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Libération de l'un des observateurs de l'OSCE retenus en Ukraine

Libération de l'un des observateurs de l'OSCE retenus en Ukraine

L'homme a quitté son lieu de détention, accompagné par deux négociateurs de l'OSCE, a constaté un journaliste de l'AFP. Il s'agit de l'observateur suédois qui souffre de diabète léger, selon la porte-parole. "Il a été libéré", a-t-elle dit. "En ce qui concerne les autres, les négociations se poursuivent", a-t-elle ajouté.

Les observateurs de l'OSCE retenus en Ukraine seraient en bonne santé

Les 8 observateurs occidentaux de l'OSCE retenus par les insurgés pro-russes depuis vendredi avaient été présentés dimanche à la presse à Slaviansk, bastion séparatiste dans l'est de l'Ukraine. Ils n'ont été soumis "à aucun mauvais traitement physique". La tension en Ukraine reste vive. La Russie doit cesser ses "provocations" sous peine de nouvelles sanctions, a averti pour sa part le président Barack Obama

Suivant le leader séparatiste local Viatcheslav Ponomarev, les huit hommes, habillés en civil et apparemment en bonne santé, sont entrés dans la salle où étaient présents une soixantaine de journalistes.

"Nous sommes des officiers de l'OSCE avec un statut diplomatique", a déclaré au nom du groupe le colonel allemand Axel Schneider. Il a assuré que personne "ne (les) avait touchés" et qu'ils n'avaient été soumis à aucun mauvais traitement physique. "Tous les officiers européens sont en bonne santé et personne n'est malade", a-t-il dit poursuivi, ajoutant que le maire de facto de la ville, Viatcheslav Ponomariov, s'était porté personnellement garant de leur sécurité.

"Nous n'avons aucune indication sur le moment où nous serons renvoyés chez nous", a-t-il toutefois indiqué. "Notre présence à Slaviansk est sans aucun doute un instrument politique pour ceux qui prennent les décisions dans la région. Ils vont s'en servir dans les négociations", a-t-il encore déclaré.

Arrestation vendredi

Les huit observateurs - quatre Allemands, un Tchèque, un Danois, un Polonais et un Suédois - ont été arrêtés vendredi alors qu'ils circulaient dans ce bastion des séparatistes pro-Russes en compagnie de quatre accompagnateurs de l'armée ukrainienne, dont aucune information n'a été donnée à leur sujet. Le chauffeur qui accompagnait le groupe aurait, lui, été relâché.

Dans la matinée, avant de présenter les étrangers devant les journalistes, le maire autoproclamé Ponomarev avait qualifié les observateurs de "prisonniers de guerre". Le responsable avait toutefois rejeté le terme d'"otage". Les observateurs "ne sont pas nos otages, ce sont nos invités", avait-il affirmé. Un terme que le colonel Schneider a lui-même repris en disant qu'ils étaient ses "invités".

Des "prisonniers de guerre"

Les observateurs de l'OSCE sont des "prisonniers de guerre", ont indiqué dimanche des rebelles pro-russes, tandis qu'à Vienne l'OSCE annonçait l'envoi d'une équipe de négociateurs à Slaviansk pour chercher à obtenir la libération de ses observateurs.

Slaviansk, 100 000 habitants, échappe depuis plusieurs jours au contrôle de Kiev, qui a lancé une opération "antiterroriste" pour tenter de rétablir l'ordre. Les observateurs sont de fait "retenus en otage", a accusé le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a exigé le "soutien sans conditions" de Moscou pour obtenir leur libération.

Les services de sécurité ukrainiens ont affirmé que les huit étrangers et cinq militaires ukrainiens étaient détenus "dans des conditions inhumaines" et que l'un d'eux avait besoin d'aide médicale.

La Russie a promis de "prendre toutes les mesures possibles" tout en accusant les autorités ukrainiennes de ne pas être en mesure de garantir leur sécurité.

Au centre-ville de Slaviansk, la situation était calme mais une certaine agitation régnait près des barrages dressés devant le siège des services de sécurité (SBU), où seraient retenus les membres de la mission de l'OSCE, selon un journaliste de l'AFP. Les barricades de défense, déjà renforcées ces derniers jours, continuaient de l'être dimanche.

Kiev dit avoir mis en place "un blocus" afin d'empêcher les pro-russes "de recevoir des renforts" et les séparatistes ont déclaré qu'ils ne rendraient pas la ville. Moscou réclame instamment la levée du siège.

