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Liège : une formation pour aider les médecins à annoncer la mauvaise nouvelle d'un cancer

Des entretiens virtuels avec un patient fictif peuvent aider certains médecins à se préparer à l'annonce d'une mauvaise nouvelle.
16 févr. 2022 à 14:00Temps de lecture2 min
Par Mallaury Lehnertz (avec Erik Dagonnier)

Déni, peur, colère... Les réponses des patients varient à l'annonce d'un cancer. Une annonce souvent difficile à faire pour le monde médical. Une formation existe dorénavant pour les soignants afin de les préparer au mieux à cette réalité.

Le centre de simulation médicale de Liège proposait ce mardi une journée pour les médecins qui ne sont souvent pas assez formés à annoncer une mauvaise nouvelle. L'objectif : une mise en situation pour les aider à alléger chez le patient, le choc de l'annonce du diagnostic d'un cancer.

Cela fait beaucoup d’informations. Voulez-vous faire une pause madame ?

Le virtuel au service de l’humain

"Oh mon dieu, c’est impossible", soupire le patient fictif du jour. "Cela fait beaucoup d’informations. Voulez-vous faire une pause madame ?", lui répond le docteur Georges (nom d'emprunt), un des médecins en formation.

Lors de cette formation, le patient est un avatar.
Lors de cette formation, le patient est un avatar. Erik Dagonnier

L'entretien fictif avec un patient virtuel peut aider certains médecins à mieux maîtriser l'annonce une mauvaise nouvelle, comme l’explique Nadège Dubois, formatrice au centre de simulation médicale de Liège : "Parfois, le soignant est mal à l’aise. Il n’a pas envie d’aborder la mauvaise nouvelle. C’est involontaire de sa part, mais il pourrait par exemple dire à la patiente de ne pas se tracasser, que cela va aller. Alors qu’au final, le diagnostic est mauvais. On appelle cela de la fausse réassurance".

Il y a d’autres personnes qui sont vraiment trop abasourdies et qui ne sont pas prêtes à entendre la suite.

Prendre le temps d’éviter le choc du patient

La formatrice Nadège Dubois poursuite son explication : "Un médecin qui n’est vraiment pas à l’aise avec sa situation ou quelqu’un qui est novice et qui n’a jamais annoncé de mauvaise nouvelle pourrait avoir tendance à annoncer la mauvaise nouvelle directement à la patiente, sans la préparer au choc de l’annonce de mauvaise nouvelle. On appelle cela la fuite en avant, c’est-à-dire de donner toutes les informations en utilisant du jargon médical que le patient ne va pas comprendre".

Et d’autre part, pour les médecins, c’est quelque chose de très difficile à annoncer.

Pour Véronique Congiu, infirmière coordinatrice en oncologie à Saint Elisabeth Verviers l'important, c'est de "pouvoir prendre le temps" pour que le patient "puisse se poser, qu’il puisse arriver à un peu atterrir par rapport à cette annonce. Il y en a qui vont justement faire face en se disant qu’il y a un traitement proposé, qu’ils vont aller de l’avant. Il y a d’autres personnes qui sont vraiment trop abasourdies et qui ne sont pas prêtes à entendre la suite. Donc là il faut les revoir. C’est très personnel à chacun en fait".

La santé physique, comme mentale

Cette formation s'inscrit dans le programme Léa où sont réunis des associations de patients et une firme pharmaceutique.

Il y avait vraiment un problème dans certains cas pour, vraiment, l’annonce de la mauvaise nouvelle.

"Cette formation "coach me" s’intègre dans un programme plus général de support psychologique pour les patients, résume Mme Vanderlinden, la responsable du programme Léa. Nous l’avons justement développé avec des patients ayant un cancer colo-rectal".

Cette formation s’intègre dans un programme plus général de support psychologique pour les patients.
Cette formation s’intègre dans un programme plus général de support psychologique pour les patients. Erik Dagonnier

Et d'ajouter : "En fait, ces patients nous ont dit qu’il y avait vraiment un problème dans certains cas pour, vraiment, l’annonce de la mauvaise nouvelle. C’est un choc quand ces patients reçoivent le diagnostic de leur cancer. Et d’autre part, pour les médecins, c’est quelque chose de très difficile à annoncer".

Chaque année, en Belgique, 119 personnes apprennent qu'elles souffrent d'un cancer.

Sur le même sujet: JT 02/02/2022

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