ? Et avoir Helen dans le rôle de ma femme était un cadeau et un privilège, en soi, elle est tellement " vraie ", honnête, et créative, et également excentrique, c’était idéal, j’ai adoré !

Roger, comment expliquez-vous que cette histoire incroyable n’ait pas été adaptée à l’écran auparavant ? Ça s’est passé dans les années 60, comment cela a-t-il pu être oublié ?

Roger Michell : Je suis heureux que vous me posiez la question, je suis d’accord et je ne sais pas pourquoi ! Aucun d’entre nous pendant la préparation du film n’a pu trouver quelqu’un dans son entourage qui ait entendu parler de cette histoire, ça n’est pas du tout une histoire connue en Angleterre. Cela a fait du bruit à l’époque puisque l’histoire a été mentionnée dans un film de James Bond, en 1963, dans le clip à la fin de notre film. Donc, elle a été oubliée comme un bijou perdu au fond d’une rivière, jusqu’au moment où Nicky Bentham l’a déterrée et l’a fait à nouveau briller !

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