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Cinéma - Acteurs

L’interview de Jeremy Irons pour "House of Gucci"

Jeremy Irons à la présentation du film "House of Gucci"

Dans la famille de "House of Gucci", Jeremy Irons est le grand-père, Rodolfo Gucci. Un personnage vivant dans le passé, mais dont l’influence reste présente en filigranes dans l’histoire filmée par Ridley Scott.

L’interview intégrale en version originale

L'interview de Jeremy Irons pour "House of Gucci"

l'interview d'Hugues Dayez

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La traduction

Je vois cette histoire comme une version contemporaine d’une tragédie shakespearienne, êtes-vous d’accord ?

Jeremy Irons : Absolument ! Shakespeare ou les Grecs, une famille qui a tout pour elle apparemment, et qui va s’écrouler en fait, à cause de la passion et les dysfonctionnements qui existent en elle… C’est le sujet de nombreuses tragédies. Et du fait que les personnages sont italiens, et bien sûr Shakespeare a emprunté de nombreuses histoires à des écrivains italiens, et il a écrit des personnages italiens, Beatrice, Benedict, puis vous passez à "Jules César", l’Italie se retrouve au travers de toute son œuvre, "Le marchand de Venise", c’est toujours vers l’Italie qu’il se tourne pour ses grandes histoires… Et donc, je pense qu’il y a une comparaison directe à faire entre ce film et les tragédies shakespeariennes.

Et dans cette tragédie, pouvez-vous définir la place de Rodolfo Gucci, le profil de ce personnage ?

Je pourrais décrire ce personnage comme un son, une note qui sonne légèrement faux, qui arrive et qui perdure tout au long du film même après qu’il nous a quittés. Un son de malaise, le son de "Tout ne se passe pas comme nous pourrions l’espérer". Et en tant qu’homme, c’est quelqu’un qui regarde en arrière, qui a déjà vécu la partie la plus excitante de sa vie, et qui maintenant se souvient de ces grands moments-là parce qu’il a commencé comme un acteur, pas un très bon acteur, dans le cinéma italien, et qui a épousé une actrice allemande, plutôt meilleure que lui… Et quand elle meurt, quelques années avant le film, je pense que la lumière s’est éteinte dans sa vie. Un éclat de cette lumière restait dans le fils qu’ils ont eu ensemble, Maurizio, et qui vit maintenant seul avec son père, et ce père comme de nombreux pères conservateurs malavisés, s’accroche à ce fils, essaie de le garder jeune et l’empêche de vivre sa vie parce que c’est tout ce qui lui reste maintenant.

Quand vous incarnez une personne réelle, avez-vous un sentiment de responsabilité, vous sentez-vous obligé d’exprimer une certaine vérité ?

Oui, vous pouvez être un peu moins aventureux quand il s’agit d’une personne réelle, d’un autre côté, cette personne est décédée, mais j’ai joué des personnes qui sont toujours vivantes, et c’est assez difficile. Mais fondamentalement, vous faites vos recherches, et votre responsabilité est seulement envers votre personnage et ce que le scénario demande à votre personnage. Parce que dans une histoire comme celle-ci, il doit y avoir une partie de fiction parce que nous ne savons pas ce que ces gens pensaient, vous pouvez seulement l’imaginer. L’auteure (NDLR Sara Gay Forden "The House of Gucci : A Sensational Story of Murder, Madness, Glamour and Greed", 2000) qui a écrit ce livre l’a imaginé, nous lisons le livre et nous imaginons à notre tour. Donc, il est possible que dans les faits ça ne soit pas tout à fait exact, mais ce n’est pas un documentaire, c’est un drame. Et on a besoin d’une certaine qualité dans l’interprétation des personnages pour qu’un drame fonctionne. Et donc, il faut être fidèle au scénario et au film plutôt qu’à des personnes réelles qui ne sont plus de notre monde.

La bande-annonce

HOUSE OF GUCCI

Dès le 24 novembre au cinéma.

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