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Liberté de la presse : la Belgique perd 12 places au classement RSF

Manifestation européenne pour la démocratie, organisée le 11 septembre 2021 à Bruxelles.
03 mai 2022 à 16:13Temps de lecture2 min
Par Catherine Tonero

Reporters sans frontières (RSF) a publié ce 3 mai (Journée mondiale de la liberté de la presse) la 20e édition du Classement mondial de la liberté de la presse. La situation est jugée "bonne" dans seulement huit pays sur les 180 de ce classement et "plutôt bonne" dans 40 pays, dont la Belgique.

"En dépit d’un degré de confiance relativement élevé envers la presse", pointe RSF dans ce rapport annuel, "les journalistes belges subissent des violences […] lors de rassemblements, ainsi que des menaces en ligne fréquentes ciblant surtout les femmes". En toile de fond : la pandémie qui a mis en lumière le problème de la désinformation, avec la diffusion massive de contre-vérités par le mouvement anti-vaccin.

"On a constaté cette année une augmentation de la violence verbale, des intimidations, des menaces, mais aussi des agressions physiques contre les journalistes"

Un constat partagé par l’Association des Journalistes Professionnels (AJP). Sa secrétaire générale, Martine Simonis, précise : "on a constaté une augmentation de la violence verbale, des intimidations, des menaces, mais aussi des agressions physiques contre les journalistes. On a déposé plusieurs plaintes contre X cette année. Tout cela s’est déroulé en marge de différentes manifestations contre les mesures sanitaires".

Un contexte qui a renforcé la méfiance voire l’hostilité d’une partie de la population à l’égard des journalistes. "Ce qui est pour nous assez nouveau, par rapport aux années précédentes", ajoute Martine Simonis. Conséquence : les situations de tensions se sont multipliées pour les équipes de terrain, en Belgique comme ailleurs d’ailleurs. "Cette augmentation de la violence se voit partout en Europe, et on peut l’analyser à travers la polarisation de la société, la radicalisation de certaines idées se traduisant dans les faits par des actes de plus en plus violents".

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2 femmes journalistes sur 3 ont été victimes de cyberharcèlement

La secrétaire générale de l’AJP pointe aussi l’effet d’une désinformation largement diffusée via les réseaux sociaux durant la crise sanitaire, "avec beaucoup de difficultés pour les médias classiques de rétablir les faits, lorsque ce type de fake news se propagent beaucoup plus vite que de vraies informations […] Les journalistes professionnels dont c’est le métier d’informer se retrouvent alors dans un univers beaucoup plus hostile", explique-t-elle, espérant que la sortie de la crise sanitaire se traduira par un apaisement sur ce plan.

Ce climat a en tout cas conduit certains journalistes à "renoncer à couvrir certains événements jugés trop risqués, voire à abandonner leurs activités", constate encore Reporters Sans Frontières.

Quant aux menaces en ligne, elles n’ont elles pas attendu cette crise pour se renforcer. Environ deux tiers des femmes journalistes déclarent qu’elles ont déjà été menacées ou harcelées en ligne, d’après les estimations. "Nous avons actuellement plusieurs plaintes dans des dossiers de cyberharcèlement, qui ne touchent pas que des femmes d’ailleurs", commente Martine Simonis rappelant ici les limites du cadre légal belge en la matière.

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