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La Trois

L’icône italienne Marcello Mastroianni : Latin lover malgré lui

Marcello Mastroianni
06 mai 2022 à 05:30 - mise à jour 06 mai 2022 à 08:002 min
Par Fanny Guéret

Dans sa série de portraits le vendredi soir, La Trois vous propose cette fois de vous raconter l’histoire de Marcello Mastroianni, acteur élevé au rang d’icône mondiale et surnommé Latin lover suite à son rôle de séducteur flamboyant dans le film La dolce vita de Fellini. Un des meilleurs acteurs de tous les temps.

Marcello Mastroianni, c’est une carrière à la longévité exceptionnelle : 50 ans, et 160 filmsUn monstre sacré du cinéma. Avec un charme fou, fragile et doux, légèrement ironique aussi, un air décontracté, en noir et blanc, intemporel, il incarnait parfaitement le chic à l’italienne. Mais derrière cette image de star mondiale et du cliché de Latin lover, ceux qui l’ont côtoyé décrivent dans ce documentaire quelqu’un d’incroyablement humain, gentil et simple, détestant la notoriété.

Une "normalité" qui s’explique peut-être par ses origines modestes. Sa fille Barbara raconte qu’il ne l’a jamais emmenée dans le petit village du Latium où il est né, – en 1924, soit 2 ans après l’avènement du fascisme -, et elle pense que ce village "de malheureux" comme il le nommait, le rendait mélancolique et triste et qu’il préférait essayer d’oublier cette misère.

 

La Dolce Vita
La Dolce Vita Getty images

D’abord le théâtre, ensuite le cinéma

Si rien ne prédestinait Marcello à devenir acteur, sa carrière va se construire au gré des rencontres et la première qui va compter, c’est au théâtre qu’elle va se passer avec Visconti lorsqu’il a 24 ans. Durant 10 ans, c’est sur les planches qu’il va construire son style.

Et parfois, être au bon endroit au bon moment peut aussi changer la donne. Dans les années 50, l’acteur est à Cinecittà. Le Hollywood de l’époque se trouve à Rome, dans ces studios envahis après la guerre par les producteurs Américains. Et son image de "brave garçon, accueillant et solaire" va le mener au plus haut, dirigé par une nouvelle vague de cinéastes italiens qui inventent un cinéma populaire.

Au début des années 60, un rôle va lui permettre enfin de changer de registre, celui de journaliste mondain de la dolce vita. Fellini l’impose, à la place d’un Paul Newman ou d’un Gérard Philippe ! Et le réalisateur en fait un dandy ténébreux et va littéralement et brusquement le propulser au rang d’icône internationale. Le film remporte la Palme d’or à Cannes en 1960. Mais, comme l’explique très bien le cinéaste Jean-Pierre Lefebvre dans une revue de cinéma en 1961 : "Il n’incarne pas la révolte de Dean ni le désespoir de Bogart et encore moins l’anarchie du Belmondo d’À Bout de souffle ; il se présente beaucoup plus sous les traits du héros traqué que sous ceux du héros vainqueur".

Ce statut réducteur de playboy va lui coller à la peau. Il essayera de se défaire de cette image de séducteur mais en vain. Il faut dire aussi qu’il a beaucoup séduit les femmes tout au long de sa vie et a connu, à côté de Flora, son épouse et mère de leur fille, bien des histoires passionnées, de Faye Dunaway à Catherine Deneuve… !

Les images d’archives sont exceptionnelles : des extraits de films bien sûr, mais aussi d’interviews, de Mastroianni lui-même, Visconti, Marina Vlady, Sandrine Bonnaire, de sa fille Barbara… et cette phrase de la réalisatrice Francesca Archibugi qui laisse à penser qu’il était l’un des meilleurs acteurs au monde : "il ne faisait pas, il était".

Marcello Mastroianni, l’italien idéal, un portrait à ne pas manquer sur La Trois ce vendredi 6 mai à 20h35, et en replay sur Auvio.

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