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Licorice Pizza : il était une fois dans la vallée de San Fernando

Licorice Pizza : il était une fois dans la vallée de San Fernando

Vallée de San Fernando, Californie, 1973. C’est en se rendant avec ses camarades à la traditionnelle photo de classe de son lycée que Gary Valentine, 15 ans, croise Alana Kane, 25 ans, qui se trouve là pour assister le photographe. En rentrant chez lui après avoir effrontément courtisé la jeune femme, Gary sait que c’est la femme qu’il épousera, comme il l’annonce, tout excité, à son petit frère de 5 ans.

Moins intrépide, plus réaliste et évidemment plus mature, Alana s’amuse de cet empressement amoureux. Elle n’entend pas vraiment céder aux avances de Gary, prend tout ça comme un jeu et se fait plus indifférente qu’elle ne l’est vraiment.

Un jeu du chat et de la souris commence entre eux où tel est pris qui croyait prendre…

L’un des réalisateurs les plus doués de sa génération…

© Tous droits réservés

L’annonce d’un nouveau film de Paul Thomas Anderson est toujours très enthousiasmante tant ce réalisateur a toujours fait preuve d’un bel éclectisme. Avec un égal brio, il nous a ainsi offert une comédie romantique déjantée (Punch-drunk love), un western sombre et violent (There will be blood) ou encore un film choral étourdissant (Magnolia).

Après nous avoir plongés avec un incroyable sens du détail dans l’univers rigoriste d’un grand couturier dans le Londres des années 50 avec le sublime Phantom Thread, changement radical d’ambiance et de décors. Paul Thomas Anderson est de retour dans cette Californie des années 70, celle de son enfance (il est né en 1970), qui lui inspira Boogie nights et Inherent Vice, pour un film qui a le charme des souvenirs d’enfance et des premières amours.

… et l’un de ses films les plus chaleureux

Si Licorice pizza a tout du teenage movie, il est un peu plus que cela. Déjà parce que Paul Thomas Anderson a évité tous les passages obligés du genre …  ne vous attendez donc pas à voir la promise parée de sa plus belle robe, partir au bal de fin d’année au bras de son soupirant !

Il y a bien au centre de cette histoire un garçon amoureux d’une fille. Mais il se trouve que notre lycéen est aussi un acteur célèbre et qu’il a au moins 10 ans d’écart (si ce n’est 13 !) avec Alana. Et le chemin emprunté par ce couple (qu’ils ne formeront peut-être jamais !) va tenir d’un véritable parcours de sauts d’obstacles au cours duquel chacun essaiera, avec plus ou moins de bonheur, de se réaliser personnellement. Une occasion pour le réalisateur de saisir une époque où le rêve américain commençait sérieusement à avoir du plomb dans l’aile, mais où l’on y croisait encore des figures extravagantes qui donnaient à penser que tout était possible, comme celles campées par Bradley Cooper en Jon Peeters (personnage qui a réellement existé, compagnon de Barbra Streisand) ou encore par Sean Penn, inspiré de l’acteur et homme d’affaires William Holden.

Des participations, qui avec d’autres (Tom Waits, John C. Reilly…), et le temps de quelques scènes mémorables, n’éclipsent jamais la remarquable présence de Alana Haim, leader du groupe pop rock américain Haim et de Cooper Hoffman, le fils du grand et regretté Philip Seymour Hoffman.

Cette romance teintée d’humour et enveloppée d’une nostalgie jamais dupe… est à voir absolument, ne vous en privez pas !

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04 janv. 2022 à 10:48
2 min

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