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Limiter l’indexation des loyers à 2% à Bruxelles ? "Elle est démesurée", estime Nawal Ben Hamou

L'invitée de Matin Première: Nawal Ben Hamou, secrétaire d'Etat au logement à Bruxelles

Crise du logement: que peut faire le monde politique ?

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08 juin 2022 à 07:10 - mise à jour 08 juin 2022 à 08:54Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck, d'après l'invité de Matin Première de Thomas Gadisseux

La crise énergétique a un impact sur notre pouvoir d’achat, et par ricochet sur le logement. Une crise du logement qui s’annonce d’autant plus criante à Bruxelles puisque la moitié des Bruxellois utilisent plus de 50% de leurs revenus pour se loger. A noter qu’il y a 65% de locataires à Bruxelles, contre 30% en Wallonie et en Flandre. Face à ce constat, que peut faire le monde politique ?

Pour Nawal Ben Hamou, il faudrait limiter l’indexation des loyers à 2%. La secrétaire d’Etat à Bruxelles pour le logement (PS) avait déjà mis cette proposition sur la table durant le mois de janvier. Mais cela n’avait pas abouti.

"A l’époque, au mois de janvier, on était à une indexation qui s’élevait à 6%. Aujourd’hui, l’indexation s’élève à 8,5% et on nous dit qu’elle atteindra les 10%. C’est pourquoi j’ai décidé de remettre le sujet sur la table du gouvernement, pour qu’on puisse en discuter avec mes collègues. Et qu’on essaie de trouver un compromis."

"Il y a 65% de locataires à Bruxelles, un Bruxellois sur deux rentre dans les conditions du social", ajoute-t-elle. "De nombreux Bruxellois aujourd’hui doivent consacrer près de 40-50% du revenu au paiement du loyer. Il faut savoir qu’à Bruxelles, le loyer moyen s’élève à 1100€, ce qui est énorme."

On veut simplement que l’indexation des loyers soit équilibrée, qu’elle soit juste

"On veut simplement que l’indexation des loyers soit équilibrée, qu’elle soit juste. Et aujourd’hui, elle est démesurée."

Le coût des loyers

A côté de l’indexation, le coût des loyers à Bruxelles fait également débat. Est-il possible de les limiter ?

Pour l’instant, il existe une grille indicative. "Mais vu la crise sociale que l’on vit, je pense qu’à un moment donné, il faut pouvoir ouvrir la discussion pour la prochaine législature et parler d’un encadrement des loyers à Bruxelles. Il y a certains pays qui le font et ça fonctionne. Je pense qu’à Bruxelles on ne doit pas avoir de tabou par rapport à ça."

Pour Nawal Ben Hamou, il est également question d’éviter la fuite de la classe moyenne. "Parce qu’on a de nombreuses personnes qui quittent Bruxelles et donc l’idée est de maintenir les Bruxellois à Bruxelles. La solution c’est aussi de se permettre de se loger à un prix décent."

Si passer d’une grille indicative à quelque chose de contraignant attendra la prochaine législature, Nawal Ben Hamou dit déjà travailler sur le conventionnement. Autrement dit : "le propriétaire bailleur qui reçoit des primes pour pouvoir rénover son bien devra s’inscrire dans ce conventionnement et appliquer un loyer raisonnable."

"C’est quelque chose sur lequel on travaille et qui sera mis en place cette législature-ci."

Logements sociaux et allocations

Si on manque de logement, ne peut-on pas en construire ? "On a totalement revu notre stratégie de construction de logements sociaux", répond la secrétaire d’Etat à Bruxelles pour le logement.

"On travaille maintenant avec des partenariats avec des promoteurs privés pour pouvoir acquérir plus de logements et plus rapidement." Il faut dire qu’il s’agit d’un besoin urgent, puisque 50.000 familles sont aujourd’hui sur liste d’attente pour l’obtention d’un logement social.

En outre, l’allocation (qui varie entre 120 et 180 euros par mois) a été entièrement revue à Bruxelles. "12.500 Bruxellois qui sont sur liste d’attente pour l’obtention d’un logement social vont pouvoir en bénéficier."

"On a plus de 12.000 demandes qui sont entrées, elles commencent à être traitées. On a plus de 800 paiements déjà qui ont pu être faits, donc c’est déjà le double de ce qui se pratiquait sous la précédente législature. On a revu le système en profondeur, on l’a facilité et aujourd’hui on voit qu’on a du résultat."

Quid des logements vides ?

Quid des logements vides alors que 50.000 familles attendent des logements sociaux ? "On a revu totalement la stratégie sur les logements présumés inoccupés", rétorque Nawal Ben Hamou. Désormais, ce ne sont plus les communes qui s’en chargent, mais la Région.

"Il y a des enquêtes prioritaires qui vont être menées. Et si jamais le propriétaire ne veut pas être collaborant, alors on appliquera le droit de gestion public. Et cela veut dire que c’est l’autorité communale qui prend le bien en gestion, qui le rénove et qui le met en location."

Quid des bureaux ? "On a déjà quelques projets sur lesquels on travaille. On a des bureaux qu’on a pu acquérir et qu’on va transformer en logement. Mais il faut se dire que ce n’est pas toujours possible, évident, faisable ou finançable. Mais dès que c’est possible, on le fait."

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