Des médias locaux ont par ailleurs fait état dans la nuit d'une tentative d'attaque par des hommes armés d'un dépôt d'armes en périphérie de la ville, qui aurait fait des victimes, mais elle a été démentie par le ministre des Affaires intérieures Arsen Avakov. "Il n'y a pas eu de combats", a-t-il tweeté.

Slaviansk n'est pas la seule ville en proie à des troubles : à Donetsk, grande ville industrielle de l'Est, des séparatistes pro-russes ont réaffirmé samedi leur intention d'organiser un référendum le 11 mai sur la "déclaration d'indépendance" de la région de Donetsk.

Obama appelle Moscou à cesser les "provocations"

La Russie doit cesser ses "provocations" en Ukraine, faute de quoi de nouvelles sanctions sont inévitables, a averti dimanche le président Barack Obama, alors que la tension est au plus haut dans l'Est après l'enlèvement d'une équipe d'observateurs de l'OSCE.

Les nouvelles sanctions actuellement à l'étude dans les pays du G7 visent à "faire comprendre à la Russie que les actes de déstabilisation qui se déroulent en Ukraine doivent cesser", a lancé le président américain au cours d'une conférence de presse en Malaisie.

Alors que l'Ukraine s'est efforcée de mettre en oeuvre l'accord de Genève et désarmer les milices et de chercher une voie de sortie de crise, la Russie "n'a pas levé le petit doigt pour aider", a-t-il déploré.

"Tant que la Russie suivra la voie des provocations plutôt que d'essayer de résoudre cette question par des moyens pacifiques et (de favoriser) une désescalade, il y aura des conséquences et ces conséquences iront croissant", a-t-il prévenu.

Les sept pays industrialisés (G7) ont décidé samedi d'étendre les sanctions contre Moscou. Chacun le fera de la manière choisie et celles de Washington pourraient intervenir dès lundi. En ce qui concerne les Européens, une réunion de diplomates des 28 pays membres de l'UE est prévue lundi afin "d'adopter une liste supplémentaire de sanctions de 'phase 2'", comme le gel d'actifs et des interdictions de voyage.

Certains hauts responsables de Russie font déjà l'objet de sanctions américaines et européennes, mais le reste de l'économie, déjà affaiblie, paye aussi son tribut à la crise sous forme de massives fuites de capitaux. Ce constat a poussé vendredi l'agence Standard & Poor's à abaisser la note de la Russie à "BBB-".

"Manoeuvres" à la frontière

La Russie et les Etats-Unis s'accusent mutuellement depuis des mois de manœuvrer pour s'emparer de l'Ukraine. Face à la menace brandie par Moscou d'une intervention militaire, Washington a réagi en déployant 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes, et 150 soldats supplémentaires sont arrivés samedi matin en Lituanie.

L'inquiétude des Occidentaux est d'autant plus vive que la Russie a recommencé depuis quelques jours à masser des dizaines de milliers d'hommes à sa frontière avec l'Ukraine, où elle a déclaré mener "des manoeuvres", mais pourrait de fait se préparer à envahir son voisin. Elle aurait aussi violé à plusieurs reprises l'espace aérien ukrainien ces dernières heures dans le but de "provoquer une guerre", avait affirmé samedi à Rome le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, qui face à cette situation a décidé d'écourter sa visite pour rentrer à Kiev.

Occupation de la TV régionale de Donetsk

Des militants séparatistes pro-russes ont occupé dimanche la télévision régionale de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, sans que la police intervienne pour les en empêcher. Plusieurs dizaines de militants en treillis, armés de battes de baseball, se trouvaient à l'intérieur du bâtiment et gardaient l'entrée, interdisant l'accès à quiconque. Un autocollant de la "république de Donetsk" autoproclamée a été collé sur le trident, symbole de l'Etat ukrainien sur une plaque à l'entrée.

"Les journalistes pourront continuer de travailler mais il faut qu'ils disent la vérité", a expliqué à l'AFP Stanislav, un des militants en ajoutant que le bâtiment serait "gardé jour et nuit". "Les chaînes russes (accusées par Kiev de propagande anti-ukrainienne et interdites dans le pays, ndlr) disent la vérité", a-t-il poursuivi. Dans l'enceinte, six policiers ukrainiens armés de kalachnikov observaient la scène depuis leur jeep sans intervenir.

Belga et AFP

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