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Liège: la défense dénonce des problèmes de procédure à l'ouverture du procès Henkinet

Liège: la défense dénonce des problèmes de procédure à l'ouverture du procès Henkinet

© RTBF (AC. Croufer)

22 févr. 2016 à 07:13 - mise à jour 22 févr. 2016 à 07:13Temps de lecture3 min
Par François Braibant avec Belga

Le procès de Rita Henkinet et de son frère Benoît Henkinet a débuté lundi matin par un incident de procédure. Les avocats des accusés ont déposé 17 pages de conclusions qui portent, selon eux, sur cinq problèmes majeurs de droit. Le procès a été temporairement interrompu. La Cour rédige un arrêt sur ces différents incidents.

Me Alexandre Wilmotte a critiqué l'impartialité des psychiatres et psychologues qui ont rédigé des rapports joints au dossier de la procédure. Selon la défense de Rita et Benoît Henkinet, les rapports doivent être écartés du dossier car les experts sont allés au-delà de leur mission en prenant position sur la culpabilité des accusés. Ces rapports ne respecteraient pas la présomption d'innocence.

Me Wilmotte a également souligné que ces rapports, arbitraires, ne sont pas contradictoires et ne lui permettent pas d'exercer correctement la défense de Rita et Benoît Henkinet. Au terme de toutes les procédures, ces éléments pourraient entraîner l'irrecevabilité des poursuites.

L'avocat a aussi critiqué plusieurs étapes de la procédure, comme l'absence d'inculpation sur un fait d'assassinat de Benoît Henkinet au début de
a procédure. Initialement, Benoît Henkinet avait été inculpé de non-assistance à personne en danger. Ce n'est que lors de l'ultime étape de la procédure, en chambre des mises en accusation, que Benoît Henkinet a été renvoyé sur une accusation portant sur un double assassinat. Aucune enquête de moralité n'a été réalisée à son sujet avant son passage devant la chambre des mises en accusation. Ce point violerait aussi des principes fondamentaux portant sur les droits de la défense.

Me Alexandre Wilmotte a également dénoncé le contenu d'un article de presse paru dans un quotidien liégeois qui reprendrait la structure de l'acte d'accusation et propose de manière anticipée les témoignages de personnes qui devront être entendues lors des débats.

Les parties civiles et l'avocat général Marianne Lejeune ont contesté les différentes demandes formulées par la défense et ont sollicité la poursuite des débats.

A l'issue d'un premier débat portant sur ces incidents, la défense a déposé immédiatement d'autres conclusions portant cette fois sur une révélation effectuée par l'avocat général. Mme Lejeune, lors de son intervention, avait précisé qu'elle avait eu un contact préalable avec les experts.

Selon la défense, il s'agit d'une nouvelle violation des droits de la défense. La Cour a interrompu l'audience afin de répondre aux différentes conclusions déposées par la défense. L'arrêt ne sera pas prononcé avant 15h00.

La présidente Catherine Urbain a déjà annoncé que le procès a pris une demi-journée de retard.

Huit femmes et quatre hommes pour juger les accusés

Huit femmes et quatre hommes vont devoir juger Rita Henkinet et son frère Benoît. Tous les deux sont accusés d'assassinat. Les victimes sont les enfants de Rita Henkinet. Audrey et Arnaud Grandville. Deux jeunes adultes handicapés physiques et mentaux.

L'accusée est en aveux complets

Ce que Rita Henkinet a fait à ses enfants, elle l'avait écrit dans un document de 28 pages que les enquêteurs ont retrouvé dans la maison après le drame. Rita Henkinet a préparé pour Audrey et Arnaud Grandville une cocktail de médicaments. Elle le leur a fait avaler avec de l'alcool. Ensuite, elle les a étouffés chacun sous une couverture. Après cela, Rita Henkinet a tenté, sans succès, de se suicider.

Elle a expliqué aux enquêteurs que ses enfants, handicapés physiques et mentaux, souffraient de leur état. Elle en avait d'ailleurs aussi parlé peu de temps avant le drame à un médecin. Elle avait même parlé à ce médecin d'une euthanasie pour sa fille Audrey, ce que ce médecin avait refusé. Rita Henkinet considérait que la situation de ses enfants se dégradait. Elle estimait aussi ne pas trouver l'aide dont elle avait besoin.

Son frère doit lui aussi répondre d'assassinat

Le deuxième accusé, c'est son frère, Benoît. Lui aussi doit répondre d'assassinat. D'après l'enquête, il savait ce que sa sœur préparait.

Sur le banc des parties civiles, le père des enfants, Luc Grandville, estime lui qu'Audrey et Arnaud étaient bien handicapés, mais pas lourdement et que son ex-femme Rita Henkinet n'était pas seule pour s'en occuper puisque les deux jeunes adultes étaient placés depuis longtemps dans des institutions spécialisées.

Rita Henkinet et son frère Benoît comparaissent libres.

Procès Henkinet - Anne-Catherine Croufer

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